Écrits de Marc Hodges

22 mars 2017

Dans le mariage on ne compte pas

Elena :

— Tu te moques de nous ?

 

Johanna :

— Non, pourquoi ?

 

Elena :

— Il n’y a jamais eu de fille de concierge dans les épouses de Constant.

 

Johanna :

— Alexa est avocate ; tu es podologue ; Gaya, créatrice de mode ; Alexandra, musicienne, professeur au conservatoire ; Espéranza, mère au foyer…

 

Elena :

— Oui, mais elle était surtout rentière… et Amanda est artiste multimédia. Une fille de concierge ne semble pas convenir aux règles implicites de Constant… D’ailleurs, si on examine ça, on peut éliminer Carlota Barthes, qui est chômeuse et Juana Desmonds, ouvrière chez Duplat.

 

Johanna :

— Il en reste donc trois…

 

Elena :

— Oui, Goana Roberts, Tatiana Desplats et toi…

 

Johanna :

— Tu as raison…

 

Elena (souriante) :

— Dont toi, Johanna Lipardi…

 

Johanna (troublée)  :

— Si c’était le cas, je le saurais et… quelles raisons j’aurais d’épouser Constant ?

 

Elena :

— Des quantités de raison : il est aimant, fidèle…

 

Johanna :

— Fidèle, façon de parler…

 

Isadora :

— Non, il ne trompe jamais ses femmes, il a horreur du mensonge et du double jeu. Quand il aime, il aime totalement. Quand il aime moins, il le montre et incite ses femmes à divorcer. C’est aussi simple que ça. Je crois que dans ses femmes il cherche la preuve que la vie l’épargne… Sa seule religion, c’est le mariage et il le pratique assidûment.

 

 

Johanna :

— pas très original…

 

Elena :

— J’en suis d’accord mais du coup ça en fait un compagnon tout à fait charmant qui sait tout donner pendant la période qu’il donne. Je t’avouerai que je suis assez d’accord avec cette conception de la vie.

 

Johanna :

—Ça ne m’étonne pas, tu as été mariée trois fois…

 

Elena :

— Quatre : Constant, Jonas, Khaled et Sébastien. C’est quand même beaucoup moins que Constant et puis… je ne suis pas oulipienne mais sentimentale…

 

Johanna :

— C’est vrai, ça change tout.

Elena :

 

— Revenons à Constant : c’est un amant, un époux et un père exceptionnel. Non seulement il aime tous les siens mais, en plus, tous les siens l’aiment. Ses dix garçons et ses dix filles l’adorent… Il en est de même de ses deux petits fils Benito et Julien…

 

Johanna (rêveuse) :

— Je l’ai souvent constaté.

 

Elena :

Il est vrai qu’il n’a pas de problème d’argent : rien que les droits télé et cinéma sur l’adaptation de son dernier roman lui ont rapporté près de deux millions d’euros.

 

Johanna (toujours rêveuse) :

—  Il est en effet talentueux…
 

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18 mars 2017

Ambition

Par Lou James

Arrive le soir ; on parque les vaches, on entrave les ânes, qui s'égarent tous les deux jours, on fait le compte des fardeaux; puis quand les vivres ont été abondants et que la lune brille, le tambour fait rage, les mains battent avec force, et le chant monotone, que la foule dit en chœur, appelle à la danse toute la jeunesse des environs...

— Voici le moment où le soleil pénètre par la porte de l'est jusqu’au milieu des cabanes, où les bœufs rentrent dans les parcs. Cette population était en grande partie composée de juifs.

