09 janvier 2015

De La disparition du Général Proust

Fictifs ou réalistes, toute vie est faite de récits. Aussi je n’ai jamais trouvé en rien choquant que mon ami Marc Hodges, dans sa Disparition du Général Proust, nous mettes, ma femme Rachel et moi-même, en scène. Bien sûr il n’y a dans ce texte peu de notre réel et faire de nous des comploteurs contre son général littéraire est quelque peu exagéré, mais le milieu qu’il y dépeint, l’âge des personnages, leurs relations, n’est pas très loin d’être le nôtre. Il est vrai que, dans notre vie, nous avons eu moins d’amants ou de maîtresses... [Lire la suite]

04 janvier 2015

Du sport

J’ai un besoin constant d’activité physique et, bien que j’approche de la soixantaine ce besoin ne cesse de croître, peut-être un réflexe primaire de refus de l’inéluctable vieillissement. Plus jeune, en effet, je n’étais adepte d’aucun sport et je me souviens bien dans mon enfance et mon adolescence avoir détesté à la fois les leçons de sport et la compétition que trop souvent elle impliquait. Non que j’ai été adepte de la paresse physique car j’adorais nager dans la rivière proche de chez mes parents, escalader les parois calcaires... [Lire la suite]
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18 novembre 2014

La solitude

« On peut d’illusions pendant longtemps et être assez heureux » dit Faulkner dans son étonnant roman Les Palmiers Sauvages et je ne me trompe pas beaucoup en disant que consciemment ou inconsciemment, Maurice Roman, sans le citer, reprend cette phrase dans son autobiographie L’Acclimatation à la Mort : « Le bonheur étant tout d’intérieur, on peut vivre d’illusions un certain temps et s’en satisfaire ». Tout est dans la qualification du temps : « pendant longtemps » modifié par Maurice Roman en... [Lire la suite]
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05 décembre 2013

Des objets

Nous sommes (je suis…) entourés d’objets la plupart du temps inutile mais dont nous ne parvenons pas à nous résigner à jeter. Une vieille boîte émaillée au paysage désuet, une statuette de bronze Orissa représentant de façon naïve Ganesh, le « seigneur des catégories », dieu-éléphant de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, une peinture naîve sous-verre représentant Saint-Georges terrassant le dragon, un vieux dictaphone dont je ne sais même pas s’il fonctionne, un petit diable rouge, cornu et très... [Lire la suite]
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21 août 2013

Ècrire

L’écriture, le besoin d’écrire, ce désir d’écriture qui ne me quitte pas me pose problème car je n’ignore pas ce que avoir de dérisoire cette activité si elle ne débouche pas sur des résultats économiques. Or, en ce qui me concerne, je n’ai jamais vraiment cherché à être publié et, si je l’ai été, cela a été la plupart du temps en dépit de moi-même dans la mesure où la demande est venue d’une institution ou, par l’intermédiaire d’un ami, d’un éditeur. Je n’ai presque jamais envoyé de manuscrit à qui que ce soit. Dans mon entourage... [Lire la suite]
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17 juillet 2013

des rêves

Ce matin, réveil en sursaut, comme cela m’arrive assez souvent dans ce cas, c’est au milieu d’un rêve. Au milieu ? Je ne peux pas l’affirmer, peut-être était-ce la fin du rêve, peut-être n’avait-il ni suite ni fin car, contrairement à d’autres situations identiques, il ne se prolonge pas dans un demi-sommeil : je m’éveille en pleine conscience comme si mon cerveau était électrique, on / off. Nous — nous sommes quatre, je sais avec certitude que nous sommes cinq — sommes installés autour d’une table au milieu d’un grand... [Lire la suite]
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27 juin 2013

un être triple

S’oublier… Il faut souvent réussir à s’oublier pour vivre, oublier que l’on a un corps et que celui-ci est fragile, capricieux, que l’on n’en a jamais, bien que l’on s’y efforce, une maîtrise complète. Il me semble ainsi souvent que je suis un être triple, il y a celui qui pense, regarde, voit, entend, écoute, celui qui croit être dans ce qu’il considère comme la réalité même si sa pensée s’arrête devant la nécessité de définir avec précision ce qu’elle est au-delà de ce qu’elle semble être ; il y a celui qui parle en moi,... [Lire la suite]
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26 mai 2013

la beauté

Je ne sais plus pour quelle raison précise, quel sujet de discussion, quelle anecdote… Je ne sais plus pourquoi, hier, alors que je discutais avec un ami d’enfance — peut-être parce que nous avons évoqué des souvenirs, parlé de nos années d’école commune, d’anciennes amitiés, bref de tout ce qui peut, dans leur quête de la mémoire deux anciennes amitiés — je suis allé chercher une des boîtes de chaussures où sont vaguement rassemblées des photographies que je m’entête à conserver bien que je n’ignore pas qu’à ma mort, elles seront... [Lire la suite]
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19 mai 2013

l'indifférence

Peu à peu s’est installé en moi le manque d’appétence pour le dehors, je n’ai plus beaucoup envie de sortir de chez moi, quitter mon antre — ou mon refuge suivant la façon de le considérer. Je ne sais pas pourquoi. Ou plutôt je ne cherche pas vraiment à le savoir, c’est ainsi. C’est devenu ainsi. Je me sens lentement devenu étranger au monde, plus exactement étranger à toutes les personnes qui le peuplent et que je suis contraint de côtoyer dans tous les lieux publics. Leurs façons d’être, leurs comportements, leurs préoccupations, au... [Lire la suite]
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09 mai 2013

le bonheur d'être (3)

Écrire est une tâche épuisante car il est impossible de se satisfaire du résultat. Écrire c’est réécrire, sans fin, à chaque lecture reprendre ses phrases et ses pages. Qui plus est c’est une tâche dérisoire, un supplice que s’inflige celui qui a décidé d’y consacrer une partie de son temps. L’écriture relève en effet de l’échange : j’écris pour transmettre quelque chose, un message dans le meilleur des cas, un désir d’exister au-delà du peu de temps qui nous est imparti dans le pire. Les seuls qui, d’après mon expérience,... [Lire la suite]
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