Écrits de Marc Hodges

Éléments de l'HyperFiction dynamique et répartie La disparition du Général Proust.

20 janvier 2007

Lettre d'Argencourt à Françoise

L'effluve de la passion galope à travers les boulevards de Carcassonne… La ville se met en abîme, l'anéantissement mène un troupeau de taureaux… derrière les portes des portes derrière les fenêtres des fenêtres encore, Carcassonne fume… les dieux tournent un clip vidéo dont je suis le héros.

 

Quoi, Françoise, vous portez la bonté jusqu’au meurtre, je suis aujourd'hui à Carcassonne, comment mieux vous prouver combien je vous aime qu'en vous croyant si digne d'être aimée;  il me semble que vos considérations me font l'effet d'un beau jour, je ne quitte guère son fauteuil;  pourquoi faut-il que vous me parliez de Clémence, ne me demandez pas de vous parler raison, je voudrais vous aimer encore plus que je ne vous aime, je vous écris sans bien savoir ce que je fais… est-il rien de plus épouvantable que de se combattre sans fin, sans pouvoir jamais se vaincre.

 

Je ne sais plus vivre sans vous. Qu'importe j'ai toujours vécu ici, je n'ai jamais connu autre chose : je pense,

 

Votre Argencourt.

Posté par hodges à 12:04 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2007

Lettre de Rachel à Saint-Loup

J'ai bien des choses à vous dire… cher Saint-Loup,

mais je ne me pardonnerais pas de vous importuner constamment, pourquoi, toujours occupée du soin de vous plaire, je ne trouve pas en vous le même retour. I mio cuore e un mar di pianti. L'ardeur de la passion que je vous porte m'est un tourment. Rendez-vous, hélas… je vous écris sans bien savoir ce que je fais, revenez me rassurer par votre présence - ma tête tourne, pourtant je me sens pleine de passion;  je tremble quand j'y pense. La possibilité de dieu démange Rachel comme un prurit de l'âme;  la nuit est là…

Prenez moi en pitié.

Posté par hodges à 06:31 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2007

Lettre retrouvée de Hamid à Sidney

My dear Sidne,

Je suis persuadé, Sidney, que quand le dépit vous aura jeté dans mes bras, l'amour vous y retiendra, je vous supplie de pouvoir vous parler aujourd'hui, à quelque heure du jour – lune, lune, la lune blanche et tavelée occupe toujours la même position, lune café crème, la nuit est dans un profond bonheur car chaque fois qu'il fait mauvais temps mon corps me fait mal… Pourquoi devez-vous me laisser dans les chagrins de ma solitude , si vous ne m'aimez pas, ne le dites pas. Je meurs de l'amour de dire le vrai - ne parlez plus de raison, un regard, un geste, prouve plus en certaines occasions que les discours les plus extrêmes - je n'imagine rien au-delà de vos désirs… qu'un homme est à plaindre quand il aime… je tremble quand j'y pense - je pense tout le temps à vous - je ne peux m'interdire de vous apprécier, votre sourire qui me poursuit sans répit, tout me fait discerner mon amour… il n'y a rien que je ne puisse faire pour vous prouver combien je vous aime; je suis odieux envers tous ceux qui ont le malheur de s'intéresser à moi; je fais toujours de mon mieux pour glisser, dès que je peux, d'une voix timide et mal posée, mon grain de sel dans la conversation, mais sans aucun succès…

Vous m'avez écrit… vous écrivez agréablement. Je suis à Carcassonne, place Gambetta - je pense encore à vous, toute confession est distanciée: je ne sais que vous dire, sempre mi siete presente, sempre vi parlo, sempre vi dico tante, tante cose, ma tutte, tutte al vento, tutte - je mâc he inépuisablement la saveur de vos baisers: quand je considère ma vie, je suis apeuré de le trouver effroyable… be my love, je suis tout à vous, avant que mon amour ne me force à vous haïr; sur un mot que vous avez dit, j'ai pleuré… pourquoi, toujours occupé du soin de vous plaire, je ne trouve pas le même retour…

Si vous étiez capable de quelques considérations, vous ne me pourriez voir sans étouffer de tourment. Je suis toujours où vous n'êtes pas, l'air enfin frais prend une transparence de voile. Carcassonne est construite pour l'éternité, Carcassonne impose ses usages… mais, aliénation, je ne sais même plus si je suis encore dans Carcassonne… quelqu'un balaie le sol de la ruelle: j'ai besoin de croire, j'ai appris à attendre, à m'attendre car les trois quarts des exercices intellectuels ne sont que des broderies sur le vide. L’autonomie absolue n'est pas possible, la beauté vit de sa proximité avec la passion, la nuit les choses existent réellement… Jugez de ma lassitude: je souffrirais de ne plus vous voir; votre présence me comblerait souvent.

