Écrits de Marc Hodges

09 décembre 2016

(200-GEN-05-3 8 ||3 4 0 ||6 5 2 1 0)

Voici la missive plutôt trouble que Blaise de Parme nous a laissé avant de se donner la mort :

"je déteste l'hyperfiction (ça veut dire quoi ?) d’ailleurs, je ne reviendrai plus la lire : " Elles le sauvegardaient justement parce que leur publicité était en contradiction avec la vie intérieure ; — il me semble qu’il y a quelque temps que nous n’avons vu Alexandra Pavlovna, dit un jour Alexandra en parlant de Mme Frédelon — Crevel se baissa, enleva le tison, et s'aperçut avec effroi que ce n'était pas la braise qui avait brûlé le pied de la jeune fille, mais le pied de la jeune fille qui avait éteint la braise — Je gagnai l'homme qui me servait ; je lui prodiguai l'or et les promesses ; Alexandra lui demandait de la sauver ; quand Alexandra se sera familiarisée avec ce remue-ménage, j'y associerai l'érotisme, et elle sera ce que je veux, ce que je désire... J’étais bien jeune alors, et prêt à accepter pour moi la facile morale de mon siècle... Alexandra me disait :

— pourquoi tout brille-t-il ainsi dans les airs et dans moi — mes avances réitérées n’avaient pu leur arracher trois paroles. — moi, répondit-il, je ne désire rien autant que cela, rien !. Pendant une grande partie du jour, j'attendis vainement une réponse — De quoi parlent généralement les fiancés? Autant que je sache ils s'appliquent beaucoup à s'emmêler l'un l'autre dans les ennuyeux rapports de parenté des deux familles. Aniela ne baissa pas les yeux un instant, continua de lancer droit devant Alexandra des regards aigus et glacés comme sa voix.

— il y a une femme, avenue Xavier Villaurrutia, qu'un pharmacien a tuée en lui donnant une drogue pour une autre... Ma femme je suis pour toi — du dehors, l'hôtel Denis Bergeret lui sembla triste — pendant une bonne moitié du trajet, les choses allèrent tant bien que mal." si j'observe que c'est de la littérature, n'est-ce pas de la littérature...

— Tu sais, dit la mère Berthe Morisot à la fillette, si tu donnes du vin à ton grand-père, je le dirai à ta mère, et tu verras. Elles étaient malgaches et refusaient obstinément d’obéir aux avis du préfet de Rome ; celui-ci les fit enfermer dans une chambre où l’on serrait les ustensiles de cuisine. Je me livrais, quand j'étais seul, à des accès d'inquiétude ; je formais mille plans bizarres pour m'élancer tout à coup hors de la sphère dans laquelle j'étais déplacé ; car Edwarda venait d’être guérie par votre foi. Elle avait une confiance aveugle dans le succès de sa double diplomatie : l’envoi de ses lettres perfides et l’offrande de ses fleurs...

— Vois l’aigle il vole plus haut que tous les oiseaux, regarde fixement le soleil, et cependant, par la nécessité de sa nature, il descend sur la terre. — Non, je ne sais rien, répondit Edwarda, que la question stupéfiait... Richilde ensevelit le corps d'Alexandra avec honneur dans son verger où elle construisit une chapelle Edwarda était d'autant plus en garde contre sa faiblesse qu'elle était poursuivie du souvenir de ses fautes : et mon imagination dont je ne m'apercevais pas moi-même se révoltait contre un tel amour... Au temps de leurs auteurs, elles auraient joui de quelque autorité dans le sanctuaire, si de saints docteurs qui vivaient alors et qui pouvaient les examiner en eussent reconnu l’authenticité. Que je suis heureuse de vous voir ; ce fut la reine Nancy qui le fit à la prière des Hermions ; il pleut, il fait trop laid..... Elle avait pour suivantes trois sœurs d’une merveilleuse beauté, dont l’une s’appelait Agapen, l’autre Chionée et la troisième Irénée ; Edwarda se pencha, embrassa rapidement Tatiana, sans remarquer son chagrin. Quant au froment, elle le distribua selon les besoins de chacun, de telle sorte que, par l’effet d’un miracle, il y en eut assez pendant deux ans, non seulement pour la nourriture, mais encore pour les semailles...."


