18 mai 2007
La daube
Wilfrid aimait la daube. Tous, dans le camping, le savaient et nul n’aurait songé un seul instant à contester une telle affirmation. Il avait même la daube si gourmande qu’il était hors de question qu’il ne la prépare pas lui-même.
Comme Antoine ne lui faisait plus crédit depuis longtemps, dès qu’il avait un peu d’argent, dès qu’il avait réussi à apitoyer un nouvel imbécile, à plumer un nouveau pigeon ou encore — et c’était le plus fréquent — à grapiller pièce à pièce une somme qu’il jugeait suffisante, il se préparait à sa fête gloutonne. Un bon kilo de macreuse mise à mariner dans un demi-litre de gros vin rouge avec un bel oignon, deux clous de girofle, un bouquet de thym et de laurier (qu’il allait cueillir lui-même dans la garrigue environnante), une gousse d’ail, deux cuillerées à soupe d’huile d’olive vierge — de préférence car dans l’ambiguïté du terme il retrouvait à chaque fois quelque chose d’une impulsion érotique. Il laissait macérer le tout dans un vieux grand saladier de faïence bleue qui lui venait d’il ne savait où et son plaisir commençait.
L’odeur pesante, épaisse, un peu fruitée, de viande et de vin mêlés d’épices prenait, pendant les heures qui suivaient, malgré les multiples coulissures d’air de sa caravane délabrée, pleinement possession de l’espace restreint et encombré.
20 mai 2007
Une intrusion dans la daube
Lorsqu’il faisait macérer sa daube, Wilfrid d’Eurymédon ne mettait pas le nez hors de sa caravane préférant s’imprégner des évolutions lentes du fumet du plat en préparation. Il se préparait ainsi mentalement au rituel de la cuisson.
Ce jour-là, il était là, emmitouflé dans sa vieille bergère crevée, confit dans l’odeur puissante, attendant avec une délectation fébrile le moment où il commencerait à faire roussir les petits cubes de poitrine de porc qu’il avait d’abord soigneusement découpés quand, sur le fond sonore permanent qu’était le camping, il entendit approcher des voix. Il reconnut celle d’Antoine Gambier, le patron, accompagné de deux inconnus.
Wilfrid n’aimait pas les visites qui ne lui apportaient jamais rien de bon. Or, dans ce coin isolé qu’en échange de menus services, lui concédait Antoine, il n’y avait aucun autre occupant, personne en effet ne parvenait, comme lui, à ignorer les odeurs nauséabondes de la rivière-égout toute proche, les explosions des trains de marchandise qui, à chaque passage, agitaient sa caravane et le tonnerre permanent des poids-lourds sur le pont autoroutier qui lui doublait son toit. Jamais personne ne venait traîner par là et même les jeunes en quête de coins tranquilles pour leurs exercices sexuels, n’auraient pas eu l’idée saugrenue de tirer parti de ce lieu méphytique.
Aussi Wilfrid ne fut-il pas surpris d’entendre frapper à sa porte…
10 juin 2007
Ça cogne
Aussi Wilfrid ne fut-il pas surpris d’entendre frapper à sa porte…
Bien que sans illusions, il fit d’abord le mort ; tentant le tout pour le tout, il feignit l’absence. La voix d’Antoine ne lui laissa aucune illusion sur l’efficacité de sa ruse : Fais pas le con Wilfrid, je sais qu t’es là…
Il n’y avait rien d’autre à faire qu’ouvrir la porte ; Antoine était accompagné de deux flics… Antoine l’avait déjà habitué à diverses surprises, mais là, vraiment, Wilfrid attendait de comprendre.
Wilfrid d’Eurymédon, c’est vous ? demanda le plus jeunôt des deux, assez grand, plutôt baraqué, petite moustache fine et mouche sous la lèvre inférieure. Bêtement (pouvait-il faire autrement ?), Wilfrid répondit : oui…
Vous permettez, dit le gamin qui, suivi de son collègue (un homme d’une quarantaine d’années légèrement ventru, visage coulant de sueur), sans attendre la réponse à une question qui dès lors était formelle, entra dans la caravane. et, se tournant vers Antoine, ton assuré de celui qui sait détenir l’autorité, ajouta : Merci monsieur Duruit, nous n’avons plus besoin de vous… Antoine partit à contrecœur.
