22 mai 2016

quelque chose comme une initiation

Pourtant je n’ai rien oublié de cette première journée de pêche dont chaque minute m’est aussi présente à l’esprit qu’un film. Ébloui et admiratif, dans ce monde magnifique mais qui me semble néanmoins cacher quelques dangers comme cette vipère qui traverse devant nous la rivière, la tête légèrement hors de l’eau nageant d’un mouvement sinusoïdal ou ces bruits mystérieux de frôlement que l’on entend parfois dans les herbes et les buissons, je suis pas à pas mon grand-père qui me paraît alors quelque chose comme une divinité des eaux... [Lire la suite]
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03 mai 2016

Une partie de pêche

C’est une matinée d’été, il est autour de six heures, des gouttes de soleil cascadent de feuilles en feuilles et se brisent sur les frétillements de la surface du ruisseau. Tantôt les pieds dans l’eau, tantôt sur les tapis d’herbes tendres ou de mousses, entourés du grésillement de nuées de mouches, nous marchons très lentement dans des odeurs fraîches d’herbes, évitons de faire du bruit, de perturber les oiseaux dont les chants intermittents se relaient comme pour signaler notre présence. Il fait extraordinairement beau mais le poids... [Lire la suite]
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04 décembre 2015

Un testament

Rédiger son testament, tel avait été le conseil de son notaire alors qu’il venait d’atteindre ses quatre vingt ans. Il venait de se lever, il était un peu plus de sept heures, les merles s’étaient tus depuis un moment déjà, le temps était magnifique, le soleil en cette matinée d’été illuminait déjà la véranda dans laquelle il prenait son petit déjeuner et de légères odeurs d’herbe, tondue la veille au soir, maintenait encore une légère impression de fraîcheur. Marc Antoine Deschamps avait retrouvé dans ses tiroirs un de ses cahiers... [Lire la suite]
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16 janvier 2013

la nature

Il y a bien des trous dans ma mémoire et si les épisodes que je rapporte ici semblent cohérents, logiques, entiers, c’est, en grande partie, parce que je remplis par l’imagination les manques du souvenir. Ne me restent en fait que des impressions fortes, des éclairs d’images ou de sensations qui créent comme une structure d’ensemble dont je m’efforce ensuite de relier les éléments. Ainsi de cette effroyable frayeur lorsque, avant l’été de ma dernière année dans l’école de mon père, devant passer le concours d’entrée en sixième,... [Lire la suite]
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09 janvier 2013

Commencer au commencement

Dans ce récit, je vais où mes souvenirs me portent. Ce que nous faisions des vipères capturées importe peu, nous les donnions à la vieille guérisseuse installée à l’écart du village pour en faire ses médecines ou son alcool de vipère, nous jouions un moment avec elle et nous les relâchions ou nous nous amusions à les jeter dans quelques jardins attendant les réactions des femmes. Ce qui comptait n’était pas l’usage, mais l’acte de la capture. Nous affirmions ainsi, une fois encore, notre pouvoir absolu sur la nature qui nous entourait... [Lire la suite]
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26 décembre 2012

notre nature

L’enfance s’efface lentement dans l’apprentissage de la vie. Chaque seconde de notre vie d’enfant avait ses découvertes qui nous faisaient lentement devenir hommes et femmes. Outre des connaissances pratiques sur les réalités du monde, faisant entre tout la part des choses, nous apprenions lentement la joie et la tristesse, le bonheur et la souffrance, le désir et l’impuissance, l’âpreté et la générosité, la certitude et le danger… Au printemps nous découvrions la générosité folle de la nature et la copulation des grenouilles ;... [Lire la suite]
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16 décembre 2012

l'accident

Un des grands du camp adverse sur lequel s’était jeté Joseph, notre chef. Joseph avait le visage complètement blanc, défait, bouche ouverte, ne sachant que faire, il regardait couler le sang de la main droite de René au centre de laquelle dépassait une pointe de fourche. Oubliée dans le foin, sous la violence du poids de Joseph qui avait saisi les bras de son adversaire, elle lui avait cloué la main droite. Les cris de l’enfant étaient tels, nos cris à tous que des adultes arrivèrent immédiatement et, en tête, mon père qui ne pouvait... [Lire la suite]
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29 juin 2012

La noce

Dans la hiérarchie non dite du village, le père Mazel était tout en haut. Épouser sa fille comme, plus tard, être son petit fils n’était pas sans importance et son influence sur mon enfance — et même sur ma vie entière — fut considérable. La fête de la noce de mes parents se devait d’être remarquable et tout le village devait se mobiliser. Comme je crois l’avoir déjà écrit, La Roche était un village sauvage, isolé par des forêts épaisses, des marais, de vagues pâtures où des masses de granit jouaient le rôle de sentinelle, il était... [Lire la suite]
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17 juin 2012

Mariage de Lucien et Marguerite Mazel

Je me souviens encore… Mais mon père me l’a rappelé tant de fois que je ne sais plus si c’est un vrai souvenir ou un souvenir construit… Le racontant à des amis, à la famille, il en riait toujours aux éclats… Je me souviens de ce jour, j’avais six ans, où, alors que nous regardions passer une des nombreuses processions catholiques qui encombraient la ville de Mende où nous étions descendus je ne sais trop pourquoi, que je demandais à une dame respectable, attentive et vêtue de noir qui se trouvait à côté de nous dans la foule qui... [Lire la suite]
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08 septembre 2007

Pastorale

Wilfrid sortit donc de sa chambre d’hôtel :«L’air était frais, la route large et droite, le ciel d’un lumineux grisé ; partout dans les branches verdissantes, les oiseaux saluaient la douce saison des anoures. La nature était dans sa magnificence. Au loin, égayant la désolation des landes, genêts et ajoncs épandaient leurs taches d’ors. L’étang reflétant la tendre lumière céleste semblait un long plat de vieil argent guilloché. L’aménité du paysage invitait à la vie, la joie, la bienveillance… aux amours»…Ah, se dit Wilfrid, comme la... [Lire la suite]
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