11 septembre 2005

Un moment d'Argencourt

La modulation musicale du téléphone, interrompant le mouvement molto vivace de la Suite châtelaine de Georges Enesco, le tira de ses réflexions. Il décrocha et vit que, du trottoir, un enfant d'une dizaine d'années le regardait avec curiosité. Cela ne lui déplut pas. On lui confirmait le rendez-vous à déjeuner. Il en profita pour vérifier son emploi du temps de l'après-midi et raccrocha alors que le feu du boulevard Arago passait au vert. Au moment même où, pour traverser, il accélérait une moto lui coupa la route; pour éviter de la... [Lire la suite]
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10 septembre 2005

Difficultés de la recherche

Roland supprime les adverbes «abondamment», «amplement» et «vraisemblablement», met la parenthèse en note, réécrit le fragment de phrase «les travaux de cet écrivain mineur […] ont été parmi les premiers» en «cet écrivain a été un des premiers». Bien qu’il ait choisi le paramètre «style scientifique», le style du texte ne lui convient pas parfaitement. Il est loin d’en être aussi fluide que ce qu’il l’aurait souhaité. Les rédacteurs automatiques sont utiles mais perfectibles. Il poursuit sa lecture:«Les difficultés inhérentes aux... [Lire la suite]
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09 septembre 2005

9 heures : du Tomple à l'aplomb de Montbrun

Le paysage lui est infini, la campagne s'effondre dans une douce mollesse. Un petit oiseau, pas plus gros qu'une tâche d'ombre sous l'une quelconque des fleurs chétives du paysage, vole devant lui. Plus loin l'ombre de son grand-père, laguiole à la main, se penche vers la terre, cueille des oreillettes dans l'herbe presque rase. Le coassement d'un corbeau trahit l'épaisseur du malheur. Sa gorge est douloureuse de cette langue qui ne sait se dire. Il aspire à l'éternité, préfère cependant son temps. Le soleil paraît sans mouvement. Ses... [Lire la suite]
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08 septembre 2005

Où l'on fait connaissance avec Charlus

Parce que, de sa chambre d’hôtel, elle prenait, dans la nuit, une apparence magique, Charlus, dès l’ouverture des portes, était monté au sommet de l’immense coupole de verre qui domine le bâtiment du Reichstag. Déçu cependant par la lourdeur kitsch du pilier central semblable à une pièce montée de miroirs et par l’absence totale de transparence sur la salle de l’assemblée, il n’avait fait qu’un tour rapide de la spirale intérieure se contentant de se repérer dans le quadrillage des rues de Berlin depuis la porte de Brandebourg,... [Lire la suite]
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08 septembre 2005

Vie d'Argencourt

Passé le pont sous le périphérique, parce que le camion continuait tout droit, il prit rue des longues raies, boulevard Kellerman, rue Cacheux à droite et tout droit rue Barrault. Celle-ci, après la place de Rungis, coupée par des travaux, il bifurqua à gauche rue Boussingault puis à droite rue Vergniaud. Il se souvint avoir cherché dans le « Dictionnaire encyclopédique Quillet » — édition de 1935 léguée comme un trésor par ses grands parents et que, pour cette raison précise il chérissait particulièrement- les notices des... [Lire la suite]
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07 septembre 2005

8 heures 06 : de Pradals aux falaises au-dessus du Temple (Bréauté 02)

Devant lui la roche s'arrête brusquement, tombe à pic; des sapins contorsionnés s'accrochent aux bords… Le chemin de sa mémoire est tortueux. Bréauté a besoin de parler à ces gens qu'il ne connaît pas, même s'il redoute leur rencontre. Personne : il est dans la nature des lieux où même les serpents se sentent seuls.  La nature humaine le fait sourire, il voudrait un langage sauvage. Il rêve que les mots puissent prendre le goût intérieur des herbes. Il attend quelque chose, ne sait quoi, mais attend… Il noue en lui les... [Lire la suite]
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07 septembre 2005

Un début de texte

Norpois valide ces informations puis attaque avec avidité la lecture du premier sous-chapitre : «Comme les chapitres précédents, notamment le 2 l’ont amplement démontré, et bien que commentateurs présentent ce fait comme une légende, le rôle de M Hodges en tant que fondateur de la littinfo est indéniable. Il a été abondamment prouvé ici que les travaux de cet écrivain mineur de la deuxième moitié du vingtième siècle et du début du vingt-et-unième (rappelons que sa disparition date vraisemblablement des alentours de 2020, date... [Lire la suite]
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06 septembre 2005

La vie d'Argencourt

Peu à peu, la circulation se densifiait. Malgré le plaisir inépuisable que lui procurait l'écoute parfaite de la musique, il détestait se trouver immobilisé sur une autoroute. S'étant, au fil des ans, patiemment, constitué un catalogue d'itinéraires de dérivations pour se tirer toujours d'affaire, il prit, aux abords de Paris, la sortie d'Arcueil. En dépit de la succession de feux rouges qui ralentissaient sa progression et l'émotion que lui procura un cycliste coupant inopinément sa route, il eut, longeant l'autoroute, la... [Lire la suite]
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05 septembre 2005

7 heures 15, Valbelle

L'espace s'entoure d'espace… Lui se tient dans le silence devant cet arrangement qui est fait depuis toujours. La mort n'a jamais tué personne. Pierres. Rien, l'agitation en lui-même, les minutes, les secondes, le vent. Tout lui parle par signes. Il pense aux milliers d'hommes qui autrefois habitaient ces terres, aux longues listes de noms sur les petits monuments aux morts des villages. Il est poussé, regarde autour de lui, se dit des paroles qui lui apprivoisent le cœur. Quelques pins solitaires torturés par la chaleur, le... [Lire la suite]
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03 septembre 2005

Un moment dans la vie d'Argencourt

Ce que dit la phrase suivante est vrai.Ce que dit la phrase précédente est faux.Petit paradoxe logique Après une demi-heure de course à pied dans les allées givrées du parc, une douche, il a sorti sa voiture aux environs de neuf heures trente. France-musique diffusait un extrait d'Ulysse, opéra intertextuel de Luigi della Piccola dont l'écriture totalement symétrique s'apparente à celle, sérielle, de Schönberg. La journée promettait d'être belle. Le brouillard enfermait le château et les rues de la ville dans une étale ... [Lire la suite]
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