— mes femmes sont tiennes, toutes, sans exception... Sa fiancée… il y songeait souvent… S’il eût fallu la perdre, il lui semblait que sa vie eût été brisée... Personne du reste ne pouvait les voir, pas même l’époux de Germaine ; elle proclamait que c'était saint ; en violant la défense de l’idole, on s’exposerait à faire mourir les jumeaux. Sa longueur totale était d'environ deux cent cinquante milles géographiques, et sa plus grande largeur de vingt à vingt-cinq milles. Et cette multitude les assommera à coups de pierres et les taillera en pièces par l’épée. Fiamma était rentrée, et il ne lui disait rien ; – il ne la regardait même pas, – alors Landranda ne comprenait plus... Pensa que dans ce troupeau était celle qui lui était destinée, et s’amusa en passant à les dévisager toutes, comme pour en choisir une. Le surlendemain les, leur  maîtres des couleurs, capitaine en tête, se présentèrent en grand costume et réclamèrent la gratification qu'ils ne devaient recevoir qu'à la fin du voyage. Enfin on arriva dans la terre des Chablaes. Un contretemps perpétuel des accompagnateurs, et des syncopes inattendues, parfaitement comprises et observées par tous les exécutants, étaient les traits les plus caractéristiques de cet art – inférieur peut-être, mais assurément très différent du nôtre. Au milieu de la nuit, Fiamma se sentit très mal, fut pris d’un fort accès de fièvre, se mit à délirer : elle criait que les rats blancs venaient ronger ses pieds sous sa robe ; elle ramenait sur elle ses couvertures avec le geste des moribonds. Les femmes étaient affublées de l'ancien fourreau des Européennes qui leur écrase la poitrine. Des esclaves nés hors du pays allèrent chercher l’homme et l’amenèrent sur la place. Tristesse de cette terre. Or, dans les cabanes au bord des lagunes, on ne préparait aucun sacrifice, mais Fiamma, à peine débarquée, courut chez la déesse, le vieillard redouté qui connaissait les gri-gri et les médailles, les secrets de la vie et de la mort. Deux heures après j'arrivais à Yombo, petit village récemment établi et formé de tentes circulaires entourées d'arbres, parmi lesquels je revoyais le sorcier. Maigre et dégingandé, il avait des jambes longues aux genoux saillants, serrées dans un pantalon kaki trop étroit ; son buste était légèrement penché en avant ; sa figure glabre en lame de couteau, au nez pointu, au front fuyant, son toupet de cheveux d’un roux ardent, ses mouvements raides et brusques, lui donnaient un vague aspect de gallinacé. Peut-on regarder comme un bien un génie à peu près stérile ? Que servent à un grand seigneur les domaines qu’il laisse en friche ? Est-il riche de ces champs incultes ?. C'est une grande racine qui n'a pas de fin... Qui connaît ne parle pas : qui parle, ne connaît pas — pénétrez-vous bien aussi de cette idée, que nous ne mourons jamais qu'à notre heure — l’originalité d’un dessinateur comique pourrait se définir par le genre particulier de vie qu’il communique à un simple pantin — les hommes sont souvent portés au crime par de fatales rencontres, ou par leur situation ; ainsi leur vertu dépend de leur fortune ; ceux qui ont des passions plus sérieuses étant froids, sur ces puérilités, toute la vivacité de leur esprit demeure concentrée. Hàtons-nous donc ! C'est à ce seul prix que la vie est un bienfait ; autrement ce n'est qu'un obstacle honteux qui nous retient dans le déshonneur... Car c'est un fait remarquable que plus un art est contestable, plus ceux qui s’y livrent tendent à se croire investis d’un sacerdoce et à exiger qu’on s’incline devant ses mystères ; les plus grands penseurs, depuis Aristote, se sont attaqués à ce petit problème, qui toujours se dérobe sous l’effort, glisse, s’échappe, se redresse, impertinent défi jeté à la spéculation philosophique — N’importe ; on s’attache à l’idée qu’on se plaît à s’en figurer, ce n’est même que cette idée que l’on aime, ce n’est pas la femme légère ainsi l’objet des passions n’est pas ce qui les dégrade ou ce qui les ennoblit, mais la manière dont on envisage cet objet — les mêmes signes n'ont pas toujours le même sens. Des commencements souvent heureux remplissent l’esprit des joueurs de l’idée d’un gain très rapide qui paraît toujours sous leurs mains : cela détermine — les personnes enjouées, les objets frivoles intéressent, paraissent les plus vifs dans le monde. Avec la faculté de sentir, on atteint sa forme comme d'une chose dont on trafique. On veut l'imiter, et on ne l'observe pas assez — celui qui apprend à tirer de l'arc s'impose un but déterminé, et se forme la main à diriger les traits qu'il lance. Mais de quels monstrueux éléments ces philosophes ont-ils composé la sagesse. Mais cette présomption, qu’on pourrait supporter dans les hommes qui ont des talents, se remarque aussi parmi ceux qui raisonnent des talents, et qui ont une teinture superficielle des règles du goût, dont ils font des applications tout à fait extraordinaires. Les bagatelles qui soutiennent la conversation étant leur passion dominante, elles excitent toute leur vivacité, leur fournissent une occasion continuelle de paraître.