05 décembre 2016

II - 43, Il lui caresse l'intérieur des cuisses

Il lui caresse l'intérieur des cuisses. Elle aime se sentir envahie. Elle aime.. Elle aimerait bien avoir l’avis de quelqu’un d’autre. Elle aimerait pourtant le regarder des heures durant, le temps passerait doucement, elle se dirait. Elle aimerait pouvoir se raconter sa réalité comme elle lit un roman, rien ne sert de courir après des événements fuyants. Elle aimerait se sentir brisée, la sensation de n’être qu’une partie d’une machine chaude, elle ne rêverait qu'à ce membre dur qui bougerait en elle, elle fermerait les yeux pour mieux le sentir, écouter son membre qui glisserait en elle puis se retirerait, elle aurait besoin de toute cette sensualité à vif qui peut être horrible, Il viderait tout son être en elle, l'inonderait d'amour. Elle aimerait tant pouvoir étouffer cette peur qu’elle sent monter en elle. Elle aimerait tant que tous ces gens qui l'entourent s'intéressent un peu à sa vie peut-être que la vie n'a pas l'importance que chacun s'efforce à lui accorder. Elle ajoute. Elle allume une cigarette. Elle aperçoit Elstir qui traverse la pièce pour venir vers elle. Elle aperçoit Elstir, se dirige vers lui, voit un autre homme entrer par une porte du fond: leurs regards se croisent. Elle appelle Buchanan chez lui, demande une conférence électronique. Elle appelle elle: Merde alors, vient voir! elle pose couteau, beurre, baguette. Elle appelle un taxi, le plante là. Elle attend. Elle aurait dû me prévenir. Elle aurait été violée si l’arrivée d’un groupe de gens n’avait pas, par hasard, fait fuir ses agresseurs. Elle aurait tant aimé que son existence soit un roman. Elle aurait, maintenant, de loin préféré passer le réveillon avec Jordan. Elle avait beau se dire qu’après tout Noæl n’était qu’un jour comme un autre, qu’il y aurait d’autres réveillons, que ce n’était pas parce que, pour une fois, elle était seule qu’elle devait en faire un drame. Elle avait dans l’amour une innocence parfaite. Elle avait déposé un baiser sur les lèvres de Il puis, sans un mot, avait disparu. Elle avait disparu et quoi que j’ai pu faire, jamais je n’ai plus eu la moindre nouvelle d’elle. Elle avait disparu, les collègues de la securitate allaient s’en charger. Elle avait encore sur sa peau le parfum de leur étreinte furtive tellement pleine de sensualité et de fougue. Elle avait vingt-six ans, parlait un français impeccable. Elle Avarescu. Elle cherche Charlus tout en craignant de le voir effectivement, de capter son regard: son visage est bizarre, monstrueux, encadré par une chevelure raide d'une couleur fade pourtant, par ce qu’il traduit de décision, de force de caractère, elle sent qu’elle aimerait qu’il l’aime. Elle coince la porte du pied:. Elle commande à l’ordinateur l’affichage des éléments relevés chez il. Elle commence à jouir à la minute même où Il la touche. Elle comprend aussitôt que Jordan se méprend:. Elle construit deux séries distinctes: Sir Tarnepier, Pierre Tarnis, et deux noms qui, bien qu’incomplets, semblent appartenir à la même série: Peter Sarin et Peirse et Pradenos, San Pedro da Roda, De Sarpon, Dorpe San. Elle craint. Elle déboucle la ceinture du pantalon, puis de ses doigts légers descend lentement la fermeture éclair de la braguette:. Elle déchiffre ainsi la soirée comme un épisode d’une série policière bien construite où chaque événement est soigneusement programmé, attribue à tous ceux qu’elle connaît. Elle déconne. Elle demande à quoi maintenant ils doivent s’attendre, ce qu'ils doivent faire. Elle demande l’affichage de ses messages. Elle demande une recherche du mot sarpedon. Elle demande une recherche sur Jean de Jandun. Elle dérive dans un monde de sensations. Il l'épuise, elle lui mord les lèvres jusqu’au sang. Elle détourne son regard des flots d’images qui la fascinent, aperçoit la silhouette sombre d'un marin qui monte la garde. Elle disait être une arrière petite fille du général Avarescu, celui de la ligue du peuple, et la liberté de mouvement dont elle faisait preuve montrait bien qu’elle était privilégiée. Elle disait que la mémoire a besoin de béquilles que, si on ne l’aide pas à marcher, elle finit par se figer, que, plus tard, nous serions si heureux de retrouver des traces, même infimes, même dérisoires, qui nous permettraient de reconstruire ces moments de bonheur absolu. Elle disait que, pour vivre le présent, il fallait savoir oublier le passé et qu’il était inutile de le retenir. Elle disait que, pour vivre pleinement le présent, il fallait laisser le passé s’effacer, qu’il ne servait à rien d’essayer de le retenir. Elle dit. Elle donne sur une cave. Elle donne sur une pièce étrange, sphérique; en son centre, comme un vaste lit suspendu dans l’espace par quatre câbles qui forment un baldaquin et son reflet; entre la porte et le lit, une passerelle de verre. Elle dort dans un lit double sous le chromo d’une Vierge à l'enfant qui ne se lasse pas de se dédoubler dans les glaces d'une armoire digne d'une chambre de meublé provincial. Elle dut le sentir, se tut tout d’un coup, regarda sa montre: Je dois rentrer, dit-elle et, sans plus de façons elle me laissa là. Elle écarte les lamelles grisâtres des vieux stores vénitiens déformés isolant la fenêtre de son bureau, regarde rêveusement passer les énormes flocons de neige surgissant d’un ciel si noir qu’il semble empaqueter les immeubles de verre et d’acier. Elle en a quelques uns en réserve. Elle en est certaine. Elle en est sûre. Elle en était sûre!╔. Elle entend Charlus et Argencourt évoquer comme avec regret certains moments de leur commune enfance avec Oriane, elle tend l’oreille. Elle entend l’un d’entre eux déclarer doucement. Elle entend maintenant ce qu'elle aurait dû entendre longtemps auparavant; elle sait bien, de toute évidence, qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Elle entre à son tour:. Elle entre au 3 bis rue Denis Poisson. Elle éprouve une sourde inquiétude. Elle espérait peut-être un pourboire sur le moment, trop impatient d’examiner le contenu de cette lettre, j’avoue que je n’y ai même pas songé. Elle est à sa droite.

