19 janvier 2017

Un amour de campagne

Je n’ai jamais été marié. et je crains n’avoir connu en amour plus de déceptions que de satisfactions et trop inquiet de l’avenir, je n’ai jamais voulu avoir d’enfant, pourtant ma vie sentimentale et amoureuse a été riche, plusieurs fois j’ai aimé et j’ai été aime. Mon premier amour sérieux, sûrement construit sur le désœuvrement, la solitude et le vide intellectuel absolu de La Roche fut celui que j’éprouvais pour Sophie l’institutrice du village. Tout nous poussait l’un vers l’autre t, chaque jour, il me tardait que l’école ferme... [Lire la suite]
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11 janvier 2017

je n’ai plus guère de conversation

Quand je me regarde dans une glace et que — un peu incrédule — je vois le visage ravagé d’un vieil homme au regard perçant creusé sous d’épais sourcils blancs, aux rides profondes au-dessus d’une barbe blanche qui le font se rapprocher lentement des cercopithèques neglectus, je ne peux m’empêcher de revoir le visage poupin du garçonnet sourient assis sur la brouette blanche dont je me souviens même si je ne sais plus où elle était ou celui du jeune homme séduisant dans son costume prince de Galles… Parvenu au niveau du grand âge qui... [Lire la suite]
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02 septembre 2016

L'exil à La Roche

Bien que ce soit une évidence, il nous est difficile d’accepter de convenir que, quand nous disparaîtront, le monde continuera à tourner et que nous n’y laisserons aucune trace car nous ne concevons le monde qu’au travers de notre propre conscience et il nous paraît tout naturel de penser que celle-ci fait partie du monde et que notre mort ne pourra que l’affecter. Pourtant, il n’en est rien ? Nous le savons et nous ne le savons pas ; nous le savons mais au plus profond des cellules de notre cerveau, dans les fibres de nos... [Lire la suite]
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25 juillet 2016

chacun semble protégé dans sa solitude

Ukam rentre dans un petit square au centre duquel trône un kiosque à musique, cherche un banc vide, s’assied, regarde instinctivement les enfants qui jouent... Ukam existe dans un chaos trouble d'événements imprévus. Ukam s’y est installé à la tombée de la nuit. — Vous pouvez les prendre tous et leur couper la gorge sous mes yeux, je resterai là et je regarderai. C'était un enregistrement de la conversation qu'il avait tenue avec Jonas, la nuit où il s'était enrôlé dans la Fraternité... Ukam n'a aucune possibilité de revenir en... [Lire la suite]
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01 juin 2016

Il attend quelque chose

Il a tout son temps. Quelque chose doit se produire…. Il attend quelque chose, ne sait quoi, mais attend…. Il faut se méfier de ça, et bougrement, même. L'heure tourne. Il pense les vies grevées de peur, les désespoirs si longtemps tus dont se fait cette nature égoïste. Les morts se relèvent pour lui. La vie que l'on ne soumet pas à l'examen ne vaut pas la peine d'être vécue. Le silence l'attire-lui fait peur…. Il pense que les hommes ont abandonné les contrées où la vie était dure car ils avaient besoin de chaleur. Il attend quelque... [Lire la suite]
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26 mai 2016

Le temps gagné devient du temps perdu

Engelberge pense à des définitions aussi exactes que possibles... Engelberge enjambe un muret... Exhalaison verte de l'herbe ; la campagne n'émerveille personne. Odeur sucrée des blés — il s'arrête, l'assied sur un muret, regarde l'horizon. La chaleur devient de plus en plus épaisse. L'espace paraît vide — il fait trente deux degrés... Le soleil incendie encore le paysage ; Engelberge marche sans but, pour marche, pour remplir sa tête de ses pas ; il s'arrête, l'assied sur un muret, regarde l'horizon. Le soleil-étalon couvre la... [Lire la suite]
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20 mai 2016

Parfois il prend le métro

Il n’a rien d’autre à faire que marcher au hasard dans la ville étonné de découvrir encore des fragments d’espace qu’il estime n’avoir jamais vu. Pourtant il regarde tout, surveille tout, se demandant à quel moment quelqu’un, quel instrument technique repérera son passage. Il sait que cela ne saurait tarder, qu’il a sûrement été repéré ici ou là, que des individus s’efforcent à partir de là de repérer ses parcours aussi en change-t-il constamment se disant que l’immédiateté, le mouvement permanent, est sa seule chance de leur... [Lire la suite]
21 avril 2016

Elle se sent incroyablement seule

Elle regarde longuement ses ongles inquiéte avec l'envie de les ronger ; il y a nombre de militaires. Il y a nombre de militaires ; son regard est fuyant — elle voudrait parler à Charlus, mais ne sait pas comment s'y prendre... Elle est superbe. Son visage est rond, vilain, encadré par des cheveux très courts bruns — elle a des yeux en amande... Que peut-elle vouloir. Elle a des yeux en amande — elle feint de s'intéresser à un des tableaux du salon, s'en approche lentement et s'attarde dans un examen attentif de la toile — que... [Lire la suite]
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23 février 2016

La Volpillère, 9 heures 30

Etre toujours aux commencements !…. Ici personne n'a honte des sentiments les plus secrets. Il sait aussi la pureté du silence. Il a la nostalgie au cœur. Un oiseau qu'il suit du regard, le chemin qui continue et se perd dans l'espace, le remplissent d'un sentiment d'évidence pensive. Dans ce paysage, l'homme dérange. Il souffre de toutes les choses et, souffrant d'elles, en jouit. Quelque chose le porte en avant. Les collines sont comme dévorées par la lèpre verte-orangées des buissons de buis. Où trouver dans le passé des... [Lire la suite]
20 décembre 2015

Notre appartement

Il faut dire que l’appartement où nous vivions n’avait rien de très agréable. Toute notion de confort en était en effet absente. Nous occupions tout le premier étage d’un ancien hôtel particulier du dix septième siècle : les pièces étaient immenses, les plafonds très haut, l’escalier d’accès majestueux avec ses parois de faux marbre et les balustres de son vaste escalier de style Louis XIII, les fenêtres étaient gigantesques, les caves étaient profondes et les greniers vastes. Tout cela avait dû être extrêmement luxueux. Mais,... [Lire la suite]
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