16 mai 2016

Je perds la mémoire

Je perds la mémoire. Lentement, inexorablement, comme dans un vieux meuble où les petites vrillettes creusent leurs galeries, je sens que des trous se forment dans mon cerveau : je perds des mots. Je sens qu’ils sont là, quelque part mais je ne peux les retrouver et chacune de ces pertes m’est une souffrance car je m’obstine à essayer de les penser, les cherchant désespérément, m’efforçant de penser leur absence plus présente que leur présence même et cela me prend des heures, des heures où je ne parviens qu’à combler ce manque,... [Lire la suite]
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20 novembre 2015

Il attend qu’elle dise quelque chose

Il ne savait plus que faire. Devait-il lui avouer, tout de suite, au milieu de la foule se dirigeant vers les trains, qu’il était tombé amoureux d’elle, qu’il ne voulait pas la perdre, essayer de la retenir ? Des phrases se forment dans sa tête : « Ne partez pas, restez avec moi, je vous aime, ne me quittez pas, ou promettez moi de me rejoindre, permettez-moi de vous rejoindre plus tard… » Mais pourquoi plus tard, il sait qu’à cause de sa sonde il ne peut rien lui offrir maintenant, qu’il ne se sent pas le droit de... [Lire la suite]
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01 octobre 2015

il ne va pas se laisser aller

Enfin, enfin, l’attente prend fin. Un chirurgien est venu qui lui a fixé un rendez-vous pour une opération dans dix jours. Il peut quitter l’hôpital. On le laisse seul. À lui maintenant de se débrouiller. Il s’habille comme il peut car il n’avait pas prévu qu’il allait repartir avec une poche de plastique collée à sa jambe droite et un long tuyau relié à son pénis. Il lui faut réussir à faire entrer tout cet appareillage dans son pantalon or il aime les pantalons serrés et iul ne veut pas que l’on puisse soupçonner ce qu’il porte. Il... [Lire la suite]
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20 septembre 2015

un corps asexué

Enfin, son numéro est appelé. Bien qu’il l’est déjà dit plusieurs fois, une infirmière lui demande à nouveau ce qu’il a, fixe à son poignet droit une étiquette munie d’un code barre puis, après lui avoir enduit le bas ventre d’un gel assez gras, vérifie l’état de sa vessie avec un petit appareil d’échographie portable. Il ne peut s’empêcher de penser qu’on n’arrêtait pas le progrès, elle dit : « en effet votre vessie set pleine, allongez-vous en attendant, on va s’occuper de vous ». Mais il ne se supporte pas d’être... [Lire la suite]
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11 septembre 2015

égaré dans un territoire inconnu

Il avait toujours été persuadé qu’il suffirait de sortir de soi-même, d’extraire sa pensée de son corps pour, en la regardant comme un objet d’étude, comme si elle appartenait à une autre personne, pour se concentrer sur l’analyse et ainsi, en faisant un simple objet d’étude, dominer n’importe quelle douleur. Pourtant, à la suite de la première demi-heure d’attente pour obtenir un simple numéro d’ordre, durant l’heure et demie qui suivit avant qu’il voit un simple infirmier pour être orienté vers le service adéquat, il comprit qu’il... [Lire la suite]
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17 mai 2015

le Poète sait que son œuvre est éternelle

28. La sagesse du Poète tous les mécanismes ne relèvent pas de la perception il faut admettre ça cet axiome sinon ne restent plus que des calculs vides de sens il ne faut pas se fatiguer ainsi à mouliner des données théoriques la réalité la réalité est la réalité n’est-ce pas ou alors les vérités toutes les vérités même partielles et relatives sont des illusions la réalité est la réalité est la réalité la réalité n’est pas une rose ni une rose même si elle est plus ou moins plus ou moins vraie même s’il faut inventer de nouveaux... [Lire la suite]
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10 mars 2015

toute seconde enferme le temps complet

Qu'il soit ici aujourd'hui, demain ou qu'il ait pu y être hier n'a pas grande importance, toute seconde enferme le temps complet et pour cela ignore les hommes. Il pense que tout ce que propose la civilisation, tout ce qu'elle apporte, rien n'est rien si les hommes ne comprennent pas qu'il est plus émouvant pour chacun d'eux de vivre un jour que de réussir le progrès technologique. Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Il va falloir quitter tout cela. Apeurées, prêtes à fuir, les brebis lèvent un instant... [Lire la suite]
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09 mai 2013

le bonheur d'être (3)

Écrire est une tâche épuisante car il est impossible de se satisfaire du résultat. Écrire c’est réécrire, sans fin, à chaque lecture reprendre ses phrases et ses pages. Qui plus est c’est une tâche dérisoire, un supplice que s’inflige celui qui a décidé d’y consacrer une partie de son temps. L’écriture relève en effet de l’échange : j’écris pour transmettre quelque chose, un message dans le meilleur des cas, un désir d’exister au-delà du peu de temps qui nous est imparti dans le pire. Les seuls qui, d’après mon expérience,... [Lire la suite]
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19 octobre 2010

La fureur

Il a peur, la peur métastase dans tout son corps, le parasite, le change. Il ne vit plus que dans sa peur, de sa peur, il est peur, respire peur, pense peur. Marchant dans les rues, dans cette rue glauque où il est arrivé il ne sait trop comment, c’est sa peur qu’il voit dans les vitrines ou dans les flaques d’eau que la pluie a formées emplissant les nombreuses irrégularités de l’asphalte.Il fuit sa peur mais elle ne le lâche pas, l’empêche de faire ce qu’il devrait faire.Et ça le rend furieux. Furieux de ne pouvoir dominer ... [Lire la suite]
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04 septembre 2010

Les Cours, 13 heures 33

Seules les mouches sont partout présentes. André Pagès se souvient de ce qu'il n'a pu être. Il imagine qu'il a toujours vécu en ces lieux. Tous ses souvenirs sont pris dans les ronces grisâtres de son cerveau. Bandes. Même l'herbe lui résiste qui n'a ni la tendreté de celle de la plaine, ni sa mièvre douceur. Vivre le saoule. Devant lui le ciel caresse lentement la glaise, derrière lui ciel et terre se fondent, il se sent soudain si fragile, pressent des compagnons, des inconnus qui rôdent autour de lui. Le ciel dévore l'herbe... [Lire la suite]
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