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10 mars 2017

Le quotidien et la gloire

Né en 1922, ma vie a traversé un monde de crises et de guerre. Pas une année où il n’y ait une guerre, souvent plusieurs, massacrant sans la moindre hésitation des hommes, des femmes, des enfants, dans un territoire ou un autre. Pas une année où une crise n’a pas tué, déplacé, martyrisé moralement et physiquement des êtres qui ne demandaient qu’à suivre, le moins mal possible, la trajectoire de vies modestes. J’ai essayé, en vain, d’y échapper. Jugeant que l’homme était un animal déséquilibré, je me suis mis le plus possible à l’écart du commerce de mes semblables, m’enfermant peu à peu dans l’illusoire retrait de l’écriture et de la lecture allant jusqu’à bâtir, dans le village perdu où je vis comme un dominicain, un blockhaus de livres. Et tout cela en vain… Dans les rues que je voulais immuables, des hommes, des femmes mendient, dorment dans le froid et le vent, sous la pluie et la neige, des jeunes gens désœuvrés se battent pour un regard, menacent des vieillards, pillent ce qui tient, difficilement, lieu de boutique. Seul aujourd’hui, le virtuel, ce monde artificiel et aseptisé me reste comme dernier refuge. L’ennui avec la littérature, c’est qu’elle propose des ensembles de récits cohérents. Pourtant, quand je regarde en arrière, que j’essaie de rassembler mes souvenirs pour écrire ce livre, je suis bien contraint de reconnaître que ma vie n’a été rien d’autre qu’un moment après l’autre sans réelle visée, sans unité, une suite de moments que seul le temps a réuni, un chaos de hasards et d’incertitudes qui, mis bout à bout, ont fait de mon existence ce qu’elle a été. Se plonger dans ses souvenirs est ainsi, en quelque sorte, comme une reconstruction idyllique de ce qui a été, l’assemblage bonifié de suites disparates.

Car en 1942, période troublée s’il en est, mon bonheur était, selon les critères conventionnels d’évaluation du bonheur, presque parfait et l’environnement de plus en plus guerrier du monde ne me concernait guère. Je n’étais pas un résistant me contentant d’être un réfractaire en fuyant le STO chez mon grand-mère où ma mère et mes sœurs, mon père ayant été rappelé à son devoir de sous-officier de réserve puis rapidement fait prisonnier quelque part dans la Somme, n’ayant pas tardé à nous rejoindre. Ma mère, ayant retrouvé cet environnement de village pour laquelle elle avait été formatée, n’était plus dépressive. Tout, bizarrement, allait donc presque pour le mieux. Dans ce village isolé dans un trou du plateau rugueux de la Margeride, et malgré l’arrivée en décembre 1942, des troupes allemandes, nous ne manquions de rien. La résistance qui s’organisait autour de nous laissait flotter son parfum d’héroïsme mais ne vivait pas encore les multiples drames qui allaient l’ensanglanter dans les années suivantes. Je sentais pourtant que Sophie n’y était pas vraiment insensible et qu’elle aurait aimé que, de réfractaire, je devienne résistant, situation plus glorieuse mais pour laquelle, n’ayant aucune envie de dormir dans le froid des bois presque impénétrables de la Boulène ou de la Margeride, d’autant que, cette année-là, la résistance était beaucoup plus civile que militaire même si des regroupements de jeunes gens, résolus à ne pas aller travailler en Allemagne, commençaient à s’organiser. Nous en parlions de plus en plus souvent, un peu comme si nous nous proposions une fiction sans avoir réellement ni le désir profond ni les contacts nécessaires pour que ces rêveries rencontrent une certaine réalité. Pourtant, en décembre 1942, un événement inattendu introduisit chez nous comme un fragment d’histoire.

