Olivier Idle 

Avant tout était facile, ses journées étaient pré-construites, il lui suffisait de se laisser porter. De l’argent, il en a ; il est clair que les dirigeants de la compagnie sont des salauds... Fatigué... Oman a mis beaucoup de soin à disparaître : s’il avait envie d’aller à droite, il allait à gauche ou tout droit ; s’il était attiré par telle ou telle affiche, telle ou telle devanture, il s’en éloignait aussitôt. Les deux hommes parlaient un langage qu'il avait tout de suite reconnu, celle de son grand-père : «ne jemi dakord, nuk është ajo…"... Pourtant que la jeune serveuse, lunettes rondes, chignon serré, sourire obligatoire, s’avance vers lui et il se dit qu’il ne peut pas passer inaperçu, qu’il devrait peut-être faire comme les autres, parcourir un journal hippique, cocher des cases sur quelques bulletins, aller à la caisse les faire valider... Il lui faudrait agir. Autres pages. Oman se souvient que chaque année, une centaine de jeunes noirs sont tués par la police. La fatigue l’a poussé à entrer dans ce hall de gare qu’il ne connaissait pas. Une dame accomplit son travail de façon mécanique et machinale, elle ne semble pas s’intéresser à lui mais il se dit qu’il ne peut en avoir la certitude, se demande ce qu’elle fait là dans ces espace délaissé et quelle est la nécessité de son travail si personne ne vient ; pour lui les incidents fluctuent sans fin, deviennent anarchiques, variables ; il pense que malgré tout il a de la chance que, ailleurs, il serait déjà mort. ; Oman dit: Il y a neuf sortes de lieux qui peuvent être à l'avantage ou au détriment de l'une ou de l'autre armée ; N'oubliez rien pour lui débaucher ce qu'il y aura de mieux dans son parti: offres, présents, caresses, que rien ne soit omis. Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n'y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, restez vous-même tranquille : attaquer imprudemment, c'est chercher à se faire battre ; c'est grâce à cette méthode que j'examine la situation. Mêler les règlements propres à l'ordre civil et à l'ordre militaire, ayez, Ronald Mc Vey, une connaissance exacte de tout ce qui vous environne. Dans ces sortes d'occasions, qu'il ne vous arrive jamais de combattre sous le vent. Dès qu'un officier a accepté de perdre, il a perdu ; plus vous dépenserez, plus vous gagnerez, c'est de l'argent que vous placez pour en retirer un gros intérêt — Un général qui s'expose sans nécessité, comme le ferait un simple soldat, qui semble chercher les dangers et la mort, qui combat et qui fait combattre jusqu'à la dernière extrémité, est un homme qui mérite de mourir... S'il en vient à bout, et qu'il puisse cacher de même jusqu'aux moindres de ses démarches, ce n'est pas seulement un habile général, c'est un homme extraordinaire, c'est un prodige. Dès que votre armée sera hors des frontières, faites-en fermer les avenues, déchirez les instructions qui sont entre vos mains et ne souffrez pas qu'on écrive ou qu'on reçoive des nouvelles; rompez vos relations avec les ennemis, assemblez votre conseil et exhortez-le à exécuter le plan; après cela, allez à l'ennemi ; Il n'est pas jusqu'au souverain qui ne ressente sa part des malheurs communs. Si vos ennemis font des marches forcées, c'est qu'ils croient courir à la victoire ; si passant près de quelque rivière, ils courent tous en désordre pour se désaltérer, c'est qu'ils ont souffert de la soif ; s'ils n'ont pas le courage d'avancer, quoiqu'ils soient dans les circonstances où il faille le faire, c'est qu'ils sont dans l'embarras, dans les inquiétudes et les soucis... Vous pouvez compter sur une victoire certaine si vous connaissez tous les tours et tous les détours, tous les hauts et les bas de tous les lieux que les deux armées peuvent occuper, depuis les plus près jusqu'à ceux qui sont les plus éloignés, parce qu'avec cette connaissance vous saurez quelle forme il sera plus à propos de donner aux différents corps de vos troupes