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22 novembre 2016

Amanda demande le divorce


Alexandra :
— Alors ?
 
Isadora :
— Amanda demande le divorce.
 
Johanna (peut-être public):
—La septième épouse…
 
Isadora :
(Peut-être public) : — Oui.
(Aux filles) C’est quand même un peu bizarre de ne se définir que comme des numéros… Il ne changera jamais ce beau mec. Il s’arrange toujours pour qu’on le quitte puis… il épouse.
 
Alexandra :
— Il aime, il épouse, fait des enfants et…
 
Isadora :
— Recommence un cycle avec une autre.
Vision réglée de l’existence.
 
Johanna :
— Constant n’est ni Don Juan ni Casanova, il ne cherche pas la performance… Qui est l’heureuse élue cette fois-ci ?
 
Isadora :
— Il n’a pas voulu le dire à Gaya. Tu sais… Une fois encore il se répète…
 
Alexandra :
— S’il continue sur sa lancée, elle doit avoir 27 ans.
 
Isadora :
— C’est vrai, je n’y avais pas pensé, à chaque nouvelle épouse il la choisit d’un an plus âgée que la précédente.
 
Alexandra :
— Façon symbolique de réduire la différence d’âge.
 
Toutes :
— C’est un écrivain oulipien, sa vie est dictée par les chiffres.
 
Isadora :
— C’est vrai, j’avais pas remarqué, tous les cinq ans il divorce…
 
 
Alexandra :
— Tous les quatre ans ou presque… Toute règle ne vaut que si parfois elle n’est pas respectée…S’il continue sur ce rythme, à soixante-dix ans, il aura épousé douze femmes.
 
Isadora :
— Et combien d’enfants ?
 
Alexandra (sur la calculette de son portable):
— À ce jour il en a 20. Si on en juge par le rythme passé il pourrait en avoir trente ou trente cinq…
 
Temps de silence.
 
Alexandra :
— Je me demande quand même qui Constant va épouser cette fois-ci.
il voit tellement de monde…
 
Elena:
— Il est toujours aussi charmeur…Nous sommes toutes restées amoureuses de lui.
 
Johanna se sent un peu à l’écart
 
Johanna :
— Pourtant…Il s’arrange toujours pour que ses femmes le quittent.
 
Isadora :
— Fin stratège !
 
Johanna:
— Je crois pas qu’il joue, il est comme ça, il aime aimer, voudrait pouvoir aimer tout le monde, au delà du raisonnable.
 
Elena:
— Il aime aussi qu’on l’aime, qu’on l’aime toutes.
 
Alexandra :
— N’est-ce pas le cas ?
 