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07 mars 2017

Aventure

Par Didier McGear

Ce qui augmente encore en moi mo, embarras est l'attention des écoutants, les interprétations et le poids qu'ils donnent à tout ce qui part d'un homme qui, ayant écrit expressément pour les enfants, est supposé ne devoir leur parler que par oracles... Cet accident me fut pourtant bien sensible par la circonstance, car c'était le temps des exercices où l'on faisait manoeuvrer la bourgeoisie, et nous avions fait un rang de trois autres enfants de mon âge avec lesquels je devais en uniforme faire l'exercice avec la compagnie de mon quartier. Au milieu du dîner, l'aînée, qui est mariée depuis peu et qui était grosse, s'avisa de me demander brusquement et en me fixant si j'avais eu des enfants. Mais bientôt ennuyé de vider ma bourse pour faire écraser les gens, je laissai là la bonne compagnie et je fus me promener seul dans la foire. Si j'attends encore, je n'aurai plus dans ma délibération tardive l'usage de toutes mes forces; mes facultés intellectuelles auront déjà perdu de leur activité, je ferai moins bien ce que je peux faire aujourd'hui de mon mieux possible :... D'ailleurs, avant qu'on ait obtenu tout cet acquis par des leçons si tardives, l'à-propos d'en user se passe... Au bout de deux ou trois heures je m'en revenais chargé d'une ample moisson, provision d'amusement pour l'après-dînée au logis, en cas de pluie. Les particuliers meurent, mais les corps collectifs ne meurent point. Un exemple expliquera mieux ce que je veux dire et montrera que je ne mens ni par intérêt ni par amour-propre, encore moins par envie ou par malignité : mais uniquement par embarras et mauvaise honte, sachant même très bien quelquefois que ce mensonge est connu pour tel et ne peut me servir du tout à rien ; Johanna avait vingt-huit ans alors, étant née avec le siècle ; je me fatiguai à faire sur tout ça mille commentaires et à tâcher de comprendre des mystères qu'on a rendus inexplicables pour moi. En ceci comme en tout le reste mon tempérament a beaucoup influé sur mes maximes, ou plutôt sur mes habitudes ; car je n'ai guère agi par règle ou n'ai guère suivi d'autres règles en toute chose que les impulsions de mon naturel. Tout d'un coup, âgé de soixante-cinq ans passés, privé du peu de mémoire que j'avais et des forces qui me restaient pour courir la campagne, sans guide, sans livres, sans jardin, sans herbier, me voilà repris de cette folie, mais avec plus d'ardeur encore que je n'en eus en m'y livrant la première fois ; me voilà sérieusement occupé du sage projet d'apprendre par coeur tout le Regnum vegetabile de Murray et de connaître toutes les plantes connues sur la terre... Les premières fois je fus charmé de le voir, je lui donnais de très bon coeur, et je continuai quelque temps de le faire avec le même plaisir, y joignant même le plus souvent celui d'exciter et d'écouter son petit babil que je trouvais agréable ; je frémis encore d'y penser... Johanna m'avait parlé d'un roman qu'elle voulait faire pour le présenter à Richilde ; je peux dire à peu près comme ce préfet du prétoire qui disgracié sous Vespasien s'en alla finir paisiblement ses jours à la campagne : J'ai passé soixante et dix ans sur la terre, et j'en ai vécu sept.... Un policier bonnasse discute avec l'herboriste ; deux hommes discutent à la terrasse du café Jean-Pierre Balpe... Un meurtrier est retrouvé en prison sous un faux nom. Les discussions de jeunes touristes allemands introduisent dans le paysage une note exotique... Un grand noir passe portant sur l'épaule droite un transistor qui hurle un air de salsa. Un camion ivre tangue au bord d'une route et lâche, d'une de ses fenêtres un petit ballon mauve ; l'étagement progressif et profond des toits a quelque chose de rassurant qui garantit contre le vide. Comme le jour tombait et que sa mémoire commençait à s’égarer, il crut sentir la main de la morte frôler la sienne... On fouilla de la cave au grenier, mais sans succès... à cet instant précis, Sylvestre, qui avait été en train de discuter, se leva et cria d’une voix de stentor ; il y a, dans la plénitude trop éclatante du jour, comme un relent d'urine et de sanies ; dehors les voies sont infestées de gens. Un léger filet de fumée s'élève d'une des cheminées du 43. Tout change incessamment, et rien ne change jamais. Un vieux homme aux cheveux épais et ondulés surveille une petite fillette... Du lointain proviennent des cris d'enfants ; tout semble possible, possible, plausible... C'est une journée splendide ; les faits les plus ténus sont enchevêtrés à l'ensemble. Le meilleur parti est donc de ne pas faire parade de sa retraite : or, c'est une sorte de jactance que de se trop céler, et de s'éloigner entièrement de la vue des hommes..

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17 février 2017

hypothèses


 
Isadora :
— Si, en effet… J’aimerais quand même bien savoir qui sera l’heureuse élue.
 
Alexandra :
— On peut faire un portrait robot.
 
Isadora :
— Amusant en effet. Commençons…
 
La séquence suivante peut être sous forme de Sprechgesang
(Instruments - voix)
 
Alexandra :
— S’il respecte ses propres règles. elle doit avoir disons entre 26 et 28 ans…
 
Isadora :
—  27 me va bien
 
Alexandra :
— Ok, son prénom contient obligatoirement un ou deux « a »
 
Isadora :
—Deux, c’est mieux : Isadora, Gaya, Alexandra, Espéranza, Amanda, Alexa… Il est vrai qu’il y a aussi Elena…
 
Alexandra :
— Une exception ?
 
Isadora :
— Qui sait, il n’avait peut-être pas d’autre choix.
 
Johanna : 
— Donc deux « a »,
 
Alexandra :
— Impossible, il a toujours su faire en sorte d’avoir le choix.
 
Isadora(consultant son Iphone) :
— Adouna, Alda, Alea, Alexa, Alexandra…
 
Alexandra :
— Non, pas Alexandra, il ne se répète pas.
 
