12 juin 2016

le ciel bleu est une dérision

Ils sont perturbée par les flots incessants d'images que diffusent les multiples écrans : les actions sont à peine intelligibles ; un jour, dans son enfance, Roberte s'en souvient, une femme se promène avec elle au bord d'un lac, le ciel c'est le ciel, sous ses bras un chien en peluche queue-de-vache foncé si doux, longtemps conservé, et un pressentiment de bonheur extrême. Quelque chose l'inquiète qu'elle ne sait pas cerner avec précision... Le temps a son poids d'éternité. Oriane Proust croit percevoir comme la crécelle sèche d'une... [Lire la suite]

18 septembre 2015

le soleil brûle encore

Mais d’après lui ce n'était qu'un prétexte ; la véritable raison, cachée en dessous, pourrait bien être qu'on ne veut pas que les gens restent assis comme ça, à ne rien faire, à se balancer, à discuter ; ce n'est pas la bonne façon de se fréquenter ; le revêtement de plastique ignifugé se fendit et la maison se met à frémir sous l'effet des flammes... Toujours le risque qu'on ne tombe dessus. Regarde l'univers. La pièce est vide, en vérité... Tu pourrais bien penser à moi de temps en temps ; le regard de Marc Argencourt se fixa... [Lire la suite]
31 mars 2015

il y a tant de cadavres

Il prétend : " nous nous sommes pourtant aimés". "Que faites-vous ici ?"... L'existence les a toujours trop gâtés — "Connaissez-vous le bruit qui court dans la ville" — "Oui, c'est ça ". Oriane ose : "Qu'importe" ; elle fixe le bout d’une de ses chaussures. Alors quelque chose commence... Il regarde avec attention sa bague dont le chaton est gris de payne. "combien j'aurais aimé que le temps s'arrête" ajoute Oriane ; "Croyez-vous effectivement qu'il soit sans fin possible de penser à autrui" ; ils se retrouvent là par hasard...... [Lire la suite]
07 décembre 2010

En vue de La Citerne, 19 heures 26

Bréauté est déjà au futur, il voudrait que son regard soit un flux de rayons, que résonne dans son corps un monde d'harmonies. Plus loin l'ombre de son grand-père, laguiole à la main, se penche vers la terre, cueille des oreillettes dans l'herbe presque rase. Il refuse d'enjoliver la sévérité du réel, mettre trop de bleu sur les ailes des corbeaux, teindre de miel la rugosité quelconque des pierres. L'heure tourne. Comment continuer à vivre s'il n'y a plus de questions à poser? Il aspire à tout ce qui peut arriver. Seuls les... [Lire la suite]
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15 août 2010

Au Joli Fréso, 8 heures 25

Bréauté n'espère pas que la terre livre ses énigmes, il s'enthousiasme seulement du spectacle de la campagne et tourne cependant en ridicule dans sa tête les évocations qu'elle lui inspire, désire l'immensité de ce vide, le bonheur de ces déserts, sait qu'il n'aimerait pas que ce paysage soit plus habité — a même tendance à dire : "envahi". C'est ainsi. Au loin, un homme vient vers lui… Sur les champs, la lumière prend librement sa vraie forme, dans la plus grande liberté, elle fait voir ce qu'elle est. Apeurées,... [Lire la suite]
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23 juillet 2010

Amours de JPB

Roberte, a été quelques temps amoureuse de JPB. Je ne sais s’il ne s’en était pas vraiment aperçu ou s’il ne voulait pas s’en apercevoir: je n’ai jamais vraiment compris sa vie sentimentale. Il semblait toujours à l’écart des autres soit parce qu’une timidité maladive l’empêchait d’aller vers eux, soit parce qu’un orgueil excessif lui interdisait de les trouver intéressants mais quoi qu’il en soit, durant les trois années où nous avons été amis, je ne lui ai jamais connu d’amour. Bien entendu, il avait quelques aventures — peu... [Lire la suite]
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29 juin 2010

Personnages

Bréauté, Charlus, Elstir, Ganançay, Kharamidov, Norpois, Palancy, Saint-Loup ; des femmes : Albertine, Françoise, Germaine, Gilberte, Lucienne, Natacha, Nathalie, Oriane, Rachel, Roberte, Uwe… Leurs noms proviennent tous de mes lectures mais leur personnage m’ont le plus souvent été inspirés par la réalité. Je n’en révélerai pas toutes les clefs. Cependant, parce que par son jeu il m’y oblige, je dirai que j’ai pris la plus grande part du personnage de Saint-Loup à Jean-Pierre Balpe.Cette distance froide devant les choses,... [Lire la suite]
21 juin 2010

Parler d'autre chose

Passons à autre chose. La vie est intéressante en soi: elle ne cesse d’introduire des surprises. En ce moment je lis Paul Auster et ne peux résister au plaisir de citer un passage de La chambre dérobée : "Je ne veux pas revenir sans cesse là-dessus. Mais les circonstances dans lesquelles les vies changent de cours sont si diverses qu’il paraît impossible de dire quoi que ce soit sur un homme avant sa mort. Non seulement la mort est la seule véritable pierre de touche du bonheur (ainsi que le remarque Solon), mais c’est le... [Lire la suite]
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12 juin 2010

Combechave, 20 heures 21

L'espace s'entoure d'espace. Les forêts et les rochers se taisent. Le silence lui est suspect. Bréauté regarde, s'étonne, s'en va. Blanc et blanc cassé… Son bonheur se construit d'absences. Il respire le soleil. Des ombres l'accompagnent, le protègent. Il appelle les paroles qui apprivoisent le cœur. A quoi bon refuser d'être? En lui, tout doit et veut se réunir. Il sait que la terreur est un privilège. Quand il considère sa vie, il est épouvanté de la trouver informe. Il est mené du dedans par ses souvenirs, à mesure qu'ils ... [Lire la suite]
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20 avril 2010

Valbelle, 8 heures 31

Les champs sont minuscules et fragiles. Quelques pins solitaires torturés par la chaleur, le froid et le vent rappellent les rigueurs extrêmes du climat, il n'y a personne. L'horizon merveilleux équilibre l'espace sur l'espace. Devant lui le ciel caresse lentement le sol, derrière lui ciel et terre se fondent… Stries de vert-blanc. Il voudrait réinventer à partir d'elle-même la terre, l'air et le feu sans jamais être paralysé par leur beauté. Bréauté se sent soudain si fragile. Il ramasse quelques brindilles. Pas de surprise.... [Lire la suite]
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