01 novembre 2016

Vers Cabrières, 12 h 25

Un sourire pur balaie son visage. Un vieux chien noir-blanc le suit comme une ombre, seul son halètement rythme le temps. Il pense que tout ce que propose la civilisation, tout ce qu'elle apporte, rien n'est rien si les hommes ne comprennent pas qu'il est plus émouvant pour chacun d'eux de vivre un jour que de réussir le progrès technologique. Un vol lent de corbeaux s'arrache du sol lourd comme une seule masse. Un peu plus, un peu moins, c'est beaucoup, c'est même l'essentiel. Il laisse la porte grande ouverte aux impressions qui... [Lire la suite]
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15 juillet 2016

De Saint-Pierre-des-Tripier à Cassagnes, 11 h 02

Il regarde le ciel, l'horizon, regarde l'espace, respire. Les champs sont minuscules et fragiles. Un vieux chien noir-blanc le suit comme une ombre, seul son halètement rythme le temps. Il se méfie du mot recueillement. Il veut créer un monde devant lequel s'agenouiller. Quelques timides pépiements d'oiseaux éclaircissent ça et là le ciel. De loin en loin, un bout de pré cerne une lavogne desséchée. Le meuglement lointain d'un avion déchire l'épaisseur du silence. Des ombres rapides et brusques courrent sur les herbes sèches. Terre de... [Lire la suite]
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18 janvier 2016

De La Maxene au dessus des Vignes, 17 heures 23

Rien ne passe, pour qui ne passe pas. Les lointains sont veloutés. La grandeur même évite la majesté. Le ciel sans horizon pèse au-dessus des terres. L'image du petit garçon à culottes courtes qu'il était courant avec délices sur ces terres d'herbes rèches brouille le regard qu'il porte sur le paysage. Il est devant le paysage. Le rythme court des genévriers creuse l'espace du plateau. Il parle d'un monde totalement ouvert. Il pense à son village. Il sait le nom et le prix de toutes les choses, tout ce que chacune exige pour... [Lire la suite]
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27 décembre 2015

Il cherche l'assurance de demain

Il lui semble entendre la pulsation du monde. Il pense qu'il n'existe pas de droit particulier au bonheur, ni davantage au malheur. Il va au hasard dans une grande confusion…. Il est difficile de vivre avec les hommes car il est difficile de garder le silence. Les lointains sont veloutés. Un peu plus, un peu moins, c'est beaucoup, c'est même l'essentiel. L'appel du silence est le seul qui mérite d'être écouté. Il regarde autour de lui. Il voudrait compter l'infinité des pierres des murs. Les choses ne lui sont pas muettes. Dans la... [Lire la suite]
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05 décembre 2015

Entre Mative et Melgroire, 12 heures 33

Dans sa timide pudeur, le paysage bronche, se dérobe. Il voudrait n'être qu'un rayon du jour. Il pense au passé…. Rien ne se cache dans le regard des arbres. Il aspire à tout ce qui peut arriver. Les lointains se perdent dans de molles ondulations, à la plaine ont succédé les combes, le paysage tout entier baigne dans la couleur verte, un vert comme suri de jaune. Que ce soit trop plein de soleil, pluie ou brouillard, l'espace se dilue dans l'espace. Une couronne de noms tourne dans sa tête. Il cherche sa langue, les mots que dit la... [Lire la suite]
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28 octobre 2015

Du côté de La Parade, 9 h 45

Une légère brise fait vibrer-lyre-les rayons du soleil. Sa perception du réel a l'accent du sentiment, son sentiment a la clairvoyance de la perception du réel. Passage de nuages dans le ciel. La solitude profonde et comme intemporelle qui l'environne, l'aspect incorporel de ce paysage, tout cela avive son imagination. A nouveau, il est face à des problèmes sans énoncés. Sur les champs, la lumière prend librement sa vraie forme ; dans la plus grande liberté du monde, elle fait voir ce qu'elle est. Les herbes, parcimonieuses et... [Lire la suite]
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30 septembre 2015

Entre Toulousette et le Mas de Val, 14 h 21

C'est maintenant qu'il est chez lui ! Il voit tous ceux qui ont nourri son enfance de paysage, de ciel et de terre. Il n'arrivera rien. De ci de là, des pierres torturées poussent comme de petits pins malingres. Aux petites forêts de pins que le sentier traverse parfois, il préfère le paysage dévêtu. Il pense à son enfance. Il lève les yeux vers le ciel. Quelques timides pépiements d'oiseaux éclaircissent ça et là le ciel. Tout meurt, tout refleurit, le cycle de l'existence se poursuit éternellement. Le paysage s'effondre dans une... [Lire la suite]
22 septembre 2015

Premières publications

L’atmosphère de plus en plus difficile que la neurasthénie de ma mère installait dans la famille, les absences de plus en plus longues de mon père, mon jeune âge dans ma classe de lycée et mon amour immodéré pour la littérature, tout cela me rendait de plus en plus solitaire. Il y avait ainsi de nombreux jours où je n'avais pas envie de parler, où le dire n’était qu’une contrainte et où je préférais le flot continu et silencieux de ma parole intérieure. Pansement… pensement… aussi avais-je pris l’habitude de partir des journées... [Lire la suite]
13 septembre 2015

L’Œil Velu

Je décidais d’employer l’été de mes vacances à utiliser ce petit matériel d’imprimerie pour créer, bien que je n’eusse qu’une très vague idée de ce que cela signifiait concrètement, ma propre revue et, encore une fois, Raymont Lachance m’y encouragea vivement. M’inspirant du « Cœur à barbe » de Tristan Tzara dont j’avais pu lire le numéro unique dans la bouquinerie, je décidai de l’intituler « L’Œil Velu » et me proposai, faute de relations, dans son premier numéro que des textes que je produirais sous divers... [Lire la suite]
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01 septembre 2015

En allant de St Pierre des Tripiers au Truel, 18 heures 15

Le long silence lui est une bonne chose folâtre. Il y a une antiquité vénérable dans les gestes des hommes. L'éternité semble amoureuse des travaux du temps. Il s'allonge, dos sur la terre rêche, s'abîme dans une longue contemplation du ciel, comme s'il voulait se fondre dans la terre. Il cherche à refléter par des mots ce monde qui échappe à ses mots. Il a besoin de compagnons vivants. Ses parents persistent à grandir en lui. C'est la parfaite solitude. Il sent en lui quelque chose qui cherche à être dit, qui veut se dire. Les hommes... [Lire la suite]
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