09 avril 2016

Divine surprise

Dis: je le désire. Discrétion assurée. discutant à quelques pas d’elle quand, émergeant de la presse des convives, un officier de la légion s'avance, nonchalamment, comme s'il n’était guidé que par le seul hasard, s’approche du groupe, demande négligemment. Disons dix heures pour laisser aux pensionnaires le temps de digérer leur réveillon!. Disons qu’il représentait une commodité affective: toujours disponible, il était celui dont le nom venait spontanément aux lèvres lorsque l’on cherchait quelqu’un pour combler un vide. disons... [Lire la suite]

10 novembre 2014

tu ne m’as pas dit quel jour tu revenais

Finalement, après avoir tourné une partie de la matinée dans le quartier du Tiergarten, sans enthousiasme, après avoir mangé une saucisse grillée et une salade à la terrasse d’un café, je suis allé faire ce pour quoi j’étais là : parler une fois encore des technologies de la communication, feindre de croire qu’elles allaient bouleverser le monde, donner à l’humanité une « nouvelle frontière ». Débats, petits fours, cafés, sourires convenus, félicitations protocolaires, mélange de langues, apartés, échanges rituels de... [Lire la suite]
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08 novembre 2014

Sans doute aucun, c’était Stanislas

Je pris un taxi, me fis déposer près de la station de Tiergarten — proche du lieu de ma conférence —, il faisait beau, les rues larges, peu bruyantes, peu polluées de Berlin incitent à la promenade, je n’avais aucune raison de me dépêcher d’autant que je n’avais pas encore décidé ce que je voulais faire. Je savais que se jouait là un des moments cruciaux de mon existence et que, parce que je n’avais plus l’âge de tergiverser, de la décision apparemment simple de me rendre ou non à ma conférence, le reste de ma vie allait... [Lire la suite]
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02 novembre 2014

le banc était vide

Comme si j’avais déjà décidé ce que je devais faire, j’ai quand même pris le métro : la station de la Friedrichstrasse, la plus proche de l’hôtel Aldon — où je descends lors de mes séjours berlinois. Pour l’Europa Center j’aurais dû prendre ensuite une des nombreuses lignes vers l’ouest qui m’auraient amené au Tiergarten : j’en ai pris une vers l’est. Je savais avoir du temps et, bien que cette décision soit irrationnelle, je ne pouvais m’empêcher de vouloir aller à l’Alexanderplatz où, il y avait maintenant cent jours,... [Lire la suite]
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28 octobre 2014

A cette heure de la matinée, il y avait foule

Il faisait très beau, le ciel était limpide, disposant d’un peu de temps, je m’étais éloigné sur les bords de la Spree du côté de l’île aux musées et, comme désœuvré, rôdais dans le vaste marché d’artisanat qui s’étendait en face de l’esplanade du Pergamon Museum. On trouvait là à peu près tout ce qu’un esprit conforme dans le non-conformisme contemporain pouvait vouloir désirer, depuis des insignes — ou même des uniformes entiers des anciennes armées de l’est : république démocratique allemande, bien sûr, mais aussi URSS,... [Lire la suite]
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25 octobre 2014

la fermeté des convictions

Dans le début de la plupart des récits, la fin vers laquelle il tend est déjà inscrite : dans sa perfection, la boucle est une tentation et comme vous, lecteurs, n’aimez pas trop être dérangés dans vos habitudes, c’est la plus employée. Me revoici donc, sans surprise, à Berlin où, dès le début, sachant fixée de longue date, une de mes conférences à l’Europa Center pour je ne sais plus trop quelle commission de la communauté européenne, j’avais prévu de taper le point final de mon compte-rendu. Indécis entre l’engagement de m’y... [Lire la suite]
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20 octobre 2014

Il faut tout oublier

Il faut tout oublier… Est-ce un effet de l’écriture ?… Au fur et à mesure que progresse mon compte-rendu, je me sens, peu à peu, devenir Stanislas. Non, bien sûr, dans l’authenticité concrète de ses actes, mais dans son refus souverain du monde qui l’a poussé à disparaître. Il y a désormais en moi une tentation du couvent ; plus exactement — n’ayant que peu d’attrait pour les rituels — pour une retraite solitaire dans cette terre perdue que La Bégude, dans sa triple enceinte de vignes, de murs et de parc, me semble... [Lire la suite]
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05 octobre 2014

J’essaie de réparer les dégâts

Dresde en ce début d’après-midi, vol Paris-Francfort, puis Francfort-Dresde. Sans problème si ce n’est que, même en classe affaires, les sandwiches servis n’ont rien de bien réjouissant. Heureusement il y a les boissons… Mon hôtel est un Novotel installé dans des bâtiments type RDA : blocs uniformes de béton parallélépipédiques, pas une cheminée ne dépasse. La ville est curieuse : un centre baroque avec des églises et des palais splendides cerné de casernes sociales. Je dois ouvrir, quelque part, un festival dédié aux... [Lire la suite]
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29 septembre 2014

la vie n’est pas coopérative

Une histoire, un récit, une narration… un roman doivent obéir à des règles : ils partent du complexe pour aboutir au simple, tirent, pour les démêler, les fils d’une histoire embrouillée, non pour entériner la complexité de leurs nœuds, mais pour donner à croire qu’il y a, dans notre monde, des voies rationnelles et que l’art, l’écriture, donnent du sens à la vie. Je pense que, sur ce plan où vous me faisiez confiance, j’ai échoué : la vie n’est pas toujours aussi coopérative : cinquante pour cent des meurtres, jamais... [Lire la suite]
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23 septembre 2014

il n’est pas dans les traditions qu’il en soit autrement

Que tirer de tout ceci ? Je suppose que comme moi vous avez maintenant un certain nombre de convictions et au moins tout autant de doutes… Pourtant, en fait de certitudes, je n’ai que des présomptions. Si je tente de faire le point, ce qui est sûr, c’est que le 11 avril, à Berlin, le jour même de la naissance de Clément, j’ai retrouvé un ami de mon adolescence que, pour vous — certains ont dû déjà comprendre pourquoi…— j’ai baptisé Stanislas et qui, à l’âge de trente ans, avait disparu sans donner la moindre nouvelle ni aux... [Lire la suite]