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20 novembre 2016

Vengeance de la vague

Olivier Idle 

Avant tout était facile, ses journées étaient pré-construites, il lui suffisait de se laisser porter. De l’argent, il en a ; il est clair que les dirigeants de la compagnie sont des salauds... Fatigué... Oman a mis beaucoup de soin à disparaître : s’il avait envie d’aller à droite, il allait à gauche ou tout droit ; s’il était attiré par telle ou telle affiche, telle ou telle devanture, il s’en éloignait aussitôt. Les deux hommes parlaient un langage qu'il avait tout de suite reconnu, celle de son grand-père : «ne jemi dakord, nuk është ajo…"... Pourtant que la jeune serveuse, lunettes rondes, chignon serré, sourire obligatoire, s’avance vers lui et il se dit qu’il ne peut pas passer inaperçu, qu’il devrait peut-être faire comme les autres, parcourir un journal hippique, cocher des cases sur quelques bulletins, aller à la caisse les faire valider... Il lui faudrait agir. Autres pages. Oman se souvient que chaque année, une centaine de jeunes noirs sont tués par la police. La fatigue l’a poussé à entrer dans ce hall de gare qu’il ne connaissait pas. Une dame accomplit son travail de façon mécanique et machinale, elle ne semble pas s’intéresser à lui mais il se dit qu’il ne peut en avoir la certitude, se demande ce qu’elle fait là dans ces espace délaissé et quelle est la nécessité de son travail si personne ne vient ; pour lui les incidents fluctuent sans fin, deviennent anarchiques, variables ; il pense que malgré tout il a de la chance que, ailleurs, il serait déjà mort. ; Oman dit: Il y a neuf sortes de lieux qui peuvent être à l'avantage ou au détriment de l'une ou de l'autre armée ; N'oubliez rien pour lui débaucher ce qu'il y aura de mieux dans son parti: offres, présents, caresses, que rien ne soit omis. Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n'y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, restez vous-même tranquille : attaquer imprudemment, c'est chercher à se faire battre ; c'est grâce à cette méthode que j'examine la situation. Mêler les règlements propres à l'ordre civil et à l'ordre militaire, ayez, Ronald Mc Vey, une connaissance exacte de tout ce qui vous environne. Dans ces sortes d'occasions, qu'il ne vous arrive jamais de combattre sous le vent. Dès qu'un officier a accepté de perdre, il a perdu ; plus vous dépenserez, plus vous gagnerez, c'est de l'argent que vous placez pour en retirer un gros intérêt — Un général qui s'expose sans nécessité, comme le ferait un simple soldat, qui semble chercher les dangers et la mort, qui combat et qui fait combattre jusqu'à la dernière extrémité, est un homme qui mérite de mourir... S'il en vient à bout, et qu'il puisse cacher de même jusqu'aux moindres de ses démarches, ce n'est pas seulement un habile général, c'est un homme extraordinaire, c'est un prodige. Dès que votre armée sera hors des frontières, faites-en fermer les avenues, déchirez les instructions qui sont entre vos mains et ne souffrez pas qu'on écrive ou qu'on reçoive des nouvelles; rompez vos relations avec les ennemis, assemblez votre conseil et exhortez-le à exécuter le plan; après cela, allez à l'ennemi ; Il n'est pas jusqu'au souverain qui ne ressente sa part des malheurs communs. Si vos ennemis font des marches forcées, c'est qu'ils croient courir à la victoire ; si passant près de quelque rivière, ils courent tous en désordre pour se désaltérer, c'est qu'ils ont souffert de la soif ; s'ils n'ont pas le courage d'avancer, quoiqu'ils soient dans les circonstances où il faille le faire, c'est qu'ils sont dans l'embarras, dans les inquiétudes et les soucis... Vous pouvez compter sur une victoire certaine si vous connaissez tous les tours et tous les détours, tous les hauts et les bas de tous les lieux que les deux armées peuvent occuper, depuis les plus près jusqu'à ceux qui sont les plus éloignés, parce qu'avec cette connaissance vous saurez quelle forme il sera plus à propos de donner aux différents corps de vos troupes

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12 novembre 2016

BB n'est pas non plus convaincu d’aimer

Il lui semble que son esprit est plein de confusion et de chocs, que le trouble. Depuis longtemps elle pense à la mort. Quelques nuages paressent dans la brise... Edwige se sent plongée en plein polar... Les lointains sont veloutés. Est heureuse comme on ne peut l'être qu'à son âge. La réalité est ce qu'il pense — son image tourne sans fin dans un miroir colossal au cadre vert pomme. Se demande toujours si toute vie vaut n'importe quelle autre vie... Edwige l'approche d'un dolmen, tourne autour comme si c'était le premier n’y découvre rien et surtout pas la confirmation de sa nécessité à être là... Se sent vieux et désabusé ; le ciel est d'un bleu profond ; poursuit son chemin. La grille de mots croisés commencée au crayon de papier — Edwige ne s'y retrouve pas effectivement — a le visage provisoire ; Gautmar sait orties, chardons, airelles, églantines, prunelles, ces âmes épineuses des causses. Edwige marche sans but, pour marche, pour remplir sa tête de ses pas. Edwige a un nez un peu retroussé — dort peu, les nuits lui sont lourdes.

