11 janvier 2017

je n’ai plus guère de conversation

Quand je me regarde dans une glace et que — un peu incrédule — je vois le visage ravagé d’un vieil homme au regard perçant creusé sous d’épais sourcils blancs, aux rides profondes au-dessus d’une barbe blanche qui le font se rapprocher lentement des cercopithèques neglectus, je ne peux m’empêcher de revoir le visage poupin du garçonnet sourient assis sur la brouette blanche dont je me souviens même si je ne sais plus où elle était ou celui du jeune homme séduisant dans son costume prince de Galles… Parvenu au niveau du grand âge qui... [Lire la suite]
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13 juin 2014

Un repas à la table du seigneur Wulfhild :

Le duc Ratbert feint le plaisir bien qu'il soit jaloux de la richesse de Wulfhild — des serviteurs apportent du pain dont il donnent de larges tranches à chaque invité. Des torches piquées à des crochets répandent une odeur de résine brûlée et une fumée blanche qui s'accumule au plafond. Les convives parlent fort, chacun veut rapporter ses exploits de chasse ; un conteur retrace les exploits des ancêtres et de héros des vieilles légendes. Les serviteurs apportent du plat d'épurges. Je suis une cuisinière du seigneur Wulfhild. Certains... [Lire la suite]
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08 mars 2014

notre seule référence commune

Je ne vous ai que très peu parlé de Zita ; pourtant elle est au centre de ce récit. Pendant des années, elle n’a été pour moi qu’un nom et un idéal, celui que, dans ses propos, décrivait Stanislas car je ne l’ai vraiment rencontrée qu’en 1987 après son évasion roumaine et je dois dire qu’elle était bien à la hauteur de son image. Je pensais que nous serions amener à nous revoir souvent mais je dois dire qu’il n’en a rien été : Stanislas avait désormais sa vie, moi la mienne, ses voyages, moi les miens et nous ne nous... [Lire la suite]
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24 décembre 2013

Ils semblent n'avoir rien à se dire

La chaleur s'impose avec une grande cruauté — le ciel est inconcevablement bleu. Ciel d'été, d'août... Des nuages traînaillent. Ses regards se chargent de haine : — Taisez-vous, murmure Elena ! Monsieur Émile Othon pense : A quoi bon poursuivre cette conversation… hésite… — c'est ignoble ! Ils n'auraient pas voulu se trouver là — qu'en dites-vous ?... — en principe — qu'est-ce que ça fait ? — pourquoi se sent-on obligé de dire choses inutiles ? — il n'y a que la pratique — qu'en pensez-vous ?... — pourquoi se demander cela ? —... [Lire la suite]
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25 juin 2013

le PMU de Wilfrid

Wilfrid est un personnage de roman. La preuve, il est dans un roman… Mais il n’est pas un personnage de roman parce que sa vie n’a ni début, ni fin. Il n’entame ni ne finit un récit. Sa vie ne prouve rien. Elle est faite d’une infinité de fragments qui, s’ils donnent une certaine réalité au personnage n’en font cependant en rien une trajectoire. Sa vie peut ainsi être rapportée à l’infini, chaque jour est un jour, chaque heure une heure sans qu’il y ait entre eux ni causalité ni déterminisme. C’est ainsi et c’est ainsi. Ainsi il y a... [Lire la suite]
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03 novembre 2011

Du commerce du monde

Combien ai-je laissé de connaissances sur ma route, combien d’amis avec lesquels j’ai pourtant vécu des moments forts de joie, d’échange, de partage dans la complexité active de bonheurs complices? Combien d’enfants ai-je connu à des âges divers, avec lesquels j’ai joué, parlé, plaisanté, auxquels j’ai appris des jeux, raconté des histoires… puis que je n’ai plus jamais vu grandir, dont je ne porte plus en moi qu’une image périmée me rendant impossible toute éventuelle reconnaissance lors d’une rencontre fortuite et qui, eux non plus,... [Lire la suite]
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07 juin 2011

le plus plat silence du cœur

I - 7 a au milieu d'une société nombreuse au milieu d'une vie très dissipée au milieu de ce bazar au milieu de la conversation la plus générale au milieu de pavillons de brique tous identiques au milieu de ses vassaux au milieu des arbres au milieu des habits qu’elle piétine sans vergogne au milieu du lit au milieu du torrent qui nous entraîne au moins au moins de ce côté là au moment de pénétrer dans la pièce au moment des salutations au moment du solo au moment où j’entre dans la pièce au moment où je vais pour actionner... [Lire la suite]
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14 août 2010

La mercière, la sacristaine et la crêpière discutent

Bavardent la mercière, la marchande de souvenirs bretons, la femme du sacristain Petit, la crêpière. Conversation en cours : — Vous dire ce que vous voudrez… — Bien sûr, reprend une autre… — Ça ne sa fait pas… — Bien sûr ajoute l’autre… — Je suis entièrement de votre avis gargouille une autre encore… Puis secouant la tête : et devant une église encore… — N’est-ce pas s’étrangle l’autre… — Inadmissible, c’est inadmissible, éructe l’une… — Même, reprend l’autre, jusqu’à battre des mains… — À rire… — À applaudir… — De notre temps,... [Lire la suite]
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09 novembre 2008

Conversation sur la conversation

L’attitude de retrait devant la conversation que manifeste Peter Peterson m’est de plus en plus sympathique, je n’ai en effet jamais été convaincu moi-même par ces joutes oratoires ou chacun n’a d’autre souci que de l’emporter sur son adversaire même si, pour cela, il lui faut, de préférence sans que ce soit trop perceptible, faire dévier le sujet du débat et même, si nécessaire, pourvu que personne ne s’en aperçoive, abandonner des idées jusque là soutenues avec force.Sans un mot, de la manière la plus discrète possible pour que sa... [Lire la suite]
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09 octobre 2008

Le monde des Norpois

Leur monde en effet était petit, il ne concernait que les artistes et les grands bourgeois, mais immense à la fois car il n’avait pas de frontière. Aussi, il n’y a pas eu une seule occasion où j’ai rencontré les Norpois sans que gravite autour d’eux quelques inconnus qui semblaient de leurs familiers. Cette situation ne manquait pas d’être pédagogique car elle évitait que l’on se sente ni important ni indispensable. Le monde des Norpois était un tourbillon par lequel tous les personnages étaient apportés et emportés dans l’incessant... [Lire la suite]
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