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Écrits de Marc Hodges
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21 août 2012

nous sommes des créatures mobiles

I - 63 nous

nous aide pas nous allions nous balader le dimanche en forêt nous allons être maman nous allons prendre le bus avec Wilfrid et Louis nous arrivons tout de même à discuter musique avec Wilfrid nous avions envisagé la vie sous toutes ses faces nous avions prononcé tous deux des mots irréparables nous avons parcouru quelques kilomètres avant de trouver un endroit propice nous connaissons le problème nous continuâmes donc à vivre comme auparavant nous continuons sans un mot de plus nous croisons une famille éplorée glissant sur le carrelage beige nous croyons attendre avec impatience l'époque de l'exécuter nous décidons de ne commencer que lorsqu’il y aura un peu de monde nous déjeunons en silence nous demandant de rester pour le faire si ce n’était pas le cas nous descendons nous éclatâmes en reproches mutuels nous écoutons la musique distraitement nous embarquons pour la planète Mars nous embrayons sur « Wonderful tonight » de Clapton nous en sommes à vingt et une nous en sommes même venus à nous asseoir dans un parc pour les regarder évoluer nous entendons Germaine se lever nous entrons dans une pièce carrelée de blanc et crâne rasé nous étions contents tous les deux nous étions tombés sur lui en ville avec Germaine alors que nous cherchions une paire de chaussures nous ferons un parfait petit couple d’habilleurs nous finissons de manger sans autre sujet de conversation nous finissons de manger sans effusion supplémentaire nous finissons de mettre la table en silence nous finissons par les éprouver nous formons de loin nous habitons chez mes parents nous laissons le matériel de musique dans la voiture de Wilfrid nous lance un petit signe du menton nous lancent un regard amusé nous levons les yeux au ciel nous lisions ensemble des poètes anglais nous longeons une butte coiffée de buis inextricables nous lui répondons de la même manière nous mangeons les poireaux vinaigrette sans autre bruit que celui des couteaux taillant difficilement dans le vert trop ferme nous marchâmes longtemps sans rien dire nous marchons nous marchons encore une vingtaine de mètres et Zabre s’arrête nous mettions les observations et les faits à la place de ces sentiments nous n'étions seuls que par intervalles nous ne disions rien nous ne disons plus rien nous ne parlons plus de Louis durant le reste du dîner nous ne sommes pas mariés nous ne sommes pas un groupe professionnel nous ne sommes plus surpris alors que de notre ancienne surprise nous ne sommes pourtant qu’au mois de novembre nous nous activons quelques minutes contre le mur du couloir nous nous asseyons et le serveur vient placer une bière devant chacun nous nous asseyons tous autour de la table nous nous asseyons tous tandis que Germaine sert la soupe nous nous attaquions donc tour à tour par des phrases indirectes nous nous battîmes nous nous embrassâmes nous nous étions quittés après une conversation plus douce que de coutume nous nous faisons la bise et Françoise se dirige vers la porte alors que je me traîne en direction du podium nous nous fixâmes à Saint-Aignan-le-Jaillard nous nous installons dehors nous nous installons les trois à une table du fond et le patron apporte un plateau de charcuterie ainsi que des baguettes de pain nous nous l'appliquions mutuellement nous nous mîmes à table nous nous mîmes effectivement en route nous nous parlions de temps en temps à de longs intervalles nous nous prodiguions des caresses nous nous promenions ensemble nous nous quittâmes après une scène de trois heures nous nous quittâmes sans explication nous nous sommes levés nous nous sommes revus souvent par la suite nous nous taisions donc sur la pensée unique qui nous occupait constamment nous nous taisons pendant un moment nous observant de longues heures nous optons pour une pizzeria nous parlions d'amour nous parlions tard le soir après avoir fait l’amour nous partirons ensemble quand vous le voudrez nous passions tête à tête de monotones soirées entre le silence et l'humeur nous pourrions nous installer en ville dès que la fabrique tournerait normalement nous pouvions nous taire nous prendrons le temps nous prenons une dernière bière au bar nous présente aux filles nous ralentissons rapidement avant de revenir sur l’accord de base pour finir le morceau nous rangeons avec Wilfrid tandis que mon père fait la vaisselle nous répétons la manœuvre deux fois avant que je ne me plaque au mur pour passer nous reprenons la même expression que lorsqu’il nous a demandé ce que Louis faisait nous reprenons tous le travail nous reprîmes tous deux une apparence de calme nous restons de longues secondes à nous regarder sans un mot nous restons encore quelques minutes enlacés nous restons silencieux nous retombâmes dans le silence nous retournions dans le bar où nous nous étions rencontrés nous retournons nous asseoir et Wilfrid va chercher quelques bières au comptoir nous sommes à présent au centre d’un petit salon nous sommes des créatures tellement mobiles nous sommes deux dans la pièce nous sommes devant un grand bâtiment sombre nous sommes donc allés aux toilettes et je crois pouvoir dire qu’elle a aimé ça nous sommes maintenant à couvert nous sortons tous les quatre en même temps nous tombons en avant nous tournons tous la tête dans la même direction nous travestissons en calculs et en systèmes nos impuissances ou nos faiblesses nous vécûmes ainsi quatre mois dans des rapports forcés nous vivions nous vivions cependant plus doucement ensemble nous voilà dehors

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