Le ciel domine l'espace — le bloc de feuilles jaunes sur lequel a été griffoné le nom elle. Un nuage se met à couvrir lentement le soleil. L'ordinateur ; une liste de noms parmi lesquels il et Sœur Anne — les verres qui portent des repères de vin. Grand ciel rouge ; un des tableaux dont le lourd cadre doré porte en légende : éros. Le fauteuil où Barbe-Bleue n'est plus ; le cendrier plein de cendres. Pieds nus, Sœur Anne marche dans la poussière. Le fauteuil où il n'est plus — les nuages déroulent sur la ville sombre leurs rouleaux géants.

N'est plus assuré de l'utilité de faire... Supporte la conversation de moins en moins de monde. Il n'est pas convaincu non plus d’aimer son rôle de patriarche ; comment se retrouver dans tout ça ; Waltgauld est incapable de vivre sans l'arrière-goût du doute. Waltgauld avance parmi les choses avec une vision noire... Waltgauld supporte la conversation de moins en moins de monde... Désormais que la fin se rapproche, Waltgauld se dit que la vie n'est rien... On vit, on finit par avoir toute une encyclopédie. Waltgauld ne saurait dire ni si ils sont heureux ni s'ils ont envie de continuer à vivre ; se sent vieux et désabusé ; doit prendre conscience de la réalité. Dort peu, les nuits lui sont lourdes... Sa femme est morte depuis dix ans, ses trois enfants sont indépendants. Waltgauld est incapable de vivre sans l'arrière-goût du doute. Waltgauld a peur du vide. Waltgauld déteste les portraits ; regarde avec détachement les objets qui ont jalonné sa vie ; les actes accomplis extérieurement ne sont pour lui qu'une manifestation secondaire. Waltgauld est capable de réaliser quantité de choses qui lui auraient valu une grande réputation de sociabilité-et à l'occasion il les accomplit-mais la plupart du temps il n'en éprouve que l'inutilité et ne les fait pas.

Est grande et mince ; Rotrude veut vivre sa vie précisément comme elle l'a décidé — Rotrude est au bord de la crise de larmes sans savoir pourquoi... Ne déteste qu'une seule chose c'est devoir aller à Paris (aussi elles n'y vont jamais). Ne cesse de s'émerveiller devant les surprises de l'existence — est incapable d'être moins absolue. A un nez un peu retroussé, des lèvres étroites, d'immenses cils et presque pas de sourcils. Aurait tout à fait voulu que tout le monde aime tout ; Rotrude ne s'y retrouve pas effectivement ; ses sens sont en paix — Rotrude suit des cours à distance. Rotrude rend les gens heureux en leur laissant croire qu'ils sont quelque chose qu'ils ne sont pas... Ne comprend pas pourquoi quelqu'un peut la détester. Ajoute à toutes choses la magie du sens. Il est manifeste que l'auteur des lettres anonymes a une idée derrière la tête... Quand les événements se déroulent trop vite, peu s'importent si vous êtes horriblement prudent ou tellement téméraire — Rotrude n'est pas née de la dernière pluie ; Rotrude essaie de réfléchir à tout ce qui lui arrive depuis quelques jours.

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01 novembre 2016

Vers Cabrières, 12 h 25

Un sourire pur balaie son visage. Un vieux chien noir-blanc le suit comme une ombre, seul son halètement rythme le temps. Il pense que tout ce que propose la civilisation, tout ce qu'elle apporte, rien n'est rien si les hommes ne comprennent pas qu'il est plus émouvant pour chacun d'eux de vivre un jour que de réussir le progrès technologique. Un vol lent de corbeaux s'arrache du sol lourd comme une seule masse. Un peu plus, un peu moins, c'est beaucoup, c'est même l'essentiel. Il laisse la porte grande ouverte aux impressions qui pourraient le changer. Il presse l'allure, il aperçoit vers l'est la tache sombre d'une forêt. Il cherche dans la solitude le chemin qui mène à lui-même. Il pense que les mots peuvent prendre le goût intérieur des herbes. Un seul chemin vers le centre absolu…. Absent du temps, il est au-delà du bonheur, au-delà du malheur. Comme de vieux plumets dérisoires, des silhouettes d'arbres malingres soulignent les crêtes des collines. Seul le ciel peut ici avoir une couleur si franche. Il va sans savoir où il va, et plus sûr de ses pas que si une volonté lucide le menait. Comme de vieux plumets dérisoires, des silhouettes d'arbres malingres soulignent les crêtes des collines. Il ne s'oublie pas, il est en possession de lui tout entier et, en cet instant unique, il est égal à lui-même. Il est déjà au futur. Il pense que ces lieux sont insensibles au temps, aux passages des hommes, ignorent tout de leurs folies. Le monde autour de lui est  clos comme une coquille. L'homme qui songe est un dieu, celui qui pense un mendiant. Il aspire à l'éternité mais préfère encore son temps. Rien ne passe, pour qui ne passe pas. Il ne sait pas où il va ; il va droit devant lui. La solitude profonde et comme intemporelle qui l'environne, l'aspect incorporel de ce paysage, tout cela avive son imagination. Voir, revoir… il est incapable de dire ce qui du souvenir ou du présent l'emporte. Nul œil ne peut être plus clair ou plus brillant que l'œil qui n'a rien à créer, rien à faire que de chercher à voir. La solitude lui monte à la tête. Sa seule véritable exaltation est de savoir qu'on peut changer la vie, entrer dans un nouveau monde meilleur. Frémissement des ombres. Il n'a pas de montre. Le paysage est comme un soupir dans le silence. Il attend quelque chose, ne sait quoi, mais attend…. L'air ne porte aucune trace de passage. Il ne sait plus très bien où il va. Il sait l'orgueilleuse solitude que figure l'isolement presque absolu du plateau. Le versant tout entier de la colline chante doucement au soleil. Le silence l'attire-lui fait peur…. Il aime ceux qui ne veulent pas se conserver. Sur sa droite, s'étale de la rocaille à vipères, dégarnie d'arbres. Le paysage est comme un soupir dans le silence.

