11 janvier 2017

je n’ai plus guère de conversation

Quand je me regarde dans une glace et que — un peu incrédule — je vois le visage ravagé d’un vieil homme au regard perçant creusé sous d’épais sourcils blancs, aux rides profondes au-dessus d’une barbe blanche qui le font se rapprocher lentement des cercopithèques neglectus, je ne peux m’empêcher de revoir le visage poupin du garçonnet sourient assis sur la brouette blanche dont je me souviens même si je ne sais plus où elle était ou celui du jeune homme séduisant dans son costume prince de Galles… Parvenu au niveau du grand âge qui... [Lire la suite]
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04 janvier 2017

Maurice Roman

Je dois ici avouer en partie mon échec, je ne trouve pas assez de temps, comme mes quelques lecteurs ont pu le constater, à poursuivre l'entreprise que m'avait confié mon défunt ami Maurice Roman : mettre en forme son projet de roman "Ma vie ne regarde que moi, dont les textes sont publiés ici sous la catégorie Maurice Roman. Aussi, j'ai décidé de publeir les notes sur lesquelle je m'appuie, ce qui ne m'empêchera pas de poursuivre le travail d'écriture quand j'en aurai le temps. En voici une première livraison : *** Une fois que... [Lire la suite]
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25 juin 2016

son corps est un champ électrique

Ecoute, mon double, pleurer n'est pas facile. écoutez, je…. Écrire un récit n'est qu'un jeu: il n'y a pas de bonnes réponses. écrit dans un style confus, malade, presque pervers, il tente de se justifier: personne peut vraiment comprendre. écrit le baron au Chevalier. Effacer le losange rouge révélait un texte manuscrit d’une écriture maladroite, tremblante, presque apeurée. également ! Dieu protège les enfants qu’il aime. également à partir de la matière, le coupe Peter. également son ami le plus sûr. Eh bien. Eh bien voilà! Pas... [Lire la suite]
24 mai 2016

Faux-semblant

Par Stephen Pomus Les images du rêve se mêlaient à celles de l'espace. Carrefours — recule devant tout engagement profond ; a une imagination surprenante. Kafran n'a pas la réminiscence de ses paroles — le passé entrait par effraction dans le présent ; une impression complexe. Du temps a passé — tout se passait comme dans les cauchemars — on ne sait jamais... Chaque jour qui passe creuse le fossé qu’il s’est imposé de creuser ; les images venues du passé se mêlent dans son esprit aux vagues souvenirs d'une enfance lointaine. Comédie... [Lire la suite]
16 février 2016

mémoire, anecdotes et universel

Si aujourd’hui la mémoire oscille en moi, vibre comme une onde tantôt se révélant, tantôt s’occultant, il n’en était rien alors, mon enfance était encore toute proche et pour une part, c’est cette proximité qui me poussait à la déposer sur le papier car je craignais que, avançant dans le temps, les souvenirs qui m’étaient alors limpides ne s’estompent dans le temps. Un sentiment déjà fort de l’irrémédiable des pertes. J’avais bien entendu raison et, si je n’avais pas fait cela, je me rends bien compte avec le recul que je ne me... [Lire la suite]
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01 février 2016

débuts dans l'écriture

Je mesurais également combien il était prétentieux, à dix sept ans, de vouloir écrire son autobiographie même si j’avais décidé de limiter celle-ci à mon enfance et à mon adolescence mais je n’avais pas été non plus sans remarquer, au travers de mes lectures de Balzac, Maupassant, Dumas, Zola, etc… combien les ouvrages les plus célèbres et, surtout, les plus lus se cantonnaient dans des vies relativement banales comme si les lecteurs n’aimaient que les univers dans lesquels ils pouvaient se retrouver déléguant à des écrivains... [Lire la suite]
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24 janvier 2016

la vérité de l'écriture

Les jeunes écrivains ont des scrupules qui disparaissent avec le métier : en plus du comment et du pourquoi, je me demandai si je pouvais tout dire de ma vie. J’avais notamment abandonné l’idée que je pouvais encore faire quelque chose pour ma mère, je savais que je ne pourrais atténuer sa tristesse et l’amener vers autre chose espérant qu’enfin nous pourrions être tous heureux, mais j’avais quelque mal à mettre cette absence de scrupules sur la place publique, il me semblait encore que la littérature ne pouvait être que... [Lire la suite]
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30 novembre 2015

l'avant-guerre

En 1939, j’allais vers mes dix-sept ans, Lucien, mon père avait 40 ans. Même si la déclaration de guerre ne devait intervenir qu’un mois plus tard, sous-officier de réserve comme la plupart des instituteurs il fut rappelé sur les frontières du Nord-Est, dans le cadre de ce qui fut appelé « l’alerte rendorcée », par l’armée le 25 août 1939 comme « réserviste frontalier affecté aux unités de forteresse ». Je devenais officiellement l’homme de la famille et me trouvai en charge de ma sœur Andrée alors âgée de 15 ans,... [Lire la suite]
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08 novembre 2015

Une blessure

Nos souvenirs vieillissent comme nous, certains s’effacent, d’autres se transforment, ce dont nous croyons nous souvenir n’est souvent qu’une reconstruction de notre mémoire à partir du personnage que nous sommes devenus. Dont, pour ne pas tout oublier, parce que sans nos souvenirs nous ne sommes plus rien, nous en inventons sans cesse des fragments. Je ne garantis donc pas l’exactitude absolue de cette première rencontre avec un public mais si je ne peux avec exactitude me porter garant des noms des participants, de leurs visages, de... [Lire la suite]
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18 août 2015

Extase du chant des mots et des phrases

À cette époque-là je plongeais dans la lecture en eau profonde m’immergeant totalement dans les textes où je trouvais non seulement les possibilités d’autres vies mais l’ivresse des profondeurs du langage. Lisant, j’oubliais tout, ma vie, somme toute assez terne et insignifiante s’exaltait de celles qui, bien que ne m’appartenant pas, devenaient alors miennes. Je ne vivais pas par procuration les vies des personnages de mes diverses lectures, je les vivais vraiment comme dans une sorte de mystification mystique où ma personnalité se... [Lire la suite]
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