16 octobre 2015

la poésie est partout à qui sait la voir

Il sait qu’après tout ce qu’il vient d’apprendre il lui sera difficile de trouver le sommeil, décide de se promener le long du fleuve où défilent des sampans éclairés par une simple lanterne. Décidément, pense-t-il, la poésie est partout à qui sait la voir, ce spectacle d’archaïques sampans glissant lentement entre les deux couches d’eau noire, de la pluie et du fleuve, les faisant apparaître comme flottant dans l’indéfini d’un espace illimité n’est-elle pas symbolique des destinées humaines qui vont lentement, en aveugles, vers des... [Lire la suite]
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22 novembre 2014

une pelote de désordres absolus

Peter se sent pris dans l’incertitude et l’angoisse comme dans les tentacules gluants d’une pieuvre géante ou dans la masse visqueuse, mucilagineuse, de la boue d’un marécage. Une immense lassitude tombe sur lui en trombe d’orage. Lui qui prétendait toujours maîtriser les situations les plus diverses, voilà que, soudain, de façon inattendue il s’aperçoit qu’il ne maîtrise rien, qu’il n’a jamais rien maîtrisé, que le passé le rattrape avec la vitesse d’un buffle lancé au galop. Il croyait s’être passé à jamais d’un père mais un père... [Lire la suite]
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16 novembre 2013

Perplexité

« Comme vous voyez, la poésie mène à tout et peut naître de tout. Rien ne me prédestinait à devenir colonel de l’armée de libération vietnamienne, rien ne vous destinait à me rencontrer mais quand, comme je le fais chaque fois que nous invitons des étrangers, j’ai vérifié la liste des participants au congrès et que j’ai vu votre nom, je me suis renseigné sur vous et j’ai vu que vous dirigiez une revue et un festival de poésie, j’ai su que le destin frappait encore une fois et que je devais vous rencontrer le plus discrètement... [Lire la suite]
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10 mai 2013

fuite

« Donc, reprend le colonel posant son verre sur la table, vous êtes le fils de Jack Peterson et d’Émily Cline… Il s’interrompt : je vois que ça vous intéresse… » « Bien sûr mais je ne vois toujours pas en quoi ça vous concerne et où vous voulez en venir… » « C’est simple dit le colonel, maintenant que les bases sont posées, je peux accélérer. En 1963, un an après votre naissance, votre père, qui fréquentait quelques voyous, est impliqué dans un hold-up minable à Scarborough. Dénoncé par un complice qui,... [Lire la suite]
20 octobre 2012

Destins

Je comprends, la situation est en effet insolite, poursuit le colonel souriant: vous êtes invité, vous ne savez pas trop pourquoi à un congrès sur la langue française qui se tient à Hué, au Vietnam où vous croyez n’avoir aucun lien. Votre contribution à ce congrès, si l’on peut appeler cela ainsi, est des plus fantaisistes et vous regardez tout cela comme un spectacle un peu ennuyeux, vous vous promenez dans une ville exotique qui doit vous apparaître plus comme un décor de film que réelle, un individu que vous ne connaissez pas, qui... [Lire la suite]
26 juin 2012

La guerre du Vietnam

—   Continuez dit Peter car si je comprends bien maintenant ce qui me relie à Maurice Roman et Ronald Cline, je ne vois toujours pas pourquoi vous intervenez dans cette histoire familiale. — J’y viens, dit le colonel. Il regarde le plafond quelques secondes, laisse passer un groupe de touristes allemands à la voix forte qui se dirigent vers le bar. — Voilà, dit-il, il arrive souvent que des histoires qui paraissent sans importance rencontrent l’histoire avec un grand H qui, dans son tsunami, emporte tout sur son passage. Je... [Lire la suite]
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01 juin 2012

Généalogie de Peter Peterson

—   Le colonel attendit un court instant comme s’il espérait que Peter réagisse mais Peter avait une longue habitude de la maîtrise de soi et comme il ne votait toujours pas où son interlocuteur voulait arriver, il ne dit rien. Le colonel poussa prit une légère inspiration, regarda Peter : Bon, dit-il, si vous n’êtes pas perdu dans ces relations de parenté, je peux poursuivre. Ce n’était pas vraiment une question, plutôt une affirmation. — Allez-y, dit Peter. —Il faut que je mette un peu d’ordre dans tout ça pour que... [Lire la suite]
23 mai 2012

Histoire de famille

— Mon récit doit même commencer en 1899, année de la première conférence de la paix à La Haye, de la seconde guerre des Boers et… Peter Peterson l’interrompt : — Je ne suis pas venu pour un cours d’histoire. De plus, vous me parlez d’abord de 1923, maintenant de 1899, j’ai comme l’impression que vous vous moquez de moi ! — Ne vous fâchez, dit très doucement le petit homme, ne vous fâchez pas, je vais aller vite, laissez-moi continuer, vous comprendrez à la fin, ce ne sera pas long, mais vous savez tout être est le... [Lire la suite]
13 mai 2012

Peter et le colonel

— L’histoire que je veux d’abord vous raconter est complexe, presque incroyable, mais elle est véridique. C’est l’histoire d’une vie personnelle qui, comme les poupées russes, se trouve enfermée au cœur d’histoires qui la dépassent de plus en plus. Le petit homme, s’interrompt, tient sa tasse de thé enfermée dans la coupe de ses deux mains, il contemple le liquide fumant puis lève les yeux sur Peter. Un temps, il laisse peser le silence, reprend : si toute histoire a un début, il est parfois bien difficile de savoir quel est le... [Lire la suite]
09 avril 2012

Professeur et colonel

Le petit homme marche vite, perfore la masse compacte de la foule comme si elle n’avait aucune consistance et, à plusieurs reprises, Peter craint de le perdre mais son guide semble attentif qui, chaque fois, s’arrête feignant de regarder un des innombrables étals de pauvres marchandises qui jalonnent les rues.  Enfin il pénètre dans le Gerbera Hué Hotel, grand building qui se veut moderne sans charme d’une architecture semblable à celle de l’ex-Allemagne de l’Est. Des touristes, américains pour la plupart, entrent et sortent sans... [Lire la suite]