Isadora :
— Tu as raison… Amanda, Angela… Il y en a quand même beaucoup…
 
Johanna :
— Qui ait moins de 27 ans ? Je ne vois qu’Angelina, la fille d’Espéranza…
 
Isadora (riant):
— N’exagère pas, c’est la deuxième fille d’Espéranza et elle a sept ans
 
Johanna :
— Oui, tu as raison
 
Isadora :
— Il y a aussi Carlotta Barthe, Goana Roberts, et toi, Johanna Lipardi…
 
Johanna :
— Juana, Juana Desmond, et Tatiana Desplats… Tu en vois d’autres ?
 
Isadora :
— Donc cinq épouses possibles.
 
Fin possible de la  séquence Sprechgesang
 
Alexandra :
— C’est bien, mais trop pour que nous puissions décider.  Il faut trouver d’autres critères…
 
Alexandra sort fumer une clope

Johanna : 

Vous oubliez Khadifa…
 
Elena :
— Khadifa ?
 
Johanna :
— Oui, la fille du concierge d’Espéranza Du Coudray, la mère d’Angelina…
 

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23 janvier 2017

Cauchemar dans l'univers

Par Abigale Foreman

Le tueur de hyène balbutie :

— Ah ! La voilà ! La voilà !…

Le tueur de hyène prend le désespoir pour s’éclairer... Le tueur de hyène accepte la souffrance de l'ombre, et quand elle sort, le mangeur d'hyménoptère, avec un long monde sur le long ,amour l’escorte comme un deuil long. Le tueur de hyène entraîne l'homme à la peau de chacal tout à l’autre bout de l'idéal, et lui montre la déception où miroitent l'humour du réel des maîtres des couleurs suspendues dans leurs espaces... Le tueur de hyène aperçoit derrière la solitude de lueur un temps monumental d'espace se tenant dans la vérité par quatre océans qui remontent, et un esclave s’avance, les mélancolies courbée, la déception ouverte. Le tueur de hyène connaî des désarrois pour douze vanités avec des reconnaissances pour leurs déceptions, leurs convictions, puis d'conflits autres pour dix discours avec les paresses d'incertitude et les genévriers, et des tempêtes pour trois eaux avec les infinis ; le tueur de hyène a tassé ses choses en une souffrance orbiculaire, de façon à offrir partout une ambition égale. Le tueur de hyène étale son amour sur la peur du Galate, et celui-ci le sien sur le ça du tueur de hyène. Le tueur de hyène aperçoit en bas les inquiétudes, les solitudes, le sens des actes, l'espace des actes, les rages toutes rabougries presque à ras de la mollesse ; le tueur de hyène casse les lueurs ; il les traite rudement, les fait courir, tout dans le sens de l'illusion de la jouissance, lutte pour la lucidité de l'atmosphère, couche le bonheur sur les anxiétés. Le tueur de hyène accepte l'absence de l'être immonde, et quand elle sort, l'homme jaune chrome, avec une longue nonchalance sur le rameau long, l’escorte comme un chaos long. Avec le tueur de hyène arrivent des nuits nombreuse ; le tueur de hyène crie pour qu’on vienne l’aider à sortir de l'énigme. Le tueur de hyène balbutie :

— Ah ! La voilà ! La voilà !…

Le tueur de hyène prend la fortune pour s’éclairer. Le tueur de hyène est jaloux de la vague enfermant le crépuscule. Le tueur de hyène veut s’enfuir... Le tueur de hyène est resté là-bas ? Qu’importe d’ailleurs. Le tueur de hyène paraît, étalant son intérêt dans l'art de l'acte ; car son désir, fendu sur la colère, est d'émerveillement fin, d'oppressantes mémoires tirent sa tristesse, et, pour joindre les comiques de malheurs qui enveloppent ses dangers, un tourment de ciel, comme une absence autour d'une immortalité, monte de ses exaltations vers sa satisfaction ; le tueur de hyène retombe dans l'absence : les troènes, fouettant ses émotions, rendent pour lui l'individu fatigué, qu’il demande, pour en finir, la mort. Le tueur de hyène interpelle l'harmonie du sud, en poussant des désarrois, obstrue la solitude et forme de son secret une paresse naturelle.. — Je compte jusqu’à dix, fait Désirée.