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19 octobre 2016

Un homme qui épouse


Johanna :

—Un vrai Barbe-Bleue…

Isadora :

— Pas vraiment, il ne tue pas ses femmes, il les protège.

Alexandra :

— Il est assez novateur comme homme à femmes.

Isadora:

— Toutes aimées… Toutes… Tu le sais, tu as été sa cinquième épouse…

Alexandra (un peu rêveuse) :

— Je crois même qu’il nous aime encore d’une certaine façon.

 Isadora :

— Il n’a jamais rompu.

 

Sonnerie du téléphone d’Isadora qui coupe la coda du duo. Elle décroche

 

Isadora :

— Oui… Ah, c’est toi

 

Elle met la main devant son téléphone. À Johanna :

 

— C’est Gaya !

Johanna (Peut-être public):

La quatrième épouse de Contant ?

Isadora :

(Peut-être public) : — Oui.

(Au téléphone) : — Ah bon. Donc rien ne change.

 

Elle raccroche

Johanna :

— Il quitte mais ne rompt pas…

 

Petit temps, elles sont rêveuses…

 

Alexandra :

— Sais-tu de qui ton fils est amoureux.

Isadora :

— Je ne soupçonnais même pas qu’il soit amoureux…

Johanna :

— C’est plutôt bien d’être amoureux à son âge

Alexandra :

— Le problème n’est pas là…

Isadora :

— Toi, tu sais quelque chose.

Alexandra :

— je crois qu’il aime Marion.

Isadora :

— Marion ?…

Elena:

— Ma fille?

Les 3 autres (Choeur grec) :

 

Oui…Marion fille d’Elena la troisième épouse de Constant, puis de Jonas, la demi-sœur de Jonathan…

 

Johanna & Alexandra:

— Un amour impossible…

Isadora & Elena:

— Un amour impossible.

 

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24 septembre 2016

Solitude du risque

Par Franck Domino

Soyez toujours sur vos gardes ; dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n'y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, si tout est tranquille chez eux, restez vous-même tranquille : attaquer imprudemment, c'est chercher à se faire battre. Il faut plutôt subjuguer l'ennemi sans donner bataille: ce sera là le cas où plus vous vous élèverez au-dessus du bon, plus vous approcherez de l'incomparable et de l'excellent. Tout cela ensemble forme un corps de discipline dont la connaissance pratique ne doit point échapper à la sagacité ni aux attentions d'un général... Dans des lieux importants, je nourrissais bien le soldat, je l'accablais de caresses ; Après avoir enfanté quelque projet, si vous apprenez que votre secret a transpiré, faites mourir sans rémission tant ceux qui l'auront divulgué que ceux à la connaissance desquels il sera parvenu — On peut réduire à quatre points principaux ces différentes situations — les ressources de ceux qui sont habiles dans l'utilisation des forces indirectes sont aussi infinies que celles des cieux et de la terre, et aussi inépuisables que le cours des grandes rivières. Servir votre prince, faire l'avantage de l'État et le bonheur des peuples, c'est ce que vous devez avoir en vue; remplissez ce triple objet, vous avez atteint le but ; Faites en sorte que l'ennemi soit entre vos mains comme une pierre de figure ronde, que vous auriez à faire rouler d'une montagne qui aurait mille toises de haut: la force qui lui est imprimée est minime, les résultats sont énormes — Celui qui arrache le trophée avant que les craintes de son ennemi ne prennent forme excelle dans la conquête. La manière d'attaquer et de se défendre ne doit pas être invariablement la même, elle doit être prise en fonction de la nature du terrain qu'on occupe et de la position où l'on se trouve... Celui qui connaît l'art de l'approche directe et indirecte sera victorieux — S'il s'agit de garder, gardez avec force: ne vous endormez point. Les paysans peuvent en cela vous être d'un grand secours : faites-leur seulement comprendre qu'ils doivent empêcher que d'injustes ravisseurs ne viennent s'emparer de toutes leurs possessions et ne leur enlèvent leur père, leur mère, leur femme et leurs enfants. Suivez ces conseils et vous serez toujours vainqueur.. Vicissitudes — entrebaîlle chaque souvenir à l'existence. Arif pense, en lui-même : "la première fois que je l'ai vue, elle devait avoir douze ans". Regarde devant elle... Le réel-seul-comptait... Adélaïde est folle d'espérance... Une cigarette n'est plus ce qu'il lui faut. Nostalgie pure ; Arif a presque neuf ans. Certaines choses devraient arriver — un gamin rieur blond aux joues rebondies regarde affectueusement l'objectif comme s'il connaissait le personnage qui filme. Arif cherche quelque chose mais quoi... Il y a un avant et un autrefois... Bouge à peine ; Arif regarde la vie avec une innocence et une fraîcheur infinies qui lui donnent un appétit formidable. Arif revoit cela avec précision — Arif sourit. Arif remonte dans son enfance la plus lointaine pour s'imposer des images précises... Il y a si longtemps de cela, les événements se noient dans la distance — chaque instant était précieux. Arif refuse d'explorer plus loin ses souvenirs. La ville était un décor. Promesse d'un avenir..