L’odeur de marinade donnait du corps à l’air trop chaud mais cette épaisseur olfactive rassérénait Wilfrid. Il n’avait rien — du moins pas grand chose — à se reprocher mais savait que sa conception de la légalité était assez floue ; rien ne lui interdisait de craindre que quelqu'un, quelque part, n’avait pas apprécié l’un ou l’autre de ses chapardages. Attendant de comprendre d’où venait le danger, il attendit…
13 juin 2007
Faire part
Les flics, sans l’air conquérant que d’habitude ils arboraient lorsqu’ils prenaient un voleur de sac de vieille dame ou un automobiliste ayant oublié d’attacher sa ceinture, ouvrirent la bouche, du moins c’est le jeunot qui commença : Diane Mille, dite La Beude, vous connaissez ?
Wilfrid connaissait. Bien sûr qu’il connaissait, ils avaient même été mariés, vraiment mariés… Monsieur le Maire, Monsieur le curé… tout le schtroumpf. Depuis trente ans ils étaient mariés et vingt-sept qu’ils ne vivaient plus ensemble. Pouvait rien contre ça… Qu’est-ce qu’elle avait bien pu foutre La Beude ?
Le jeunot en uniforme continuait : Elle est morte, on savait pas trop comment vous le dire… On l’a trouvée morte chez elle hier après-midi. Enfin, chez elle… disons là où elle vivait. Le flic plus âgé poursuivit : On a trouvé un stock de cartes postales du camping alors on e pensé venir voir. Il avait l’air très fier de la finesse de sa déduction. En tous cas, il avait raison, ça avait marché. L’autre ajouta : et un livret de famille avec votre nom. Maintenant ils faisaient un duo, leurs paroles se relayaient dans l’odeur de daube : Le patron du camping a pensé que Wilfrid d’Eurymédon ça pouvait être vous… Et nous sommes venus… Peu à peu, ils prenaient de l’assurance, la fierté de leur raisonnement illuminait leurs visages, leurs corps se détendaient, occupait davantage d’espace dans la caravane.
Wilfrid, comme d’habitude, ne disait rien. Il attendait encore et l’odeur lourde rappelait la daube qu’il aurait été maintenant nécessaire de commencer à préparer. Et puis il pensait à La Beude : qu’est-ce qui lui avait pris de crever comme ça, sans prévenir ?
22 juin 2007
Une odeur de flic
Il y avait bien quinze jours que Wilfrid n’avait pas vu La Beude. Il ne se souvenait même pas comment elle était ni trop ce qu’ils avaient fait… à part l’amour, ils faisaient toujours l’amour mais ça ne comptait pas vraiment, elle le faisait avec tout le monde, vite fait, bien fait, un pur exercice de politesse : bonjour, comment ça va, on baise, salut, à bientôt…
Va falloir songer à débarrasser toutes ses co… tous ses trucs… ajouta le flic jeunot vaguement menaçant… Vous savez qu’elle était pas chez elle ?
Comment qu’elle set morte, le coupa Wilfrid ?
Le flic continuait sur sa lancée, Wilfrid ne comptait pas, l’autorité c’était lui : elle occupait illégalement cet appartement, vous avez vingt quatre heures pour tout débarrasser, sinon…
Comment qu’elle est morte, répéta Wilfrid ?
On sait pas consentit à dire le flic bedonnant, nous on sait pas, faut demander à l’inspecteur Norpois. C’est lui qu’est chargé de l’affaire, passez au commissariat pour ça.
Bon, salut, coupa le jeunot… Pensez à débarrasser, c’est urgent…
L’odeur de marinade mêlée à celles de la rivière, de Wilfrid ainsi qu’a des remugles plus anciens et moins identifiables semblait les préoccuper quelque peu : les flics s’en allèrent. De toutes façons, ils ne voyaient pas pourquoi ils se seraient attardés là. Ils laissèrent la porte ouverte.
