Par Stephen Pomus

Les images du rêve se mêlaient à celles de l'espace. Carrefours — recule devant tout engagement profond ; a une imagination surprenante. Kafran n'a pas la réminiscence de ses paroles — le passé entrait par effraction dans le présent ; une impression complexe. Du temps a passé — tout se passait comme dans les cauchemars — on ne sait jamais... Chaque jour qui passe creuse le fossé qu’il s’est imposé de creuser ; les images venues du passé se mêlent dans son esprit aux vagues souvenirs d'une enfance lointaine. Comédie passionnée... Doit décider quoi faire. Kafran se méfie surtout de sa mémoire. Rien n'était à sa place ; ça ne pouvait plus durer comme ça ; tout existait à sa place ; le tableau a la simplicité d'un chromo de calendrier des postes ; insiste pour dire la vérité... Aime ; deux papillons blancs volètent dans le soleil, deux fragments de lumière... Kafran sent que l'existence est là.. Je refuse un récit qui a besoin de notes en bas de page. Je ne crois pas aux nécessités de l'écriture ; je mâche les termes comme de la paille... Ce que je voudrais, c'est écrire l'existence de Kafran, ce que je sais de l'existence de Kafran. Toute clôture est une trahison des possibles ; je perçois à la lecture de mes écrits un sentiment résistant mais dénué de toute complaisance ; écrire c'est jouer avec son lecteur. L'écrivain se disperse dans une tempête de mots — les mots tournent autour d’un noyau invisible — j'ai tant de choses à énoncer que je n'aurais jamais le temps de les écrire ; j'écris pour que le temps ne passe pas trop vite ; j'ai enfermé ma réalité dans son écriture. J'écris pour tourner autour de la mort — faire le récit des aléatoires de mes espaces — comment réunir l'univers de la réalité et celui de la fiction ; si un roman raconte une histoire d'amour, la fin ne présente que peu de solutions possibles. écrire vaut toutes les médecines. Comment exprimer l'univers en paroles. J'écris parce que j'ai un sang d'encre — une fiction ne se sert du réel que pour le trahir afin de servir sa cause propre. —