01 novembre 2016

Vers Cabrières, 12 h 25

Un sourire pur balaie son visage. Un vieux chien noir-blanc le suit comme une ombre, seul son halètement rythme le temps. Il pense que tout ce que propose la civilisation, tout ce qu'elle apporte, rien n'est rien si les hommes ne comprennent pas qu'il est plus émouvant pour chacun d'eux de vivre un jour que de réussir le progrès technologique. Un vol lent de corbeaux s'arrache du sol lourd comme une seule masse. Un peu plus, un peu moins, c'est beaucoup, c'est même l'essentiel. Il laisse la porte grande ouverte aux impressions qui... [Lire la suite]
Posté par hodges à 17:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,

15 juillet 2016

De Saint-Pierre-des-Tripier à Cassagnes, 11 h 02

Il regarde le ciel, l'horizon, regarde l'espace, respire. Les champs sont minuscules et fragiles. Un vieux chien noir-blanc le suit comme une ombre, seul son halètement rythme le temps. Il se méfie du mot recueillement. Il veut créer un monde devant lequel s'agenouiller. Quelques timides pépiements d'oiseaux éclaircissent ça et là le ciel. De loin en loin, un bout de pré cerne une lavogne desséchée. Le meuglement lointain d'un avion déchire l'épaisseur du silence. Des ombres rapides et brusques courrent sur les herbes sèches. Terre de... [Lire la suite]
Posté par hodges à 11:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
26 mars 2016

Galy, 15 heures 25

Il aspire à tout ce qui peut arriver. Il s'arrête de nouveau. Une plante jaune au bord d'un talus, une espèce de sauge, brille au soleil, solitaire dans la lumière. Ce serait ainsi. Il pense : "Les choses viennent, on ne peut pas les empêcher…". Devant lui la roche s'arrête brusquement, tombe à pic ; des sapins contorsionnés s'accrochent au bord…. La vie s'endort dans sa certitude. Sa conscience d'exister s'accompagne de la crainte de mourir. Une plante jaune au bord d'un talus, une espèce de sauge, brille au soleil, solitaire dans la... [Lire la suite]
Posté par hodges à 10:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
18 janvier 2016

De La Maxene au dessus des Vignes, 17 heures 23

Rien ne passe, pour qui ne passe pas. Les lointains sont veloutés. La grandeur même évite la majesté. Le ciel sans horizon pèse au-dessus des terres. L'image du petit garçon à culottes courtes qu'il était courant avec délices sur ces terres d'herbes rèches brouille le regard qu'il porte sur le paysage. Il est devant le paysage. Le rythme court des genévriers creuse l'espace du plateau. Il parle d'un monde totalement ouvert. Il pense à son village. Il sait le nom et le prix de toutes les choses, tout ce que chacune exige pour... [Lire la suite]
Posté par hodges à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
05 décembre 2015

Entre Mative et Melgroire, 12 heures 33

Dans sa timide pudeur, le paysage bronche, se dérobe. Il voudrait n'être qu'un rayon du jour. Il pense au passé…. Rien ne se cache dans le regard des arbres. Il aspire à tout ce qui peut arriver. Les lointains se perdent dans de molles ondulations, à la plaine ont succédé les combes, le paysage tout entier baigne dans la couleur verte, un vert comme suri de jaune. Que ce soit trop plein de soleil, pluie ou brouillard, l'espace se dilue dans l'espace. Une couronne de noms tourne dans sa tête. Il cherche sa langue, les mots que dit la... [Lire la suite]
Posté par hodges à 08:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
28 octobre 2015

Du côté de La Parade, 9 h 45

Une légère brise fait vibrer-lyre-les rayons du soleil. Sa perception du réel a l'accent du sentiment, son sentiment a la clairvoyance de la perception du réel. Passage de nuages dans le ciel. La solitude profonde et comme intemporelle qui l'environne, l'aspect incorporel de ce paysage, tout cela avive son imagination. A nouveau, il est face à des problèmes sans énoncés. Sur les champs, la lumière prend librement sa vraie forme ; dans la plus grande liberté du monde, elle fait voir ce qu'elle est. Les herbes, parcimonieuses et... [Lire la suite]
Posté par hodges à 07:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

01 septembre 2015

En allant de St Pierre des Tripiers au Truel, 18 heures 15

Le long silence lui est une bonne chose folâtre. Il y a une antiquité vénérable dans les gestes des hommes. L'éternité semble amoureuse des travaux du temps. Il s'allonge, dos sur la terre rêche, s'abîme dans une longue contemplation du ciel, comme s'il voulait se fondre dans la terre. Il cherche à refléter par des mots ce monde qui échappe à ses mots. Il a besoin de compagnons vivants. Ses parents persistent à grandir en lui. C'est la parfaite solitude. Il sent en lui quelque chose qui cherche à être dit, qui veut se dire. Les hommes... [Lire la suite]
Posté par hodges à 10:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
02 juillet 2015

sous Villeneuve, 6 heures 37

Il n'a jamais cessé d'être à la recherche d'un point fixe, sommet de tous les sommets, d'où tout le paysage se découvre. Il ramasse quelques brindilles. Changefèges, Le Gerbail, La Chaumette, Les Ribes, La Viale, Hures, Champerboux… autant de sources d'où jaillit le flot des images de son passé. Le soir. Il pense qu'il suffirait de détruire trois ou quatre routes d'accès pour isoler presque définitivement le plateau du reste du monde, y réaliser comme un rêve de pureté. Vers où sont-ils allés. En fin de compte, il ne se passe rien ;... [Lire la suite]
Posté par hodges à 09:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
03 avril 2015

Vers les falaises de La Viale, 7 heures 28

Sa seule véritable exaltation est de savoir qu'on peut changer la vie, entrer dans un nouveau monde meilleur. Il sait ce qu'on attend de lui, mais refuse tout enjolivement du monde qui ne pourrait que l'enfermer dans la fragilité inquiète de ses certitudes. Ses souvenirs l'obsèdent. Il pense que les hommes ont abandonné les contrées où la vie était dure car ils avaient besoin de chaleur. Il respire à pleine poitrine comme quand on boit. Il s'enfonce toujours davantage dans le ventre mou du causse. Les toits ne sont que des éboulis... [Lire la suite]
Posté par hodges à 10:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
26 janvier 2015

Aux alentours d'Anilhac, 17 h 03

Il pense que ces lieux sont insensibles au temps, aux passages des hommes, ignorent tout de leurs folies. Il s'étonne de ce silence qui s'épaissit à l'intérieur de lui-même, comme une brume blanche acide le lavant un peu du misérable tourment de ses préoccupations habituelles. Il sent dans l'air la présence impalpable du silence. Il le sait. Il n'a jamais peur d'être dupe. Sa conscience d'exister s'accompagne de la crainte de mourir. Il pense : "Les choses viennent, on ne peut pas les empêcher…". La vie intérieure. Frémissement des... [Lire la suite]