02 juillet 2006

La parole est un art de silence

Vous regardez le paquet qu'elle a posé sur le lit. C'est une pile de feuilles de papiers écrites avec l'instrument qu'on a autrefois appelé une machine à écrire. Vous entendez quelques bruits d'eau venant de derrière la porte. Vous prenez une feuille au hasard: "La parole est un art qui doit tout au silence. Les règles de la conversation entre un jeune homme et de jeunes dames sont très précises. La conversation doit être anodine et bienveillante. Tout ce qu'on demande aux femmes, c'est d'admirer et d'applaudir alors que les... [Lire la suite]
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19 juin 2006

Amadoria est parfaite

Vous entrez dans la pièce. A votre grande surprise, elle est presque vide. Des murs presque nus, un lino vert d'eau sur le sol jonché de vêtements épars. Il n'y a pas de tableau sur les murs mais, à gauche du lit, monté sur un cadre d'acier mobile qui en fait une sorte de monstrueux paravent, une œuvre de l'intellectualiste italien Martiboni. Sur la table de nuit de droite est posé un ancien poste de radio à lampes. Sur la table de nuit de gauche, une lampe ancienne dont le pied est un pique-cierge en métal argenté. Le mur de droite... [Lire la suite]
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10 juin 2006

Mimoria est seule

Accoté au mur de l'immeuble, prostré sur le trottoir, un homme regarde fixement devant lui. A ses pieds un mauvais morceau de carton sur lequel il a griffonné "Aidez-moi S.V.P, Je sors de prison, j'ai faim". Italo Calvino revient. Il regarde à droite et à gauche avant de traverser la rue. Il a acheté le Monde qu'il tient roulé dans sa main droite et que vous reconnaissez aux célèbres caractères du titre. Il hésite à entrer chez Mimoria. Il s'arrête devant la porte de l'immeuble, feint de lire son journal et finalement... [Lire la suite]
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28 mai 2006

La vie signifie liberté

Vous parvenez à un second croisement. Les écrans des générateurs de fiction affichent leurs textes. Leurs indexes annoncent des textes d'Amérique du Sud. Vous en parcourez un. Il vous rappelle un de ces romans de Jorge Amado que vous avez possédé autrefois. Plus loin dans la rue, son balluchon à ses pieds, Almaviva n'est qu'une pauvre fille abandonnée, lamentable et craintive, attendant le tramway qui la descendra chez Mimoria. Avoir pitié. Aimer. Ne pas abandonner l'espoir. Être là. C'est ça qui importe. Nous sommes tous des êtres... [Lire la suite]
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26 mai 2006

Les écrans affichent leurs fictions

Cette partie de la ville est occupée par des entrepôts, des marchés et des boulangeries. Partout flotte une odeur de fumée, d'huile et de graisse mêlées. Le vent pousse vers l'est les nuages. Dans le quartier, une seule maison occupée, de l'autre côté de la rue un bâtiment en construction, parmi des monceaux de briques, et des tas de sable ou de chaux. Les fenêtres du logement de madame Mimoria donnent sur le Strand. Elle a une centaine de pots de fleurs qu'elle soigne depuis des années, les transportant pour les faire fleurir du... [Lire la suite]
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20 mai 2006

Un immeuble en pierre meulière

Le 343 est un immeuble en pierre meulière. Vous sonnez.Des pas s'approchent de la porte. M. Proust est en gilet. Il est maigre, a le visage blême avec des cernes noirs. Sur sa boutonnière gauche est épinglé un camée représentant une jeune fille au fin profil, aux cheveux extrêmement blonds. Il vient à votre rencontre tout en regardant une vieille photographie. Vous savez que sa thèse sur l'invention du réel a provoqué quelques sensations dans les cercles dirigeants lorsqu'il l'a présentée, il y a un an. C'est un homme menacé. D'un... [Lire la suite]
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12 mai 2006

Les échos de la musique

Ce qu'il y a de certain c'est que nous remettons au lendemain tout ce qui peut être remis ; nous savons peut-être profondément que nous sommes immortels et que, tôt ou tard, tout homme fera tout et saura tout. Jorge-Louis Borgés. Funès ou la mémoire. La ville a des rues étroites, venteuses, bruyantes, à l'odeur de poisson, pleines de vociférations. Vague accumulation de couches successives, elle est couleur de moule ou de patelle, pareille à un grossier agrégat de coquillages sur un mur gris. A peu près telle qu'elle a dû toujours... [Lire la suite]
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