Je vous écrirai tous les jours; je veux vous voir encore… Mais il n'y a rien que je ne vous pardonne. Je ne dirai plus qu’un mot : Do you love me a little bit ?

Ne m'oubliez jamais.

Posté par hodges à 06:52 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2007

De David à Sandra

Trop de journées se sont passées depuis votre dernière lettre, j'écris toujours de Carcassonne;  my dear Sandra. Je n'éprouve aucun des plaisirs de la vie… ne doutez pas que lorsque le hasard nous rassemblera, je ne vous donne les preuves les moins indistinctes de mes sentiments à votre égard, pourquoi me laisser dans les peines de ma solitude … sans vous les carrefours de Carcassonne ont perdu tous leurs charmes - quand je vous vois le reste du monde s'efface;  je vous écris sans bien savoir ce que je fais, comment dire cela, je suis persuadé que je vous entends mieux que je ne m'exprime, ma passion me force à vous haïr. Je vous aime plus qu'il n'est possible, je marche vers l'avenue du Général Leclerc… je m'installe au coeur des sentiments.

Je n'ai pas à rougir de mes sentiments.

David.

Posté par hodges à 11:30 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2007

Anonymes occitans

Je n'ai jamais encore écrit de lettres d'amour.

Quelle importance; j'ai toujours vécu en ces lieux; les chants des trouvères se brisent entre les tours de la cité et la garrigue - l'amoros pensamen (le souci affectif qui s'est installé en mon coeur) que s'es vengutz e mon fin cor tan m'abellis (me plait extrêmement). Journée de vent coupant comme l'acier… je ne peux pas être heureux… je suis à la fois changeant et méthodique, dire en dix lignes mon réel entier, j'ai peur de regarder en moi, nous sommes logiques aux dépens des autres… somme de lieux et d'heures où ces lignes ont été tracées. À Carcassonne, de la rue porte d'Aude, à la rue du petit puits… vous êtes désormais partout où je passe, je marche vers la rue de la barbacane; je mâche sans répit le goût de vos baisers; déjà pourriez-vous m'aimer autant que je vous aime.

Je suis fâché contre moi-même de vous aimer à ce point.

Posté par hodges à 10:31 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2007

De Charlus à Gilberte

Une lettre d'amour bien employée peut peut-être révéler les endroits les plus secrets de l'existence. Je ne sais pas très bien d’où me vient mon envie de sourire, les étoiles brillent au-dessus de la lueur de la lune… le ciel s'ouvre.

Comment pourrais-je ne pas penser à vous. Je vous supplie, Gilberte, que je vous puisse parler aujourd'hui, si je ne vous aimais autant je ne serais pas si fiévreux des injustices que vous me faites… place Marcou je suis votre silhouette enfuie, je hausse les sourcils d'un air hautain… je suis fou au point de ne penser qu'à vous; pourquoi votre bonté se dément-elle par moments, la passion que j'éprouve pour vous m'effraie.

Je viens de relire votre lettre et il me semble que je dois pour la dernière fois vous demander un instant d'entretien… ce n'est que dans un amour comme le mien qu'on peut goûter une jubilation authentique.

Gilberte, Gilberte, je suis fou de vous, lonc temps ai estat cubertz; longtemps j'ai caché ma passion; l'homme doit être conçu comme un tout; mon amour devient colère; rien ne le calme, tout l'irrite, depuis notre rencontre si surprenante je tourne autour de Carcassonne et désespère de vous y trouver; pourquoi me faire des reproches, jugez ce que je sens pour vous. Je suis si loin de ma raison, je ne peux rien tout seul. Vous êtes mon présent, mon passé et mon futur, je m'accommode de ma vie, je sens en moi un penchant inépuisable à l'immobilité, à la contemplation, au silence… la lumière vibre comme une harpe.

Le monde est loin, je vous téléphonerai demain.

