Il lui semble que son esprit est plein de confusion et de chocs, que le trouble. Depuis longtemps elle pense à la mort. Quelques nuages paressent dans la brise... Edwige se sent plongée en plein polar... Les lointains sont veloutés. Est heureuse comme on ne peut l'être qu'à son âge. La réalité est ce qu'il pense — son image tourne sans fin dans un miroir colossal au cadre vert pomme. Se demande toujours si toute vie vaut n'importe quelle autre vie... Edwige l'approche d'un dolmen, tourne autour comme si c'était le premier n’y découvre rien et surtout pas la confirmation de sa nécessité à être là... Se sent vieux et désabusé ; le ciel est d'un bleu profond ; poursuit son chemin. La grille de mots croisés commencée au crayon de papier — Edwige ne s'y retrouve pas effectivement — a le visage provisoire ; Gautmar sait orties, chardons, airelles, églantines, prunelles, ces âmes épineuses des causses. Edwige marche sans but, pour marche, pour remplir sa tête de ses pas. Edwige a un nez un peu retroussé — dort peu, les nuits lui sont lourdes.

Le ciel domine l'espace — le bloc de feuilles jaunes sur lequel a été griffoné le nom elle. Un nuage se met à couvrir lentement le soleil. L'ordinateur ; une liste de noms parmi lesquels il et Sœur Anne — les verres qui portent des repères de vin. Grand ciel rouge ; un des tableaux dont le lourd cadre doré porte en légende : éros. Le fauteuil où Barbe-Bleue n'est plus ; le cendrier plein de cendres. Pieds nus, Sœur Anne marche dans la poussière. Le fauteuil où il n'est plus — les nuages déroulent sur la ville sombre leurs rouleaux géants.

N'est plus assuré de l'utilité de faire... Supporte la conversation de moins en moins de monde. Il n'est pas convaincu non plus d’aimer son rôle de patriarche ; comment se retrouver dans tout ça ; Waltgauld est incapable de vivre sans l'arrière-goût du doute. Waltgauld avance parmi les choses avec une vision noire... Waltgauld supporte la conversation de moins en moins de monde... Désormais que la fin se rapproche, Waltgauld se dit que la vie n'est rien... On vit, on finit par avoir toute une encyclopédie. Waltgauld ne saurait dire ni si ils sont heureux ni s'ils ont envie de continuer à vivre ; se sent vieux et désabusé ; doit prendre conscience de la réalité. Dort peu, les nuits lui sont lourdes... Sa femme est morte depuis dix ans, ses trois enfants sont indépendants. Waltgauld est incapable de vivre sans l'arrière-goût du doute. Waltgauld a peur du vide. Waltgauld déteste les portraits ; regarde avec détachement les objets qui ont jalonné sa vie ; les actes accomplis extérieurement ne sont pour lui qu'une manifestation secondaire. Waltgauld est capable de réaliser quantité de choses qui lui auraient valu une grande réputation de sociabilité-et à l'occasion il les accomplit-mais la plupart du temps il n'en éprouve que l'inutilité et ne les fait pas.

Est grande et mince ; Rotrude veut vivre sa vie précisément comme elle l'a décidé — Rotrude est au bord de la crise de larmes sans savoir pourquoi... Ne déteste qu'une seule chose c'est devoir aller à Paris (aussi elles n'y vont jamais). Ne cesse de s'émerveiller devant les surprises de l'existence — est incapable d'être moins absolue. A un nez un peu retroussé, des lèvres étroites, d'immenses cils et presque pas de sourcils. Aurait tout à fait voulu que tout le monde aime tout ; Rotrude ne s'y retrouve pas effectivement ; ses sens sont en paix — Rotrude suit des cours à distance. Rotrude rend les gens heureux en leur laissant croire qu'ils sont quelque chose qu'ils ne sont pas... Ne comprend pas pourquoi quelqu'un peut la détester. Ajoute à toutes choses la magie du sens. Il est manifeste que l'auteur des lettres anonymes a une idée derrière la tête... Quand les événements se déroulent trop vite, peu s'importent si vous êtes horriblement prudent ou tellement téméraire — Rotrude n'est pas née de la dernière pluie ; Rotrude essaie de réfléchir à tout ce qui lui arrive depuis quelques jours.