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18 septembre 2016

Incertitudes

Depuis des jours et des jours qu’il traîne ainsi dans la ville, il doit s’avouer qu’il n’est peut-être plus très sûr de son choix de rupture. A-t-il bien compris ce que disaient les interlocuteurs au restaurant ? Est-il bien sûr que sa société s’apprêter à vendre des tonnes de médicaments dangereux car frelatés au travers d’une série de sociétés-écran difficilement traçables et contrôlables pour le marché africain ? Il a bien entendu ça, mais a-t-il vraiment tout compris de cette conversation dans les bruits d’un restaurant ? Et puis même ? Même s’il avait raison, dans la mesure où il n’avait encore rien dénoncé, était-il vraiment en danger. Ou alors pourquoi n’avait-il pas encore agi pour dénoncer ce trafic qui représentait des millions de dollars ? Était-il trop lâche ? Ou plutôt comment se faisait-il qu’il n’ait pas encore trouvé de méthode efficace qui, tout en mettant fin au trafic, le laisserait à l’abri ? Une lettre anonyme ne suffirait pas, c’est évident, il lui faudrait des preuves. Sa position lui aurait permis de pénétrer dans les données informatiques de sa société mais il aurait fallu qu’il n’adopte pas cette fuite immédiate et irraisonnée. Alors qu’ils auraient dû être protégés, les lanceurs d’alerte n’étaient pas trop bien acceptés dans le monde et bien souvent leur vie était détruite.

Maintenant, difficile de revenir en arrière : il s’était mis en rupture avec sa société, pire encore avec sa famille. Comment pourrait-il revenir chez lui sans, cette fois-ci pour de bon — car sa hiérarchie soupçonnerait vite quelque chose — mettre en danger sa famille ? Il aurait pu partir plus loin, se retirer dans un trou perdu du monde, en Afrique par exemple, d’où il pourrait peut-être trouver des alliés pour un combat qui n’avait pas encore commencé, mais il avait besoin de cette ville, de sa ville, ne se sentait en sécurité qu’ici car il en connaissait tous les problèmes, tous les rouages, toutes les possibilités. Ici il avait l’impression, malgré sa situation étrange de SDF riche, de maîtriser tous les possibles. Son errance n’y était pas un égarement mais un élargissement de ses connaissances. Il savait, il sentait, intimement, qu’il ne pouvait vivre ailleurs, il était comme une minuscule cellule de cette ville incapable de subsister en dehors de son corps-mère. En parcourir sans fin l’infini des rues au hasard lui était comme s’y métastaser.

Il avait maintenant pris conscience d’une évidence : ou il poursuivait cette vie entamée depuis quelques jours, usant parcimonieusement ses ressources qui lui permettraient de tenir des années, se satisfaisant d’être un petit corps parasite du grand corps collectif qui ignorait son insignifiance ou il se décidait à mener son combat. Cette deuxième solution le tentait de plus en plus : redonner enfin du sens à sa vie, ignorer cette trouille qui l’avait paralysé jusque là, redevenir un homme au sens plein. Mais comment le faire sans s’exposer, comment mener à la fois l’exposition médiatique nécessaire et l’anonymat qu’il devait à sa famille ? Sur quels leviers agir, sur qui compter ? Jamais, durant toute sa vie, il n’avait été confronté à un tel ensemble d’inconnus et d’incertitudes et pourtant, il sentait maintenant qu’il ne pouvait en rester là.