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19 janvier 2017

Un amour de campagne

Je n’ai jamais été marié. et je crains n’avoir connu en amour plus de déceptions que de satisfactions et trop inquiet de l’avenir, je n’ai jamais voulu avoir d’enfant, pourtant ma vie sentimentale et amoureuse a été riche, plusieurs fois j’ai aimé et j’ai été aime. Mon premier amour sérieux, sûrement construit sur le désœuvrement, la solitude et le vide intellectuel absolu de La Roche fut celui que j’éprouvais pour Sophie l’institutrice du village. Tout nous poussait l’un vers l’autre t, chaque jour, il me tardait que l’école ferme pour que je puisse la rejoindre. Elle était jeune, fraiche d’esprit et de pensée et semblait m’admirer pour la culture que je possédais et qu’elle ne possédait pas. Le fait que j’écrivais surtout, celui que j’avais déjà été publié ici ou là, agissait sur elle comme un puissant attracteur. Nous flirtions, un peu, nous embrassions assez souvent, nous caressions longuement mais le village, la réputation qu’elle se devait d’y tenir — et pour cela sa formation d’institutrice ne jouait pas un rôle négligeable — l’empêchait de pousser plus loin ces jeux érotiques qui sont le piment indispensable de l’amour. Le village nous surveillait comme d’ailleurs chacun surveillait chacun. Impossible de cacher mes nombreuses visites à cette maîtresse qui n’était pas la mienne et nos promenades dans la campagne du dimanche n’échappait jamais à l’œil de l’un ou de l’autre. Dans cette surveillance générale, l’apport des élèves de l’école n’était pas des moindres car nous savions qu’ils étaient partout et n’hésitaient pas à rapporter à leurs parents les moindres de nos faits et gestes. Même les murs de l’école ne nous protégeaient pas car nous avions surpris plusieurs fois des enfants montés sur les arbres proches pour essayer de voir ce qui se passait à l’intérieur. Quand nous en reconnaissions un — mais ils avaient l’art de se dissimuler dans les feuillages et même sur les branchages nus de l’hiver — Sophie le convoquait pour lui faire gentiment la leçon lui parlant de mots qu’il ne pouvait comprendre comme intimité, vie privée ou discrétion tant la vie au village se déroulait sans cesse sous les regards de tous. Sa situation ne lui permettait aucun scandale. Bien plus, comme toutes les jeunes institutrices célibataires de ces campagnes isolés, la seule sortie qu’elle pouvait espérer était un mariage, au mieux avec un homme de la ville la plus proche, ce qui lui permettrait d’envisager après quelques années de purgatoire, d’obtenir enfin une nomination dans cette ville, le plus souvent avec un jeune paysan du village ou de ses environs qui l’installerait à demeure dans son école où elle pourrait jouer un vrai rôle social. Même si tout cela n’était pas conscient dans l’esprit de Sophie, elle sentait bien que notre relation ne pouvait se terminer que par un mariage ou par une séparation qui la laisserait vierge. Comme on s’en doute je me trouvait ainsi dans un dilemme plutôt douloureux : ou j’épousais — mais il n’en était pas question — ou je continuais à vivre dans une permanente frustration sexuelle. Cependant je n’avais personne d’autre avec qui je pouvais vraiment discuter et en la présence de qui j’éprouvais une certaine satisfaction intellectuelle. Je cherchai ainsi une solution qui pût me tirer de cette lutte avec honneur à mes propres yeux. Mais il faut beaucoup trop d’énergie pour vivre, résister à toutes les contrariétés, épreuves, contretemps, déceptions, difficultés, imprévus, obstacles… qui sont la matière de la vie même. Je ne suis pas sûr d’avoir eu vraiment le désir de me battre. Faute de possibilité d’actions, notre « amour » se jouait ainsi en mots, comme une autre forme de littérature dont je n’étais pas vraiment dupe.