27 juin 2007
Une histoire d'amour
Wilfrid se dit qu’il allait enfin pouvoir s’occuper sérieusement de la préparation de sa daube : il mit la poële sur le camping-gaz qu’il régla à très petit feu doux, mesura deux cuillerées d’huile d’olive extra vierge puis, quand elle commença à gazouiller, y versa les petits cubes de poitrine de porc qu’il avait préparés. Une nouvelle odeur légèrement acide de graisse fondante prit place au-dessus des autres. Wilfrid respira profondément…
Pourquoi La Beude est-elle morte se demanda-t-il à voix haute ?
Il savait bien qu’il n’aurait pas de réponse mais la question lui était venue comme ça, naturellement.
Wilfrid avait connu La Beude dans les années cinquante alors qu’il était ouvrier pâtissier : elle avait dix-huit ans, lui aussi. Elle était dactylo dans une petite boîte d’assurances. Rien d’original. Il n’y avait pas de raisons, depuis leurs naissances ils étaient voués au manque d’originalité : petite ville, familles des plus modestes, frères ou sœurs normaux, petites études, petits métiers, petites vies à venir ; vie de quartier, repas de familles, cinémas ou bals du samedi soir, fêtes foraines et de village… Une vie normale de gens normaux sans risque réel de dérapage. Ils se connaissaient vaguement depuis toujours habitant le même pâté de maisons modestes dans des rues identiques, meublées de la même façon…
Un jour de printemps, sous les platanes, ils s’étaient regardés davantage que d’habitude et ce qu’ils avaient vu ne leur avait pas déplu : ils avaient décidé d’engager un amour éternel construit par des rendez-vous successifs, de fausses cachotteries, de petites jalousies entretenues, de petits cadeaux, de flirts, d’abord dans la salle de cinéma de la ville, puis dans les bois alentours, derrière les rhododendrons du jardin public… Enfin, toute la panoplie indispensable du rituel amoureux. Vigueur des sens aidant, ça n’avait pas mal marché. Après un délai raisonnable de dix-huit mois (indispensable pour les économies) ils décidèrent ne plus pouvoir vivre l’un sans l’autre. Ce postulat convenait aux familles. Ils s’unirent pour le meilleur : le pire n’était pas au programme…
30 juin 2007
Le parfum de la daube
Les cubes de poitrine étaient maintenant légèrement fondus et rissolés. Wilfrid prit sa cocotte de fonte, la posa à la place de la poêle sur le camping-gaz qu’il éteignit, posa sur le fond deux couennes de lard gras puis sortit de la marinade tous les morceaux de viande. il les égoutta soigneusement et, après les avoir roulés dans de la farine, les déposa sur les couennes. Il jeta l’huile cuite de la poêle, essuya dans un torchon les cubes de poitrine rissolés, les ajouta dans la cocotte. Une légère pincée de sel, un bouquet garni. Il arrosa de marinade, posa soigneusement le couvercle sur la cocotte, régla à feu doux la flamme du camping-gaz. Plus tard, il préparerait la purée de pommes de terre… Maintenant il devait attendre quatre bonnes heures. Mais ce n’étaient pas des heures perdues, doucement déjà le chaleureux parfum généreux de la daube s’installait. Wilfrid ferma la porte de sa caravane: il n’était pas question de perdre une part de ce plaisir là.
Il s’enfonça dans sa bergère, tirant légèrement sur ses bras, il bailla bruyamment, se préparant à une voluptueuse attente.
Pourtant ce n’était pas si simple car si d’habitude l’anticipation du plaisir de sa dégustation de la daube l’occupait tout entier, ce jour-là le souvenir de La Beude lui jouait un mauvais tour, il devait reconnaître que la nouvelle de sa mort l’attristait et réveillait en lui bien des sentiments qui perturbaient ses routines de vie.
