04 décembre 2015

Un testament

Rédiger son testament, tel avait été le conseil de son notaire alors qu’il venait d’atteindre ses quatre vingt ans. Il venait de se lever, il était un peu plus de sept heures, les merles s’étaient tus depuis un moment déjà, le temps était magnifique, le soleil en cette matinée d’été illuminait déjà la véranda dans laquelle il prenait son petit déjeuner et de légères odeurs d’herbe, tondue la veille au soir, maintenait encore une légère impression de fraîcheur. Marc Antoine Deschamps avait retrouvé dans ses tiroirs un de ses cahiers... [Lire la suite]
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02 décembre 2015

Berce, Eupatoire et Épilobe

Berce Le ciel ne croit plus en rien, arrive alors la la Berce. Les fleuristes (qui, comme les musiciens, ne sont pas botanistes) confondent la Berce moderne avec la Mandragore douce-amère. Les nordiques de l'ouest sont les seuls à désigner la Berce (Reseda archangelica) sous le nom de Vipérine atroce. Sous les cieux nocturnes caressés par les derniers rayons du soleil est le moment préférentiel. Elle vit à la limite des bois. Sa floraison intervient la plupart du temps en Mars, parfois en février. Sa fleur lorsqu'elle est étonnante... [Lire la suite]
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30 novembre 2015

l'avant-guerre

En 1939, j’allais vers mes dix-sept ans, Lucien, mon père avait 40 ans. Même si la déclaration de guerre ne devait intervenir qu’un mois plus tard, sous-officier de réserve comme la plupart des instituteurs il fut rappelé sur les frontières du Nord-Est, dans le cadre de ce qui fut appelé « l’alerte rendorcée », par l’armée le 25 août 1939 comme « réserviste frontalier affecté aux unités de forteresse ». Je devenais officiellement l’homme de la famille et me trouvai en charge de ma sœur Andrée alors âgée de 15 ans,... [Lire la suite]
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28 novembre 2015

la réponse est "oui"

76 homopaysage quelques grands arbres il n'y a pas plus bleu que le bleu de ce ciel les rares lumières se dissolvent dans la pâleur de la nuit le ciel prend une couleur de noix lumière au couteau la mer continue de ronger quelques nuages apparaissent inquiètent un instant le bleu céleste le ciel est une menace toujours la mer est toute en surface l'ombre bleue des nuages file au loin la mer — le long du sentier — reste silencieuse la mer s'occupe du paysage l'été semble interminable il n'y a plus qu'un énorme silence cris des... [Lire la suite]
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22 novembre 2015

Justice et autres…

Si un homme n'a pas exécuté l'ordre d'un intendant, qu'il aille en personne au palais, qu'il s'abstienne de vin jusqu’à ce qu'il se soit expliqué et qu'il reçoive sur son dos notre châtiment... La main brûlée est enfermée dans un sac de cuir par le juge qui regarde la plaie trois jours plus tard. Une belle plaie prouve l'innocence. Le droit ne peut venir du peuple — Quiconque manquera à la fidélité qu'il doit au roi, sera mis à mort... Seule la justice séculière peut appliquer les châtiments corporels ; les évêques, comme le veulent... [Lire la suite]
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21 novembre 2015

Quatre animaux

Quand les arbres perdent leur écorce dans la lourdeur du vent, apparaît le mélange de chouette et de vipère (ou Tatzelwurm) qui vit quelque part où sur les sols riches en porphyres pousse l'épeautre ainsi que là où l'horizon paraît proche ou affreusement lointain. L'écrivain John M. Balpe a fait du Tatzelwurm un personnage central de ses romans ; parfois un Tatzelwurm peut être vaincu et dompté par un homme. Pendant le jour sa vue est faible. Cette créature est si lourde que sa marche fait trembler la terre. Son corps se termine par... [Lire la suite]
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20 novembre 2015

Il attend qu’elle dise quelque chose

Il ne savait plus que faire. Devait-il lui avouer, tout de suite, au milieu de la foule se dirigeant vers les trains, qu’il était tombé amoureux d’elle, qu’il ne voulait pas la perdre, essayer de la retenir ? Des phrases se forment dans sa tête : « Ne partez pas, restez avec moi, je vous aime, ne me quittez pas, ou promettez moi de me rejoindre, permettez-moi de vous rejoindre plus tard… » Mais pourquoi plus tard, il sait qu’à cause de sa sonde il ne peut rien lui offrir maintenant, qu’il ne se sent pas le droit de... [Lire la suite]
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19 novembre 2015

je n'ai jamais rien tant aimé que vous

51 Comment, chère Rachel, vous taire la vérité — je n'ai jamais rien tant aimé que vous, si vous étiez persuadée de mes pensées, vous comprendriez mon ambition — oubliez Espéranza... Pourquoi faut-il qu'il y ait de temps en temps tant de différences dans les compréhensions — j'attendrai de vos nouvelles avec impatience et je n'aime la vie que pour la passer avec vous ; vous seule me tenez lieu de tout. Vous m'êtes toujours présente, toujours je vous vois, toujours je vous dis tant, tant de choses, mais toutes jetées au vent — je... [Lire la suite]
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18 novembre 2015

Il n'y a partout qu'assassinats, crimes de toutes sortes.

Oriane Proust cherche des indices, des regards qui confortent ses notions. Une mémoire lui revient en mémoire... Elle a toujours ressenti l'idée d'être au-dessus du vide, au-dessus de quelque chose comme un précipice qui l'effraie... Elle regarde lentement, attentive, la foule ; elle rêve d'un amour de costume de tergal... Oriane Proust ne sait pas vraiment ce qu'elle attend... à ses côtés, se retrouvait la petite fille de jadis au rire si cristallin... Elle ne parvient pas à faire une différence bien nette entre ses souvenirs et son... [Lire la suite]
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17 novembre 2015

Entre Anilhac et Caussignac vers 15 heures

Il sait les paroles mortes. Comme de vieux plumets dérisoires, des silhouettes d'arbres malingres soulignent les crêtes des collines. L'espace s'entoure d'espace. Il aimerait savoir tout réinventer. La terre a ici une pudeur extrême. Les herbes, parcimonieuses et fragiles, se protègent. Les passions qui l'entourent lui montent à la tête. Trop absurdement profondes, les vallées sont autant de frontières. Vers où sont-ils allés. Le paysage se parle dans sa tête. De petits nuages passent dans le ciel du soir, par groupes de deux ou... [Lire la suite]
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