12 juin 2016

le ciel bleu est une dérision

Ils sont perturbée par les flots incessants d'images que diffusent les multiples écrans : les actions sont à peine intelligibles ; un jour, dans son enfance, Roberte s'en souvient, une femme se promène avec elle au bord d'un lac, le ciel c'est le ciel, sous ses bras un chien en peluche queue-de-vache foncé si doux, longtemps conservé, et un pressentiment de bonheur extrême. Quelque chose l'inquiète qu'elle ne sait pas cerner avec précision... Le temps a son poids d'éternité. Oriane Proust croit percevoir comme la crécelle sèche d'une... [Lire la suite]

30 octobre 2015

ne pas se perdre dans des considérations édifiantes

Ses doigts sont chargés de bagues baroques... Une autre jeune femme entre qui attire tous les regards ; Oriane a des doigts de pianiste — ses doigts sont chargés de bagues baroques — il y a nombre de militaires — Oriane lève les yeux au ciel... Oriane ne peut s'empêcher de rire. La lumière tombe sur elle et l'entoure, elle est la cible d'un projecteur. Elle a du mal à garder son calme — Oriane feint de chercher quelque chose dans son petit sac à main. Une autre jeune femme entre qui attire tous les regards. Oriane voudrait parler à... [Lire la suite]
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28 mai 2015

Deux pages du journal de 1938

Dimanche 23 janvier 1938 Il a continué à neiger tout le jour. J’ai pris les vieilles raquettes de mon père et je suis parti marcher dans les près autour de la ville. Rester en famille à la maison est de plus en plus difficile, maman ne parle presque plus à personne, elle est de plus en plus mélancolique et papa, après avoir longtemps essayé de la distraire, de lui faire rencontrer des femmes de collègues, a abandonné. Il s’enferme de plus en plus dans le travail. J’ai beaucoup de mal à rester en famille. Les dimanche me sont de plus... [Lire la suite]
25 mars 2015

Ganançay est loin de la réalité

Le décor leur semble étrangement solennel — derrière le buffet, les barmen sont impassibles comme si rien de ce qui se passe dans le salon ne les concernait... Les soirées mondaines n'ont pas d'autre but que de permettre une purgation douce des indigestions sociales. Gilberte Norpois s'avance. Dans l'obscurité de l'espace, des ombres vont et viennent ; un portrait représentant un personnage vêtu de amande est accroché au-dessus d'un meuble châtaigne et or. La simultanéité parallèle des vies est un problème, impossible alors de savoir,... [Lire la suite]
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19 janvier 2015

ce qu'il y a de plus intime

De plus pour un homme comme Charlus certes, sa seule inquiétude authentique est que ses enfants partagent les terres. En somme, Germaine exigeait à la fois qu'on l'approuvât dans son régime, qu'on la plaignît pour ses souffrances et qu'on la rassurât sur son avenir de plus cette avance du déjeuner donnait d'ailleurs au samedi, pour nous tous, une figure particulière, indulgente, et assez sympathique alors dans l'espèce d'écran diapré d'états différents déployait simultanément ma conscience, et qui allaient des aspirations les plus... [Lire la suite]
28 novembre 2014

Rêve 5434

Lecomte, étant là, maman ne montait pas dans ma chambre enfin, Ganançay se considérait comme infiniment petit en sorte que l'action s'engagea alors que le toit de tuile faisait dans la mare, que le soleil rendait de nouveau réfléchissante, une marbrure rose, à laquelle je n'avais encore jamais fait attention de telle sorte que comme c'est confortable d'arriver dans une maison où tout le monde parle bas !» cependant que Sauton semblait que la considération que, sur la foi de ma grand'mère, nous accordions à madame de Villeparisis, lui... [Lire la suite]

27 décembre 2013

panique

Il n'y a plus rien à faire. La caméra suit avec complaisance la silhouette trouble d'une jeune fille nue qui nage dans une petite épaisseur d'eau bleutée ; Madame Odette Winston sent que Olivier Zilbertin lui glisse quelque chose dans la main, toutes les façades sont criblées de balles... Des gens hurlent des ordres incompréhensibles ; un légionnaire agonise dans une mare de sang et de boue — on entend comme des rafales de mitraillettes ou de revolvers … des tirs rapides et secs, quelque chose cesse, des gamins, sur une pelouse,... [Lire la suite]
18 avril 2013

insomnie

Énervée, Évelyne tourne dans son lit. Tourne, se retourne… Elle n’arrive pas à trouver le sommeil, elle n’est pas douée pour la littérature. Elle lit parfois des polars —Ganançay, La Toile— mais ça ne l’intéresse pas vraiment. Elle n’y croit pas. La plupart du temps ça l’emmerde… Elle n’aime pas le roman de plus en plus étrange dans lequel elle s’est fourrée. Un mauvais polar… Que Théo soit l’ado qu’elle cherchait et qui livrait les lettres ne fait guère de doute mais le reste ne colle pas. Elle a beau remuer en tous sens les... [Lire la suite]
14 novembre 2012

Souvenir 17338

C'est alors que cette flamme rose de cierge, c'était leur couleur encore, mais à demi éteinte et assoupie dans cette vie diminuée qu'était la leur maintenant et qui est comme le crépuscule des fleurs cependant à ce moment et comme nous étions déjà loin de Règneville sur mer, en tournant la tête je les aperçus de nouveau, tout noirs cette fois, car le soleil était déjà couché en même temps que de l'escalier j'entendis un rire et une voix de femme, et dès que j'eus sonné, un silence, puis le bruit de portes qu'on fermait il est vrai que... [Lire la suite]
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30 septembre 2012

Souvenir 88213

Je ne me suis pas demandé comme à Chartres ou à Reims avec quelle puissance y était exprimé le sentiment religieux cependant qu'elle ne parlait jamais qu'assez bas parce qu'elle croyait avoir dans la tête quelque chose de cassé et de flottant qu'elle eût déplacé en parlant trop fort, mais elle ne restait jamais longtemps, même seule, sans dire quelque chose, parce qu'elle croyait que c'était salutaire pour sa gorge et qu'en empêchant le sang de s'y arrêter, cela rendrait moins fréquents les étouffements et les angoisses dont elle... [Lire la suite]