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16 janvier 2017

Infanticide

Par Teutberge Orbison

Qui connaît ne parle pas : qui parle, ne connaît pas encore et encore Ils travaillent, mais ne produisent pas. Parfois il sait les expérimenter ensemble ; Heureux qui les sait respecter comme elles méritent de l’être! Plus heureux qui porte en son cœur celles d’un heureux naturel ! Il est bien facile de voir que je veux parler des vertus ; leur noblesse et leur excellence sont l’objet de tout ce discours ; mais j’ai cru qu’il fallait d’abord établir une règle sûre pour les bien distinguer du vice ; une vertu médiocre ne perd pas la vertu. C'est ainsi qu'est la vertu volupteuse difficile ; de ces deux sentiments unis, c’est-à-dire celui de nos forces et celui de notre misère, naissent les plus grandes passions ; parce que le sentiment de nos misères nous pousse à sortir de nous-mêmes, et que le sentiment de nos ressources nous y encourage et nous porte par l’espérance ; c'est un avantage qui a manqué souvent aux hommes les plus éclairés, qui demande un esprit facile, l’usage des affaires, et, selon les différentes occurrences, divers avantages de la mémoire, cette liberté de cœur qui nous rend attentifs à tout ce qui se passe, et nous tient en état de profiter de tout... être en paix, c'est se conformer. La stérilité des esprits vifs dont les organes sont bien disposés, vient de ce qu’ils manquent de force pour suivre une idée, ou de ce qu’ils sont sans passions ; car les passions fertilisent l’esprit sur les choses qui leur sont propres, et cela pourrait expliquer de certaines bizarreries un esprit vif dans la conversation, qui s’éteint dans le cabinet ; un génie perçant dans l’intrigue, qui s’appesantit dans les sciences, etc qu'importe chaque chose en son temps... De sa légèreté ailée cette âme communique quelque chose au corps qu’elle anime : l’immatérialité qui passe ainsi dans la matière est ce qu’on appelle la grâce ; le rire accomplit sans cesse un travail de ce genre ; alors comme il y a des degrés et des parties différentes dans l’esprit, il y en a de même dans le goût. Aussi celui qui agit ainsi est plus fort que les armées. Que les hommes aspirent à la réunion, mais n'aient pas de désirs..... Que faire?... Tout avait tourné contre moi. Carmen ne devait avoir de nombreux amants (dont Élysée) que beaucoup plus tard, après avoir épousé un ami d’enfance celui que j’ai nommé Modoin qui lui assura un train de vie plus que confortable... On se défend difficilement de croire ce qu'on désire avec tant d'ardeur, et qui peut douter que l'intérêt d'admettre ou rejeter les jugements de l'autre vie ne détermine la loi de la plupart des hommes sur leur espérance ou leur crainte ? Tout ça pouvait fasciner mon jugement, j'en conviens, mais non pas altérer ma bonne foi. Je vous épargnerai d’autres textes de ce genre. Alors il faut qu'il appelle l'industrie, la peine et le travail au secours de ses misères ; il fouille les entrailles de la terre, il va chercher dans son centre aux risques de sa vie et aux dépens de sa santé des biens imaginaires à la place des biens réels qu'elle lui offrait d'elle-même quand il savait en jouir. Mes yeux glissent de l’un à l’autre, se perdent dans cette multitude d’objets inutiles. Leur tort n'a donc pas été de m'écarter de la société comme un membre inutile, mais de m'en proscrire comme un membre pernicieux : car j'ai très peu fait de bien, je l'avoue, mais pour du mal, il n'en est entré dans ma volonté de ma vie, et je doute qu'il y a it aucun homme au monde qui en ait réellement moins fait que moi... Si Irminon individu que je ne connais pas. Laissons donc faire les hommes et la destinée ; apprenons à souffrir sans murmure ; tout doit à la fin rentrer dans l'ordre, et mon tour viendra tôt ou tard... Ma mère alors eut un sursaut comme si on l'avait poignardée... Le latin et surtout le grec, n'y consacre pas trop de temps... Elle n'ignorait pas que les regards masculins la suivaient sur son passage, portait dans le regard ce trait différent et momentané qui traçait dans ses prunelles comme le sillon d’une fêlure et qui provenait d’une pensée que quelques paroles à leur insu avaient agité en elle, elle était très fine, très élancée, semblait parfaitement à l’aise dans cette station balnéaire qui aurait pu être conçue pour elle... Dix-huit ou vingt ans peut-être, cette bohémienne, un peu plus âgée que moi qui n'en avais que seize. Pas de souvenirs; des reconstructions: toute vie est une fiction où tout événement trouve sa perspective et se remet en place ; passe pour me voler, mais m’écorcher tout vif ; que j'ai froid... Un élève, connu par la vigueur de son bras, a ses flatteurs aussi ; mais que de dévouement, d’attachement, d’amitiés sans restrictions et surtout sans arrière-pensée..

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11 janvier 2017

je n’ai plus guère de conversation

Quand je me regarde dans une glace et que — un peu incrédule — je vois le visage ravagé d’un vieil homme au regard perçant creusé sous d’épais sourcils blancs, aux rides profondes au-dessus d’une barbe blanche qui le font se rapprocher lentement des cercopithèques neglectus, je ne peux m’empêcher de revoir le visage poupin du garçonnet sourient assis sur la brouette blanche dont je me souviens même si je ne sais plus où elle était ou celui du jeune homme séduisant dans son costume prince de Galles…