06 juillet 2007
De la vérité des récits
Pause de l’auteur : j’ai souvent constaté que ce qui manquait à mes lecteurs n’était pas leur capacité à construire par eux-mêmes une fiction (ils sont pour cela bien assez intelligents…) mais la faculté d’imagination qui permet de se projeter dans un monde inexistant et, par le seul miracle de l’usage des mots, de lui donner de la vraisemblance. Cela vient, la plupart du temps, d’un simple manque d’observation ou, plus exactement de curiosité devant les événements réels du monde réel à travers lequel ils passent comme des chevaux que leurs œillères interdit d’avoir toute vision latérale.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, tout ce qui est rapporté dans le récit intitulé « Wilfrid », comme dans mes autres d’ailleurs, est vrai, je n’ai rien inventé et me suis contenté, lisant chaque jour un — ou deux…— quotidien et parfois quelques magazines, de relever des événements du monde réel qui me semblaient, pour une raison ou une autre, intéressants ou significatifs et de les collationner pour, au fur et à mesure de l’avancée de mes récits, en faire un tout qui semble logique et cohérent alors qu’il ne s’agit que de collages.
Désormais, donc, je ne donnerai que ces fragments laissant l’éventuel lecteur libre de les introduire où bon lui semble dans tel ou tel récit où chacun d’eux pourrait, au moyen d’aménagements de détails comme les changements de noms de personnages et de lieux, l’harmonisation des dates, l’introduire dans la trame d’un récit en cours. Tous ce qui suivra est donc strictement authentique et vrai…
Je commence :
Personne ou presque ne se souciait plus de La Beude, Wilfrid était certainement la dernière personne qui ait encore pour elle un sentiment quelconque. Officiellement toujours son mari, il lui fallait s’occuper de sa sépulture mais, depuis longtemps déjà, Wilfrid ne savait pas ce qu’était l’argent. Il en avait bien eu un peu autrefois, il lui arrivait bien encore de voir passer quelques pièces entre ses mains mais, de l’argent véritable, celui qui donne de la tranquillité devant les aléas de l’existence, renforce la confiance en soi, donne de l’assurance et parfois même de la morgue, il n’avait jamais su ce que c’était. Aussi Wilfrid était le roi de la débrouille. Pas question pour lui de payer un cercueil, il se mit en quête d’une caisse de bois qu’il finit, après deux ou trois jours de recherche, à trouver chez un ferrailleur de ses amis. Celui-ci la lui donna par simple compassion. La caisse n’était pas vraiment oblongue mais La Beude n’était pas vraiment grande et le corps de l’une devait pouvoir entrer dans le corps de l’autre. Il lui fallut cependant deux autres jours pour trouver le moyen de transporter ce cercueil de fortune au lieu où attendait le cadavre et l’on doit à la vérité de reconnaître que s’il commençait à évoluer de façon déplaisante, Wilfrid réussit à introduire l’une dans l’autre puis à clouer la caisse. Ce n’était que partie du chemin. Encore fallait-il transporter le tout dans un lieu où son enterrement était possible et de cela, Wilfrid ne savait rien… Il traîna de bar en bar, de troquet crade en troquet louche pour obtenir les renseignements qui lui étaient nécessaires. Il apprit ainsi qu’il y avait, dans un village des environs, une mine d’or désaffectée que la compagnie exploitante était en train de réhabiliter en « zone paysagée » et que, à cette fin, chaque jour, des tonnes de terre étaient remuées. Wilfrid comprit qu’il tenait là sa chance. Restait le transport à trouver, de préférence dans des conditions de discrétion exemplaires.
13 juillet 2007
Les surprises d'un cadavre
Résumé de la suite: Wilfrid et un vague copain qu'il a soudoyé avec une caisse de bière vont s'occuper d'enterrer La Beude mais, au moment de mettre le corps dans la caisse qu'ils avaient choisie, le corps, resté trop longtemps abandonné, explose dans un grand bruit de pet foireux. Les vêtements de La Beude se tachent d'un liquide visqueux et nauséabond. Les deux bonhommes utilisent toutes les couvertures qu'ils trouvent dans la maison pour envelopper le tout et l'enfermer dans la caisse avec tous les désodorisants qu'ils peuvent récolter dans la maison: boules à odeur d'océan, plaquettes à odeur de menthe, spray à odeur de violette, plaquettes pour WC à odeur indéterminée. Le tout fait un mélange étrange mais moins désagréable que l'odeur originelle. Ils sont prêts pour l'enterrement.