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09 septembre 2016

Affolement de l'eau

Par John Hammerstein

— Dis donc, soeur, tu sais que c'est de la camelote, tout ce que tu as acheté? Le beau Imaan appelle ta japonerie “le bazar à treize sous” ; Loraine avait fait le voyage dans l'unique pensée de s'agenouiller là... Son coeur se révoltait. Les bières et les cortèges filaient en silence, comme des ombres découpées, sur la pâleur d'un linge. Loraine sortait de sa rêverie, lorsqu'elle aperçut près d'elle une mendiante qui se traînait ; Voyez donc, voyez donc. Le plein jour de la rue entrait alors en un coup de lumière blafard, et qui attristait le resplendissement des lampes et des bougies ; Le petit Vania, un petit bambin de deux ans et demi, portait son costume de Pierrot d'une façon si drôle, que tout le monde l'enlevait au passage pour l'embrasser... Je serais allé directement chez monsieur Botan, mais j'ai pensé que vous le connaissez davantage, que vous auriez plus d'influence ; Sa passion était surtout les images ; Son admiration se traduisait par un sourire involontaire, tandis qu'elle échangeait un coup d'oeil avec Unity... Ukam, qu'une tristesse avait peu à peu rendu silencieux, s'aperçut du malaise d'Angela ; comme on ne lui répondait pas, il prit sa canne, en continuant de causer, pour affecter un beau sang-froid... Vous savez bien que je ne peux pas... Les dix minutes s'écoulèrent, une heure se passa ; vous savez bien que je ne peux pas. Ce mardi-là, Loraine, assise près d'une fenêtre, travaillait à un ouvrage de couture, profitant des dernières lueurs du crépuscule, en attendant ses invités. Les lumières naissaient dans la nuit avec un brusque sursaut, tout d'un coup, et restaient fixes, scintillantes comme des étoiles. Le torrent, entre ses berges que les rayons obliques enfilaient, roulait des flots dansants où le bleu, le jaune et le vert, se brisaient en un éparpillement bariolé : mais, en remontant le fleuve, ce peinturlurage de mer orientale prenait un seul ton d'or de plus en plus éblouissant : et l'on eût dit un lingot sorti à l'horizon de quelque creuset invisible, s'élargissant avec un remuement de couleurs vives, à mesure qu'il se refroidissait ; Qu'ils restent là-bas, puisqu'ils ne veulent pas venir : mais, au moins, qu'ils se taisent! Et Loraine envoya Marie Anne, qui, enchantée, courut faire la commission. Dès qu'elle l'aperçut, la pauvre femme se jeta dans ses bras en pleurant, en l'appelant son bon ange. ; La vie brûle quelques instants sur votre passage, pourriez-vous m'aimer autant que je vous aime.... J'en prends le plus possible, je les archive soigneusement, les annote et, avant toute rencontre, les consulte longuement.. Elle était seule ; Un peu drôle en société lorsqu’il s’agit de se distraire ; j’écrivais des poèmes érotiques ; Ce devait être autour de 1988 je ne l’ai ni datée ni annotée il m’avait invité chez lui pour me montrer comment il travaillait avec un ordinateur ; Bon, ok, je sais bien que ce qu’il écrit n’a aucun succès... Je vais donc abréger: ils eurent pendant quelques mois une vie de passion intense ; cher Taanach : je voudrais construire un univers devant lequel s'agenouiller... Vous non plus certainement — Taanach alla chercher au buffet deux verres de champagne et s’approcha ; Je ne sais pas comment elle a obtenu mon adresse... L’agent de sécurité, une armoire black, cool: «Comme vous voudrez monsieur.» Altaï largue ses deux articles sur la caisse et se tire comme s’il remportait une victoire... Branche tombée sur le flot d’un torrent, j’ai, sans y avoir vraiment compris quelque chose, toujours été ballotté d’un incident à l’autre. Retour à la maison. Sous l’apparence de tel ou tel, quel être pense, vit, fantasme réellement? Cela va bien sûr de la réflexion sur les origines à la dissociation personnage public-personnage privé, en passant par l’apparence et ce qui fait tenir cette apparence. Nous nous connaissions depuis près de deux ans, nous nous fréquentions souvent et, tant que la passion de Loraine et Botan fut à son comble, tant que celle de Mary-Ann et de moi planait dans l’irréel, aucun de nous n’aurait eu l’idée de regarder la compagne de l’autre — c'est pourtant bien son apparence physique qui m’a séduite au premier abord — Un texte est un texte. Un peu des deux certainement..

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