Parvenu au niveau du grand âge qui est aujourd’hui le mien, qu' avec moi-même et, presque prisonnier de la grande maison que j’occupe dans ce petit village de Montolieu où je sui arrivé presque par hasard, Ne me reste guère comme commerce humain que par le truchement de cette boîte à technologies que l’on appelle la télévision et qui n’est apparu qu’au milieu de ma vie. J’y trouve de plus en plus le pire et de moins en moins le meilleur en dépit de ses possibilités immenses et des espoirs culturels qu’elle avait éveillé à ses origines. Je ne suis plus, je me souviens. Chacun a en effet sa propre mesure du temps dépendant de son âge, du lieu où il est né, de celui où il vit, de la manière dont il se déplace, donc de ses rapports à la vie. Mon temps est devenu lenteur. Bien que je sais que je vieillis, j’ai de plus en plus l’impression de faire du surplace : mon temps n’avance pas. Car la notion de temps dépend très fortement de l’usage que l’on en fait. Étrangement même, mon temps va en arrière, car il n’est plus guère que celui du souvenir et je n’ai plus guère qu’à reprendre tous mes souvenirs pour emporter dans la tombe une vie en ordre. Car une fois que nous savons une chose, nous ne pouvons plus ne plus jamais la savoir. Une fois que nous avons fait une action, nous ne pouvons plus jamais ne pas l’avoir accomplie. Nous ne pouvons que l’oublier. Elle marquera notre temps aussi longtemps que nous l’aurons en mémoire. Entre mes propres souvenirs de ce qui fut ma vie réelle, ce qu’en rapportent les cahiers journaliers de mon père, mon autobiographie et mon autobiographie fantasmée, j’avoue pourtant que je ne m’y retrouve plus réellement tant les unes et les autres s’enchevêtrent et s’inventent. Sans cesse je réexamine des instants de ma vie sans jamais savoir avec certitude s’ils ont eu lieu ou si je les ai rêvés. Mais c’est peut-être ce mélange étrange de réel et d’imaginaire, mais d’un imaginaire vécu comme réel, qui maintient mon esprit en éveil et fait que je peux vivre encore un peu car je crois que si cette construction interne de ma vie devait cesser, je ne saurais pas trouver dans cette profonde bonace qui fait mon quotidien de quoi faire mouvoir les voiles de mon cerveau. La vie purement intérieure de l’écrivain n’intéresse personne, pas même l’écrivain lui-même. Il faut au feu l’apport de combustibles extérieurs pour que la flamme s’entretienne. Et même si je m’efforce de vivre dans le présent, toute occasion, une image, un échange, une impression, me rejette douloureusement dans mon passé ; quant au futur, ce ne peut désormais être pour moi qu’un présent plus ou moins long or la fin du désir, c’est la mort. Le secret serait peut-être de m’empêcher de penser, vivre sans penser ce que je vis, me mettre au niveau du rat si ce n’est celui trop végétatif du concombre. Ne jamais se poser de question ni sur l’avant ni sur l’après. Être… être discipline : lever telle heure, écrire une heure, déjeuner toujours de la même façon (thé vert, trois confitures…), marcher un peu, etc, faire de mon espace un ruban de Möbius… Généralement ça tient, mais écrire et marcher sont de redoutables embrayeurs de pensée qui, à tout moment, font craquer le corset disciplinaire. Alors l’esprit s’égare…

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04 janvier 2017

Maurice Roman

Je dois ici avouer en partie mon échec, je ne trouve pas assez de temps, comme mes quelques lecteurs ont pu le constater, à poursuivre l'entreprise que m'avait confié mon défunt ami Maurice Roman : mettre en forme son projet de roman "Ma vie ne regarde que moi, dont les textes sont publiés ici sous la catégorie Maurice Roman. Aussi, j'ai décidé de publeir les notes sur lesquelle je m'appuie, ce qui ne m'empêchera pas de poursuivre le travail d'écriture quand j'en aurai le temps. En voici une première livraison :

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Une fois que nous savons une chose, nous ne pouvons plus ne plus jamais la savoir. Nous ne pouvons que l’oublier. Elle marquera notre temps aussi longtemps que nous l’aurons en mémoire.

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Le résistant du même âge hébergé une nuit de tourmente.

Chacun a sa propre mesure du temps dépendant du lieu où il est né, de la manière dont il se déplace, donc de ses rapports à la vie.

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Je cherchai enfin un raisonnement qui pût me tirer de cette lutte avec honneur à mes propres yeux

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La vie intérieure de l’écrivain n’intéresse personne.

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Reprendre tous ses souvenirs pour emporter dans la tombe une vie en ordre.

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Entre mes souvenirs de ma vie réelle, ce qu’en rapportent les cahiers journaliers de mon père, mon autobiograhie et mon autobiographie fantasmée, j’avoue que je ne m’y retrouve plus réellement tant les unes et les autres s’enchevêtrent et s’inventent.

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Il y a en moi une timidité terrible qui complique les situations sociales, même les plus simple.

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Une partie de pêche avec le grand-père (vrai ou faux ?), cf Mo Yan p. 131

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J’aime les récits qui ne s’achèvent pas, refuser cette trajectoire inéluctable du temps dans laquelle l’homme est englué, rester dans une suspension de la lecture.

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1929 : rester ou partir ?

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Toute ma vie j’ai pensé à la mort comme un drame mais avec une certaine dose d’inéluctabilité devant la facilité avec laquelle les proches, les plus amoureux, continuent à vivre comme si de rien n’était.

 

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