Mais…
La recherche de tous ces produits olfactifs leur a fait fouiller de fond en comble le désordre immense de la vieille bicoque de La Beude. Ils y ont passé du temps. Ils se sont pris au jeu, ont un peu oublié leur objectif initial d'autant qu'ils ont eu quelques surprises: une bouteille de vieux marc perdue au milieu de produits d'entretien, une caisse de "pelure d'oignon" sous un tas de vieux chiffons, le cadavre complètement desséché d'un chat dans un coffret marocain sur une étagère, des tas de photos d'hommes plus ou moins nus dont quelques unes de Wilfrid prises alors qu'il était encore jeune et fringant (une notamment où il pose nu sur un rocher dans la position du penseur de Rodin avec au dos l'inscription "Huelgoat"), des préservatifs abandonnés un peu partout, certains contenant ce qui devait être du sperme desséché (c'est du moins leur hypothèse), d'autres à l'état neuf dans leur sachet, d'autres abandonnés comme de vieilles rondelles de saucisson. Bref tout un bric à brac qui met Wilfrid face à une multitude de souvenirs et dont il aimerait bien parler avec son assistant, mais celui-ci ne s'intéresse qu'aux liquides et consomme allègrement le vieux marc.
[Tout ceci pourrait être décrit sur plusieurs pages et permettrait d'introduire des romans dans le roman, notamment un qui pourrait se passer partiellement en Bretagne et où Wilfrid jouerait un rôle]
Mais ils n'ont pas trouvé que ça.
19 juillet 2007
Fouilles
Bref, on aura compris qu’ils se mettent à fouiller la bicoque et qu’il en oublient un long moment le cadavre maintenant enfermé dans sa caisse mais dont les jus et émanations commencent à déborder du contenant (ils finiront par « l’enterrer » plus tard dans l’ancienne mine), mais c’est une autre page qu’il faudrait aussi écrire. Cependant Wilfrid et son copain (appelons-le Ulf) sont habitués aux odeurs fortes et celle-ci, mêlée aux autres puanteurs de la bicoque ne les gêne pas, une écriture de ce moment du récit pourrait être :
« …et Wilfrid ouvre un coffre enfermant un désordre de coupure de presse et se presse de tout vider vidanger ces milliers de faits d’hiver accumulés hiver comme été au fil du temps jaunis froissés fripés au milieu de fripes sales graisseuses grâce auxquelles La Beude devait se torcher de ces torchons de papier qu’elle ne payait jamais mais récupérait dans poubelles ordures déchets journaux pas à jour mais au jour le jour découpant déchirant on ne sait pourquoi telle ou telle page sur laquelle était relaté tel ou tel fait frelaté sans intérêt pour quiconque sinon pour elle par exemple la vie de cette vielle femme oubliée morte pendant deux ans dans son appartement et retrouvée là desséchée sèche dans une espèce de cave caverne creusée dans un amoncellement de journaux dont l’étude montre qu’ils ont été accumulés comme fait une souris son nid autour d’elle depuis ses vingt ans tant elle avait souffert d’être abandonnée par son amant aimant d’alors et… »
J’arrête car l’écrire prend du temps et j’ai tant d’autres choses à rapporter sur l’enterrement de La Beude. Celui-ci accompli, Wilfrid paie Ulf avec des vieilles bouteilles d’alcool plus ou moins entamées trouées sur place et se promet de revenir. Nous verrons qu’il reviendra parce que la police veut qu’il vide l’appartement (il est toujours officiellement le mari de La Beude, donc son unique héritier connu) et que cela aura une grande importance pour la suite à venir du récit.
