20 janvier 2015

J’attends quelqu’un

Les mots, quels qu’ils soient, disent toujours infiniment plus de choses qu’ils ne devraient. Ces simples trois mots portaient tant de sens possibles que, aujourd’hui, plus de soixante dix ans après, je n’en ai pas encore fini avec eux. Il faut ainsi sans cesse composer avec la mémoire qui, pour des raisons qui n’accèdent que rarement à la conscience claire, fait ressortir des incidents, des faits minimes qui, du coup, nous poursuivent toute notre vie alors que d’autres disparaissent à jamais. Aucun de mes proches avec qui j’ai eu... [Lire la suite]
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19 janvier 2015

ce qu'il y a de plus intime

De plus pour un homme comme Charlus certes, sa seule inquiétude authentique est que ses enfants partagent les terres. En somme, Germaine exigeait à la fois qu'on l'approuvât dans son régime, qu'on la plaignît pour ses souffrances et qu'on la rassurât sur son avenir de plus cette avance du déjeuner donnait d'ailleurs au samedi, pour nous tous, une figure particulière, indulgente, et assez sympathique alors dans l'espèce d'écran diapré d'états différents déployait simultanément ma conscience, et qui allaient des aspirations les plus... [Lire la suite]
17 novembre 2014

vivre d’illusions

Le bonheur étant tout d’intérieur, on peut vivre d’illusions un certain temps et s’en satisfaire : je dois avouer que cette première communion — bien que, dès cette époque, je me savais profondément athée — fut une période de félicité. Pendant près de deux mois je fus au centre des attentions car il fallait m’habiller de pied en cap ce qui permit à ma mère de se livrer à sa vague religiosité d’habitude brimée par l’anticléricalisme radical de mon père. Cette occupation lui permettait d’atténuer la solitude dans laquelle elle... [Lire la suite]
19 septembre 2014

obsession

obsession (je me souvenais de l'homme qui m'accompagnait) la lumière était une peau arc et flèche a trip super with a fresh sex rosse labbra elle me suçait la langue traçant des idéogrammes de sang je collais mes lèvres au ventre elle jouait les charmeuses de serpent (vert sur vert) expérience de la plénitude le désir nous écartelait sexe comme une gigantesque pâquerette (je n'étais que chatte et vit) je me roulais dans sa prairie imago bouillante investie dans le bleu de l'œil (fleur purpurine du con) ses dents mordillaient mon pénis... [Lire la suite]
27 juillet 2013

Marc Hodges travaille

Une chose en entraîne une autre et les événements qui semblent s’enchaîner selon un ordre des plus logiques ne sont en fait que la résultante du recoupement de trajectoires aléatoires. Si Évelyne n’avait pas couché avec Balpe, si Marc Hodges n’avait pas décidé d’écrire un roman sur la morte de la grotte d’Arnette, rien ne se serait déroulé de la même façon et ce qui paraît le plus solide reste sujet à l’une quelconque des bifurcations toujours possibles. Aussi, bien qu’il ait commencé d’écrire son roman, bien qu’il en connaisse les... [Lire la suite]
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05 juillet 2013

plan du roman

Les gens font souvent des choix qui se révèlent incompréhensibles et qui ne tiennent peut-être que du hasard. Lorsqu’on est d’humeur à tomber amoureux, ou à se marier, peut importe sans doute quel est celui ou celle que l’on croise au coin de la rue. On veut trouver quelqu’un, et il y a quelqu’un, et l’on finit par se convaincre que cette personne surgie par hasard est en fait celle que l’on recherche depuis le départ. Dans la vie, on trouve exactement ce que l’on cherche, se dit souvent Marc Hodges. Et il a raison: quand on cherche... [Lire la suite]
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24 juin 2013

bifurcations

Un conflit est toujours la somme de plusieurs conflits, comme une fleuve est celle de tous ses affluents: pendant que Marc Hodges s’efforce à construire son roman «forestier» construit selon un principe d’enchevêtrements, entrecroisements, nœuds, liens, redoublements, multiples… ce qu’il appelle assez pompeusement une hyperfiction, Évelyne se débat avec ses propres confusions. Elle en sait trop. Elle sait que les divers incidents que les autorités, faute des informations qu’elle détient, ont classé sans suite sont en fait liés les... [Lire la suite]
16 mai 2013

un inconnu et la grotte d'Arnette

Après réflexion, Marc Hodges décide que son roman sera «objectif». Il se refuse à prendre la position divine, celle de l’auteur qui voit tout, sait tout, enchaîne les événements dans une suite rationnelle; son roman sera décrit par un œil témoin externe, quelque chose comme une caméra de vidéosurveillance qui capte tout sans jamais rien interpréter Il reprend le début: «Lumière 11 heures 30: paysage de carte postale, calme absolu, sous-bois lumineux, taches colorées de soleil sur le sol, stries de soleil hachant les feuilles,... [Lire la suite]
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22 avril 2013

Marc Hodges est heureux

Tout ça avance bien. Marc Hodges se sent bien dans sa peau de Marc Hodges. La musique de ce crooner d’Elvis qu’il écoute en boucle —et par dessus tout la vieille romance Heartbreak hotel— n’y est certainement pas pour rien, pourtant en d’autres moments elle n’aurait pas suffi… Son roman prend forme: le cadavre dans la forêt serait celui d’une vieille femme dernier rejeton d’une grande famille aristocratique de la région —terres, châteaux, actions, etc… bref tout ce qu’il faut pour attirer les convoitises. Pas d’héritiers connus (même... [Lire la suite]
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04 avril 2013

Marie Gineste Cottard

La visite chez les Cottard est un échec. Évelyne et Santeuil n’ont rien appris de plus sur l’adolescent qu’ils recherchent. Le Docteur Cottard n’était pas là. Du moins c’est ce que leur a affirmé la dénommée Léna Matouche, il serait à Nicosie, participerait à un colloque international sur «les séquelles traumatiques post 1984». Il ne reviendrait pas avant une bonne dizaine de jours. Mais… s’ils avaient une question particulière, elle pouvait les renseigner, elle s’occupait de beaucoup de choses dans la maison et… —Non, non, avait dit... [Lire la suite]