Barbe-Bleue se rappelle la scène... La lumière — c'est de la lumière — s'emmêle aux branches... Le soleil est au-dessus des chênes. Au pied des arbres pousse une herbe clairsemée... Les bois sont des lieux de fantasmes et de frayeurs insincères... La question est pourquoi tant de travail pour faire de telles choses ? Vit sur l'évidence que sa vie ne pouvoir être qu'heureuse ; a l'émotion de devenir à moitié folle. Hildegarde a le moral et se sent très optimiste. Est plus douce et plus claire que la lune. A besoin de réaliser quelque chose ; dans cette histoire, le temps, joue contre elle. Le bonheur dilate l'âme d'Hildegarde. La forêt est une fiction ; un espace inviolé. La masse immobile et muette de la forêt est toute proche. Hildegarde laisse son imagination aller en toute liberté. La nuit tombe comme un couperet... Si Hildegarde avait été plus attentive à ce qui se passait, elle aurait pu trouver quelque réponse à toutes ses questions... Hildegarde n'a pas l'impression d'être personnellement en danger... L'espace gris du ciel difficile séquestre l'âme.

Hildegarde ne saurait dire ni si ils sont heureux ni s'ils ont envie de continuer à vivre. Hildegarde se détache de plus en plus des choses ; se sent trahie, mais ne se demande pas dans quelle mesure... Hildegarde supporte de plus en plus mal les relations affectives familiales… obligatoires, elle ne comprend pas plus l'affection que le mode de la liberté absolue... Regarde avec détachement les objets qui ont jalonné sa vie ; a peur du vide ; a décidé de ne jamais se laisser perturber par des événements annexes mais passe sa vie à se demander ce qui est annexe. Hildegarde considère que chacun est comme il est... S'étonne des difficultés que la plupart des gens éprouvent à être seuls avec eux-mêmes. Hildegarde hésite ; la réalité est ce qu'elle pense ou ce qui se pense à travers elle ; n'a jamais su choisir entre s'abandonner à une contemplation passive où le réel s'écoule tout seul et un combat permanent pour affirmer sa volonté de vivre ; Hildegarde regarde avec détachement les objets qui ont jalonné sa vie et qui, aujourd'hui, lui paraissent si inutiles et dérisoires ; Hildegarde a décidé qu'on ne peut qu'être déçue par ses enfants ; sa vie est morte depuis dix ans.