L'espace s'entoure d'espace. Les forêts et les rochers se taisent. Le silence lui est suspect. Bréauté regarde, s'étonne, s'en va. Blanc et blanc cassé… Son bonheur se construit d'absences. Il respire le soleil. Des ombres l'accompagnent, le protègent. Il appelle les paroles qui apprivoisent le cœur. A quoi bon refuser d'être? En lui, tout doit et veut se réunir. Il sait que la terreur est un privilège. Quand il considère sa vie, il est épouvanté de la trouver informe. Il est mené du dedans par ses souvenirs, à mesure qu'ils lui reviennent à l'esprit et ils reviennent en désordre. Cet homme qui passe au loin, les yeux comme perdus dans une grâce de beauté, pourrait être l'oncle qui, avec tant d'amour, lui apprit autrefois la magnificence rude du paysage. Il n'a rien d'autre à faire que jouir du spectacle. Le vent a cette qualité rare d'être porteur d'éternité. Les hautes terres déroutent…

Bréauté respire à pleine poitrine comme quand on boit : le temps gagné devient du temps perdu. Ses mots sont douloureux. Il n'est pas le seul à subir. Son activité incessante est de rechercher en lui des harmonies, d'harmoniser ce monde qu'il porte en lui. Le silence lui est suspect. Il faudrait mettre tout cela au futur! Un monde plein de souvenirs et d'espérance… Quelles traces restera-t-il de ses propositions? Un besoin de paix l'envahit. Toute la lignée de ses ancêtres s'agite toujours en lui, insiste pour venir au jour, résiste à l'oubli de cette terre… Qu'est-ce que l'homme pour qu'il ose faire des projets? Il n'est pas pressé. Comment continuer à vivre s'il n'y a plus de questions à poser? Des souvenirs l'envahissent comme des flammes.