21 janvier 2010

Les Clausis, 7 heures 18

Mémoire, Bréauté attend. Ce qui fait défaut, c'est le souffle… Il n'a plus de comptes à rendre à personne, se sent responsable de la beauté de ce monde. Il n'a pas de montre, s'allonge, dos sur la glaise rêche, s'abîme dans une longue contemplation du ciel, comme s'il voulait se fondre dans le monde. Si tout cela ne signifiait rien ? Cet homme qui passe au loin, les yeux comme perdus dans une grâce de beauté, pourrait être l'oncle qui, avec tant d'amour, lui apprit autrefois la magnificence rude du paysage. Bréauté ne peut se laisser... [Lire la suite]
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20 novembre 2009

Près du Chambonnet, 14 heures 20

Il s'agit ici de faire son bonheur. Bréauté n'ignore pas qu'il ne pourrait quitter tout cela et en même temps s'y ennuie. Une sombre force monte de la terre. Les longues listes des monuments aux morts témoignent seules de la présence ancienne d'une population dense. Il pense aux rares vautours fauves que l'on soigneusement, se demande si c'est vers un avenir de conservation qu'il faut tendre. Le monde entier des formes s'use et se renouvelle. L'éternité semble amoureuse des travaux du temps. Il est difficile de vivre avec... [Lire la suite]
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31 octobre 2009

Les Champs, 7 heures 14

Bréauté a toujours ici le sentiment d'une sécurité éternelle bien que la plupart des événements soient indicibles: un petit cri, un battement d'ailes, un remuement dans l'herbe suffisent pour qu'il lève les yeux et reste l'oreille tendue. Il s'attarde, s'arrête, se retourne, réfléchit, rit. Ses mots doivent servir à confirmer les choses, marquer sa possession. Gris-fumé et vert-sang… Cette immobilité des choses, cet ennui harmonieux, cette monotonie ont pour lui un charme, une douceur profonde qu'il ne saurait oublier... [Lire la suite]
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03 octobre 2009

Le Puech d'Alluech, 5 heures 43

Le paysage est infini. Le silence est une grande force. La lourde dalle ocre, frustre, d'un dolmen signe la noblesse de cette terre. D'un geste vif de son bâton, il coupe la tête des chardons. Dans sa très jeune enfance, il avait à peine connu sa mère qui était rarement à la maison, aussi l'avait-on confié à sa grand-mère maternelle. Il n'y a ici rien à voir… rien à observer. L'espace s'organise aux alentours de sa personne en hauteur et en profondeur. Taches d'ocre rôti. Il lève la tête. Ce monde limité semble pourtant sans... [Lire la suite]
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25 août 2009

Les Ballices, 18 heures 05

Il n'y a plus ni avant ni après, on finit par ne plus vivre que ce que l'on a en soi, Bréauté s'arrête à nouveau. La beauté du jour lui est douloureuse, il a conscience que ses yeux cherchent à voir derrière les objets. Il est entouré d'ombres. Une étrange tristesse se mêle à ses souvenirs. Il voudrait pouvoir décrire toutes les formes de ce monde. Le paysage est empli d'ombres. Sur quel chemin le présent va-t-il vers l'avenir? Il reste immobile, ne sait que faire, pourtant il faudrait faire quelque chose! Aux canyons... [Lire la suite]
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20 juillet 2009

Les Escoutins, 13 heures 21

Peu à peu son attention s'éveille en un sentiment jamais connu, comme si passaient en lui des vibrations presque insensibles. Bréauté réfléchit que l'acuité sensible des jours est une bénédiction. C'est par l'observation de son passé qu'il est parvenu à savoir qui il est. La vie semble arrêtée, définitivement, qui enferme les hommes. Le présent est en lui; ou il n'est nulle part… Il a des dispositions pour le mensonge. Il noue en lui les éléments du temps. Partout l'ocre clair du calcaire affleure. De loin en loin, un bout de pré... [Lire la suite]
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18 mai 2009

6 heures 21, près de Hures-la-Parade

Toute chose a deux visages: le visage de ce qui passe, le visage du devenir. Son avidité reste sans réponse. Il s'attarde, rit, réfléchit, se souvient: il observe. Une haute herbe jaunie souligne la lisière lointaine des forêts. Comme de vieux plumets dérisoires, des silhouettes d'arbres malingres soulignent les crêtes des collines. Il n'a rien dit, rien fait, rien représenté, rien accusé, revendiqué, il ne possède rien. Colline après colline transforme la beauté en distance rendant impossible de savoir quel miracle pourrait se... [Lire la suite]
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04 mai 2009

Près du balcon du Vertige, 18 h 11

Il aime ces lieux muets, fermés sur eux-mêmes. Ses pensées sont confuses, mêlées. Il cherche dans la solitude le chemin qui mène à lui-même. Il ferme les yeux. La couleur des choses passées, aimées, ne quitte plus son imagination. Trop de choses étranges pèsent sur ses épaules. Dans les lointains tremblés de soleil du plateau, le sol est d'une grande pâleur, tous les tons exténués s'étalent ici à perte de vue. A quoi sert d'évoquer les oiseaux lorsqu'on ne les voit pas. Il n'ignore pas se tromper se voulant la mémoire de lieux qui,... [Lire la suite]
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30 mars 2009

Sur le versant du Grand Bataille, 18 heures 22

Cieux, brise, moutons. Chaque pierre, chaque arbre, chaque colline veut se faire reconnaître, témoignage de quelque ancien passage. Poursuite du bonheur… Le minéral rassure. Bréauté est sans aucun éclaircissement dans une intimité presque angoissante, sans buts précis, il marche, foule le sol en longues enjambées autoritaires. Les petites collines sont parsemées de tâches vertes. L'immobilité de l'air égale celle de la lumière. Le temps est devenu tout mou. Le sol est un pré de pierrailles vaguement blanches. Il ne connaît pas de... [Lire la suite]
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20 mars 2009

Dans la combe de Combechave, 13 heures 32

Bréauté a toujours vécu ici, n'est jamais parti, n'a jamais connu autre chose, il le pense, le croit. Cette heure est pour lui toute la bénédiction du jour. Il ne vient personne, il faut tout mettre au passé… C'est un lieu d'adieux. Le décor se met en place. Un vieux chien noir-blanc le suit comme une ombre, seul son halètement rythme le temps. Bréauté aspire à tout ce qui peut arriver, marche sans jamais s'arrêter, sans se retourner, personne ne peut dire où il va. Il aime espace, buissons, souvenirs, il est là, change de place sans... [Lire la suite]
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