Charlus

Posté par hodges à 11:47 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2007

De Marc à Uwe

Chère Uwe

Je souhaiterais infiniment que vous eussiez autant de penchant à m'accorder que ce que je désirerais de vous, il y a le paysage - la lune jette sur le toit des lueurs bleues; e non sap vas qual part fuja cel qui del fuesc es gastatz (qui brûle ne sait où s'enfuir). Le clair de lune s'incruste sur la campagne… jour où le vent souffle - journée froide et grise, journée de soleil ardant… des garçons jouent sur un terrain improvisé - il ne faut jamais rien prendre pour acquis… je vis dans une certaine indifférence aux réalités sensibles du monde, la vérité n'a pas besoin d'être dite pour être manifeste. Étre toujours aux commencements, je suis le contraire d'un dogmatique… je ferais un coupable idéal… je tremble quand je lis ou que j'entends votre nom - mon âme est inquiéte et soucieuse - je vous écris sans bien savoir ce que je fais désormais je ne sais plus vivre sans vous; mon amour me rend fou, rêve et réalité se confondent pourtant rarement.

Marc

Posté par hodges à 09:31 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2007

Du Général Proust à Gilberte

Comment pourrais-je ne pas penser à vous?

Pourquoi, Gilberte, ne pas dire toute la vérité, Gilberte, je ne peux plus me taire. Mon chant tire l'admiration de la pénombre… comment fuir. Serais-je sans arrêt dans des angoisses de vous perdre - pourquoi me faire des reproches; telle est la violence de la passion… je suis avec vous comme un instrument aveugle, comme un être que vous seul animez, qui ne peut plus avoir d'autre âme que la vôtre, l'amour, qui n'est jamais sans peur de déplaire, me fait penser que vous avez pu changer, je vous écris sans bien savoir ce que je fais… j'aimerais mieux vous voir morte qu'inconstante… je peux à peine respirer.

Vos rigueurs me coûteront la vie, quelque injustice que vous me fassiez, je vous pardonne tout.

Posté par hodges à 08:58 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 août 2007

de Marc à U…

Quelle lettre. Absent du temps, je suis au bord du plaisir - je me sens la bouche sèche et la gorge serrée jusqu’à la souffrance... J'attendrai de vos nouvelles avec impatience; qui tiendra une place plus grande dans les jouissances que j'attends:  je n'ai pas assez dans la journée de moments pour penser à vous, je ne peux me rappeler Fontainebleau sans trembler ! Je ne vis que pour vous. Toute confession est froide. Mon coeur tremble d'être vôtre: je souhaiterais infiniment que vous eussiez autant de penchant à m'accorder que ce que je désirerais de vous, chaque jour je voudrais vous voir, votre image me suit partout jusque dans les bras du sommeil! Il n'est pas juste, parce que vous êtes éblouissante, que vous fassiez mourir un malheureux qui vous adore: la plupart des événements sont instables,

Je vous ai dit toute la nuit les plus belles choses du monde, vos rigueurs me coûteront l'existence.

Posté par hodges à 09:12 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

18 octobre 2007

De Germaine à Argencourt

Par moments le vide presque tyrannique de ce paysage que j'aime m'effraie... Produit de mon imagination? Tous les gens suivent le même chemin les uns commencent par la droite les autres par la gauche, la vie passe ainsi or j'estime avoir droit à tout, venez à Fontainebleau... Je me demande quel avenir aura lieu ! Il faut bien dire quelque chose. Autonomie excitée! La nuit est tiède - à Fontainebleau comme ailleurs, faute de temps et de passion, les habitants s'aiment sans le savoir! La lune brille; oubliez Ganançay, vous seul comptez à mes yeux, je vous aime, en doutez-vous; des ombres dessinent votre visage, l'air vibre, la lune bouge depuis l'église Saint-Louis! Je ne vois plus personne, le G20 a une enseigne neuve...

 

Qu'est-ce donc qu'une lettre d'amour ? Je ne sais pas écrire une lettre d'amour... Les rencontres nouvelles font échapper à l'expérience, Argencourt, moi Germaine, je suis folle de vous... Mon regard se perd dans les perspectives des chaussées, la cruauté se contemple avec soin dans les miroirs des vitrines, pourquoi ai-je honte de mes sentiments, je suis au désespoir, Argencourt, je ne vous verrai pas de toute la journée, que deviendrais-je si je venais à vous perdre... Faites de moi ce que vous voulez. Que de larmes me coûte notre brève rencontre d'avant-hier... Je ne me méprends pas sur ce que cela veut dire : l'absence qui est pour les vrais amants un supplice abominable, n'est-il pour vous qu'un repos : je meurs du besoin de dire le vrai; je vous imagine en train de rire, pourquoi votre bonté se dément-elle quelquefois...

 

Je suis impuissante à maîtriser le désordre de sensations qui se bousculent en moi et mon cœur ne peut négliger de rendre grâces à son délicieux Argencourt.

 

Adieu, je vous aime…

Posté par hodges à 12:12 - Lettres d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »